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D'une rescousse inattendue. [PV Athos]

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♕ Je suis Aliénor Descrières
    Sidereus Nuncius
    Annunciatore Celeste

♟ Complots : 216
♟ Arrivée à Paris : 01/07/2012
♟ Localisation : La tête dans les étoiles.
♟ Profession : Scientifique en herbe, et extra-terrestre ambulant.




Sous le sceaux du secret
Mon coeur balance:
Jeu d'espion: La seule cause qui vaille la peine d'être défendue : la vérité !
Côté RP: Disponible
MessageSujet: D'une rescousse inattendue. [PV Athos] Dim 29 Juil - 22:40




Lorsqu’elle entra dans la chambre d’Aliénor ce matin-là, Noëlle, une servante d’un âge déjà avancée du Palais Cardinal trouva la jeune fille déjà assise dans son lit, les genoux remontés contre la poitrine et les bras enlacés autour. Ses yeux sombres au regard parfaitement éveillé malgré l’heure matinale fixaient le rai de lumière qui barrait l’espace entre la fenêtre et son lit. Depuis combien de temps était-elle réveillée ? Elle l’avait pourtant vue se coucher très tard la veille, et à cet âge-là, on avait tendance à dormir aussi longtemps que possible ! Mais pas elle. Depuis son arrivée au palais, Aliénor avait constitué pour Noëlle une énigme qu’elle avait bien vite renoncé à résoudre. Après tout, elle n’était qu’une servante.
En entendant la domestique pousser la porte de sa chambre et ses pas résonner sur le sol, Aliénor arracha son regard de la fenêtre et la regarda entrer. Elle voyait cette servante au dos voûté et au visage creusé tous les matins depuis qu’elle était arrivée à Paris, et pourtant elle n’avait jamais pu se résoudre à dire plus de trois mots devant elle ou marmonner des phrases indicibles. Elle était beaucoup trop réservée pour instaurer un dialogue normal avec un autre être humain qu’elle ne connaissait pas encore. En tout cas, pour le faire spontanément. Indubitablement, Aliénor avait encore quelque chose de sauvage dont deux ans à Florence et quelques semaines au Louvre n’étaient pas encore venus à bout.

« Bonjour mademoiselle. Déjà réveillée ? J’espère que l’orage de la nuit passée ne vous a pas empêchée de dormir ! »
« Je l’ai regardé depuis la fenêtre, et je suis allée me coucher après… » avoua-t-elle en baissant les yeux, même si l’avis de la servante ne lui importait au fond que peu. Evite le regard, tu évites le contact. C’est une vieille règle des relations humaines.

Alors que Noëlle la laissait à son petit-déjeuner, Aliénor considéra pensivement la porte alors qu’elle la refermait, et aperçut au moment où elle la refermait la silhouette en uniforme d’un des gardes du cardinal posté devant sa porte. Son visage s’assombrit et elle esquissa une grimace de désapprobation. Ces maudits gardes, toujours à la suivre au moindre mouvement qu’elle faisait hors de sa chambre ! Ils l’effrayaient, ils l’oppressaient, à toujours la suivre comme des ombres. Des ombres menaçantes qui lui rappelaient celles de ses frères ou des brigands des forêts profondes de France. Elle frissonna, comme si un courant d’air glacé venait d’entrer dans la pièce. Il en fallait à la fois peu et beaucoup pour impressionner la jeune globe-trotteuse : beaucoup parce qu’en dix-huit ans d’existence, elle en avait déjà vu de toutes les couleurs, et peu, car elle gardait cette impressionnabilité et cette sensibilité exacerbée propres aux enfants. Un rien suffisait à raviver la flamme de la peur du vieux monstre sous le lit… Mais elle s’efforçait de le cacher derrière un masque impassible qu’elle avait eu tout le loisir de travailler sur la route de Quimper à Florence. Un vieux masque qu’elle portait sans y penser, sans même s’apercevoir à quel point il n’était pas naturel, ni à quel point cela était visible. Autant de sérieux chez une fille d’à peine dix-huit ans cachait forcément autre chose…

Une fois les préparatifs de la matinée achevés, elle se mit au travail. Elle savait que son Eminence ne serait pas là de la journée, et peu de travail l’attendait aujourd’hui. Le scientifique qu’elle assistait était lui aussi absent et ne lui avait laissé pour toute consigne qu’une ingrate tâche de tri qu’elle avait déjà accomplie à moitié la veille. Aux alentours de treize heures, elle avait déjà terminé et se retrouvait désoeuvrée. Que faire ? Elle jeta un œil par la fenêtre. Après l’orage de la nuit précédente, le ciel était maintenant clair et dégagé, avec un soleil radieux. Le temps parfait pour sortir. Oui mais voilà, il y avait les gardes… Et elle n’était pas d’humeur à supporter leur écrasante présence pendant toute une promenade aux Tuileries. Poussant un soupir, elle alla à la porte, l’ouvrit légèrement, tomba sur la mine patibulaire d’un garde… Et la referma aussitôt à son nez, avant de s’y adosser, lèvres pincées en soufflant avec exaspération. Mais ils étaient partout ! Comment faire pour échapper à leur surveillance ? Immédiatement, les rouages de son cerveau se mirent en marche, et presque instantanément, ils trouvèrent la solution. Elle savait que c’était une solution interdite mais… Elle regarda par le trou de la serrure, constata qu’il était toujours là. Et décida d’opter pour la solution interdite. Vaille que vaille.

