AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|

Treize ans de supplice {Rp unique}

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar
♕ Je suis Armand du Plessis

♠ Le Diable s'habille
en pourpre ♠

♟ Complots : 272
♟ Arrivée à Paris : 10/10/2011
♟ Localisation : Paris
♟ Profession : Cardinal mais avant tout ministre




Sous le sceaux du secret
Mon coeur balance:
Jeu d'espion: Je travaille à la seule cause d'une grande France
Côté RP: Disponible
MessageSujet: Treize ans de supplice {Rp unique} Dim 5 Aoû - 15:58

La pièce était plongée dans l’obscurité et le silence. Sur un siège de bois de chêne derrière un bureau de la même matière, un homme vêtu de rouge attendait. Il se trouvait à la Bastille, la prison d’Etat. Cela faisait à présent un quart d’heure qu’il avait réclamé que l’on lui apporte deux prisonniers, deux bourgeois, un homme et une femme. Leur nom : Descrières. La main sous le menton, un regard déjà transperçant, Armand de Richelieu n’avait vraiment rien de rassurant. C’était le but ! En plus d’un sentiment de colère sourde, l’impatience commençait à le gagner, cela ne laissait rien présager de bon pour les captifs. Tandis que ses doigts tambourinaient à présent sur le secrétaire, la porte enfin s’ouvrit, grinçant sur ses gonds et plusieurs gardes entrèrent. Comme il le leur avait demandé, ces derniers poussèrent sans ménagement, les bourgeois à terre. Agenouillés à ses pieds, ils redressèrent la tête et la terreur se lut en un instant sur leur visage. L’homme se mit à bredouiller lamentablement, tandis que la femme se murait dans un mutisme de tombe, comme s’il avait deviné par avance que la sienne était déjà creusée. Les geôliers sur un geste du maître de la France sortirent en un instant, les laissant à cette entrevue qui leur glaçait le sang à eux même.

- Eminence, pour l’amour du Ciel, écoutez-nous ! Nous ne comprenons pas, nous n’avons point conspiré contre Votre Seigneurie.

Sans plus attendre, Richelieu ouvrit à la volée un de ses dossiers posés devant lui. Il fit exprès d’en parcourir quelques lignes pour leur rajouter plusieurs secondes de sueurs froides. Ces deux-là allaient souffrir.

- Pourquoi m’a-t-on rapporté dans ce cas, cette contrebande de sel effectuée avec les hollandais ?
- Oh … il ne s’agit que de cela, mais le roi lui-même ferme les yeux sur cette pratique Eminence.

Ce n’était pas faux, mais bien entendu, le ministre avait bien d’autres cordes à son arc afin de les faire condamner.

- Intelligence avec l’ennemi espagnol, voici la liste des armes que vous leur avez fournies.

Le visage de l’homme se vida de son sang, sa pâleur était quasi cadavérique.

- Nous étions alors pratiquement en trêve Monseigneur !

Décidément le bourgeois tenterait de trouver toutes les parades à sa conduite éhontée. Fort bien … Il ne restait plus qu’à enfoncer le clou.

- Je vois. Je vous croirai volontiers, mais ce n’est pas tout hélas … On m’écrit ici : Esclavagisme et mauvais traitement sur enfant de moins de dix ans, non déclaration de sa fugue, aucune recherche entreprise à ce sujet. Ceci est grave, fort grave monsieur ! En particulier lorsqu’il m’apparait que cet enfant, n’était pas le vôtre, que vous l’avez adoptée.

La femme Descrières qui n’avait pas encore articulé une seule parole, soupira tout à coup et se mit à gesticuler.

- Quoi ? Aliénor, cette gamine détestable ? Elle ne nous a apportés que des problèmes, une véritable punaise qui vous donne davantage envie de l’écraser que de la rechercher ! Bon débarras ! J’ai de l’égard pour votre robe Eminence, mais si ce n’était point blasphémer, je maudirai cet évêque de Luçon qui nous l’a confiée, il y a de ça dix-sept ans !

Malgré ses veines bouillonnant de rage, Richelieu s’accouda au fauteuil avec un calme merveilleusement feint.

- Quels genres de problèmes ?

L’homme persuadé que l’orage se dissipait et que si on questionnait, ça ne pouvait être que bon signe, puisqu’on les écoutait, prit le relais de son épouse et se plaignit à son tour.

- Une paresseuse Eminence. Nous demandions les mêmes corvées à tous nos autres enfants, elle était la seule à rechigner constamment ! Comment résister à l’envie de lui servir quelques taloches ?
- Je lis ici … que ces taloches se transformaient en coups de ceinture parfois, que la fillette dormait dans la poussière d’un placard.
- Nous manquions de chambre Eminence, le placard se trouvait dans le salon et le salon est chauffé. Nous aurions manqué de cœur de la loger à l’écurie non ?

Et l’horrible personnage rit un court instant. Ce fut l’œil perçant de son interlocuteur qui le fit taire.

- Je note en effet votre générosité, monsieur et je comprends votre douleur madame. C’est pour cela que je me suis permis de faire quérir, l’évêque de Luçon, pour tirer cette histoire au clair. Il conserve de son côté, le souvenir d’une enfant douce et calme.

Tandis que Richelieu se levait pour rejoindre la cheminée et se délectait d’avance du petit numéro qu’il allait leur servir, les Descrières déglutissaient.