« ELLE S’ECHAPPE ! ATTRAPEZ-LA ! »
« REVIENS ICI ! »

Loiiiiiiiiin bien loin d’écouter les injonctions de ses poursuivants, Aliénor détala de plus belle. Surtout, ne pas se faire rattraper, si elle ne voulait pas être ramenée au Palais Cardial sans plus de cérémonie ! Sans l’ombre d’une hésitation, elle fila en empruntant les rues les plus peuplées, plus mince et moins encombrée d’épées que les gardes qui la pourchassaient. Il fallait bien que son jeune âge et son agilité lui servent enfin à quelque chose ! Et de fait, elle réussissait à les distancer. Sous peu, elle pourrait passer à la phase deux du plan escapade. Mais pour ce faire, elle avait besoin d’un coin discret… Qu’elle dénicha dans une église où elle se réfugia. Les lieux étaient déserts. Même le curé semblait absent. Essoufflée, elle regarda autour d’elle, considéra un instant le confessionnal, hésita… Etait-ce correct, dans ce lieu ? Elle décida que oui, en chassant de son esprit le cardinal qui aurait très vraisemblablement désapprouvé et entra dans la petite cabine, où elle ouvrit le baluchon qu’elle transportait sur son dos et entreprit de se déshabiller. Mon Dieu, si cet idiot de Talbot la voyait, il rirait bien ! Voilà une aventure qu’elle n’irait certainement pas lui raconter !
Quelques secondes plus tard, c’est vêtue d’un pantalon et d’une chemise, chaussée d’une paire de bottes et coiffée d’une casquette sous laquelle elle avait caché ses cheveux qu’elle en ressortit. Ainsi attifée, il faudrait qu’ils s’y reprennent à deux fois avant de la reconnaître. Elle ressortit de l’église en croisant le prêtre qui rentrait, le salua brièvement d’un hochement de tête et s’échappa en direction de la Seine, où elle balança ses vêtements normaux. Voilà une bonne chose de faite ! Satisfaite, un bref sourire triomphant illumina son visage. Elle se retourna, repartit dans l’autre direction… Et tomba nez-à-nez avec l’homme qui montait la garde devant la porte de sa chambre.

Ils restèrent interdits, l’un et l’autre, et heureusement elle fut la première à recouvrer ses esprits, pour s’enfuir aussitôt à toutes jambes, en maudissant le hasard qui s’acharnait contre elle ! Ignorant la voix du garde qui beuglait dans son dos, elle courut aussi vite que possible, sautant entre les passants et évitant de justesse plusieurs chutes à cause des flaques de boues que la pluie avait formées la nuit d’avant. Si elle se faisait attraper maintenant, elle serait ramenée manu militari ! Elle savait qu’on lui passerait un savon de toute manière, Rochefort détesterait sa première escapade en solitaire, mais elle ne voulait pas y penser. De l’air, elle voulait de l’air !
En désespoir de cause, elle poussa une porte au hasard et se retrouva dans une taverne bondée d’hommes en haillons, d’autres habillés correctement et grossièrement, d’autres vêtus d’un uniforme qu’elle ne connaissait pas. Elle resta un instant interdite, oubliant qu’elle était habillée en garçon.

« Hé bien mon p’tit, qu’est-ce qu’il t’arrive ? On dirait qu’t’as le diable aux trousses ! » lança le tenancier des lieux en éclatant de rire devant sa mine déconfite.
« Presque. Les gardes ! » répliqua-t-elle d'un air paniqué en reprenant pied dans la réalité. Sans attendre que quelqu’un comprenne ses paroles, elle traversa la salle en courant et s’échappa par une fenêtre ouverte alors que les gardes entraient par la porte. Mais c’est qu’ils allaient la rattraper, ces scélérats ! Et de fait, elle se retrouva dans une cour, fermée par de hauts murs qu’elle n’aurait pas le temps d’escalader… En somme, elle était prise au piège, comme le lui indiquaient les silhouettes menaçantes et les mines mécontentes des trois gardes qui entraient à leur tour dans la cour… Bon, ben au moins elle aurait essayé d’avoir son petit instant de liberté… Mais ça n’allait certainement pas durer ! Elle se maudit intérieurement : la prochaine fois, elle demanderait simplement à ce qu’ils marchent loin derrière elle. Mais après cette tentative de fuite, elle doutait sérieusement qu’ils lui accordent cette faveur…
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