- Monseigneur l’évêque se trouve ici ?

Armand du Plessis qui leur tournait le dos, pivota légèrement la tête.

- Il est dans ces murs oui.

Les autres se fixèrent, la peur était peinte sur leur visage.

- Ah … et le père Thomas bien sûr qui je crois lui apprenait le catéchisme.

Les prisonniers se sentirent perdus et comme c’est souvent le cas, dans de telles circonstances, ils s’élancèrent tous deux sur Richelieu, l’homme à genoux, lui avait pris la main et la retenait entre ses doigts visqueux.

- Pitié Eminence.
- Pitié ? Pour quoi donc ? Je n’ai pas prononcé un arrêt de mort contre vous, j’ai fait simplement venir les deux parties pour être au mieux éclairé, reprenez-vous !
- Le père Thomas nous hait, il mentira, nous dépeindra comme des monstres !
- Osez-vous dire qu’un homme d’église pourrait affirmer le faux ?
- Votre Eminence croira davantage un de ses collègues que nous autres, pauvres miséreux ! Grâce, ne les faites point appeler !
- ASSEZ !

Richelieu se libéra de l’étreinte de la poigne de l’homme, poigne qui lui soulevait le cœur. L’heure était venue à présent … Armand se pencha quelque peu pour planter son regard dans les leurs, éperdument apeurés.

- Je n’ai guère besoin de leurs témoignages.

L’espérance transforma pour quelques secondes les traits des Descrières, Richelieu laissant sa phrase en suspens intentionnellement. Un sourire machiavélique se dessinait pourtant sur ses lèvres.

- Je suis bien placé pour savoir que tout ce récit est vrai.

L’Eminence rouge leur jeta au visage, l’ensemble du dossier avant d’agripper violemment l’homme par le col.

- Mais …
- Silence vermine !

Au comble de la stupéfaction, le bourgeois se tut enfin !

- Cette punaise, cette paresseuse, cette gamine comme vous l’avez si bien nommée est ma fille, ma chair et mon sang ! Je ferai couler le vôtre pour lui avoir fait du mal !
- Votre … fille ?
- Oui misérable ! L’évêque de Luçon dont tu es si effrayé se tient devant toi, je t’ai confié mon enfant la mort dans l’âme … on m’avait parlé de toi en bien … et tu l’as exploitée …

Le cœur de Richelieu explosait de culpabilité, de rage et de chagrin. Descrières était secoué tel un pommier à la récolte. La scène avait quelque chose d’irréaliste.

- Tu as osé la battre avec tes balais, tes ceinturons … tu l’as mise tel un rat dans un placard … J’espère que tu apprécies depuis quelques mois d’avoir fait la rencontre de véritables rongeurs, au fond de ta geôle. Je te rendrai coups pour coups de ceux que tu as donnés à Aliénor ! Cela vaut aussi pour toi mégère !

La dite interpelée était au bord de l’évanouissement, pour l’éveiller, il la souffleta avec violence, sa chevalière aux armures des du Plessis lui écorchant le visage.

- Vous me paierez chaque larme qu’elle a versées, chaque goutte de sueur que pour vos sales besognes, elle a perdue ! Mais avant toute chose, je vais vous faire couper la langue pour être certain que vous ne profiterez pas de ce que je viens de vous confier ! Puis je vous laisserai treize ans aux mains des bourreaux, autant de jours et d’heures de supplice que ceux connus par Aliénor ! Je ferai en sorte de vous maintenir en vie mais une vie telle que vous en préférerez la mort ! Et enfin je vous ferai mettre à mort … Vos biens sont bien entendu confisqués et votre maison a d’ores et déjà était détruite ! Elle m’est devenue intolérable après l’avoir visitée. GARDES ! GARDES !

Les yeux des prisonniers étaient exorbités tant la frayeur les tétanisait. On leur avait toujours dépeint le cardinal de Richelieu comme un être calme, certes il l’était resté dans toutes les paroles qu’il venait de prononcer, il n’avait pas hurlé mais cette haine terrible sous-jacente était plus terrible encore sans cris ! Les soldats firent irruption dans la pièce quelques instants plus tard.

- Ces gens m’ont tout dit, mais leurs aveux sont si graves qu’ils ne doivent être sus que par moi ! Commandez aux bourreaux de leur trancher la langue à l’instant même !
- NON ! NON !

Insensible aux hurlements de grâce et au bruit que provoquait leur pieds sur le sol, puisqu’ils étaient littéralement traînés par leurs geôliers, Richelieu suivit tout ce petit monde jusqu’à la grille principale.

- MAIS FAITES LES TAIRE ! NE VOYEZ-VOUS QU’ILS NOUS PERCENT LES OREILLES PAR LEUR CRIS STRIDENTS ?

Aussitôt dit, aussitôt fait, un coup sec de pommeau d’épée sur le crâne les fit tomber dans les limbes. Revêtant lentement ses gants noirs sur son habit écarlate, Armand du Plessis arbora un air de profonde commisération feinte.

- Pour une telle épreuve, qu’ils ne souffrent pas, est davantage chrétien. Bien le bonjour messieurs !

Et il quitta les lieux, son manteau rouge flottant derrière lui.


[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]

« A ta mort ! »
« A la tienne ! »
Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Treize ans de supplice {Rp unique}

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Trois Mousquetaires :: PARIS :: Rive Droite :: La Bastille-