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« Enfant dont la mémoire se souvient qu'elle descend des étoiles. » Aliénor.

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♕ Je suis Aliénor Descrières
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♟ Complots : 216
♟ Arrivée à Paris : 01/07/2012
♟ Localisation : La tête dans les étoiles.
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MessageSujet: « Enfant dont la mémoire se souvient qu'elle descend des étoiles. » Aliénor. Lun 2 Juil - 0:02


Aliénor Marie Louise Descrières
par [Troian Bellisario]




HALTE-LA !


Où et quand êtes-vous né, voyageur ?
-> Je suis née le 30 Mars de l’année 1608, à Quimper paraîtrait-il. Mais l’on m’a si bien menti sur ma naissance que je ne suis plus sûre de rien !
Où vivez-vous ?
-> Après avoir parcouru la moitié de la France à pieds, j’ai pu enfin poser mes valises à Florence pendant deux ans, avant de venir ici, au Louvre, pour une durée que j’ignore. Tant que le cardinal aura besoin de mes services, j’imagine.
Et quelles sont vos origines ?
-> Jusqu’à mes treize ans j’ai cru être 100% française, bretonne pour être exacte, mais maintenant je ne suis plus sûre de rien. Si je suis une du Plessis illégitime par mon père, j’ignore tout de ma mère. (Ndla : sa mère inconnue est italienne).
Avez-vous un métier ?
-> Scientifique, ingénieure, inventrice, astronome, physicienne, tout ce qui touche aux mécanismes de notre monde est mon domaine ! A titre plus officiel, je suis l’assistante des ingénieurs de son Eminence et de Sa Majesté.
Une occupation majeure ?
-> Découvrir, observer, réparer, bricoler, calculer, inventer, douter, questionner, rien ne m’intéresse autant que les sciences auxquelles je consacre 99% de mon temps !
Non ? Alors si vous êtes noble, quel est ou quels sont vos titres ?
-> J’ai beau être la fille d’une des plus grandes figures de France, je n’en suis pas moins illégitime et resterai donc une fille du peuple à moins d’un revirement du sort, ce dont je doute.
Je vois…êtes-vous marié ? Avez-vous des enfants ?
-> Ma-quoi ? Je n’y songe pas encore, et à moins que l’on m’y force, je risque fort de n’y jamais penser par moi-même !
Et votre visage, là, qui est-ce ?
-> Troian Bellisario, pour vous servir.






Et toi, derrière cet écran, qui es-tu donc ?

Comment te nomme-t-on par ici ? On m’appelle Cha’, Kiwi, Chachouille, schizo’, je vous laisse faire votre choix !
Et quel âge as-tu ? 252 ans si j’additionne tous mes moi(s) ! Mais pour faire simple, la vraie moi a dix-huit ans.
Tu as découvert notre forum sur le net ? Par un ami ? Par un autre moyen ? Je fais partie de l’avant-garde qui trépigne d’impatience depuis qu’on annonce la création du fofo !
Et pourquoi avoir choisi ou créé ce personnage, qu’attends-tu pour son avenir ? Parce que je voulais faire un personnage original, étrange, décalé, qui soit lié avec un de mes personnages historiques préférés (Galiléééée !) et avec qui je puisse m’amuser ! Aliénor n’est pas juste une fille du peuple qui attend sagement l’arrivée du noble salvateur, elle évolue dans un autre monde et se retrouve propulsée au beau milieu du Louvre et des grands débats de son siècle, autant dire qu’elle a des choses à faire, la petite !
As-tu une remarque à faire sur le forum ? Yé vous z’aime ?
En cochant cette case, tu t'engages à accepter le règlement du forum
J'ai lu et accepte le règlement du forum (j'ai bien lu le règlement, mais je ne sais pas comment cocher la case Razz)




Dernière édition par Aliénor Descrières le Lun 2 Juil - 18:58, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: « Enfant dont la mémoire se souvient qu'elle descend des étoiles. » Aliénor. Lun 2 Juil - 0:05



    I. 1607-1620 Quimper. « On m’avait dit, te pose pas trop d’questions… »

    Notre histoire commence le 30 Mars 1607. Aliénor naît –ou du moins l’a-t-elle longtemps cru- dans une famille de petite bourgeoisie, les Descrières. Léon Descrières est un petit banquier au bord de la faillite, Marguerite Descrières une femme acariâtre et dépourvue de la moindre fibre maternelle. Deux autres enfants sont nés avant elle de cette union arrangée : Damien et Théophile, ses deux aînés. Aînés maudits, dont l’occupation principale aura été de lui faire mener une vie d’enfer et la tourmenter sans cesse !

    De ses plus jeunes années Aliénor ne garde pratiquement aucun souvenir. Les jours passent et se ressemblent tous dans leur petite maison poussiéreuse et mal entretenue à Quimper. Jours solitaires car personne ne vient les voir, et encore moins la voir elle. Jours rudes et épuisants car très vite elle doit apprendre à faire les tâches ménagères que sa mère lui refile systématiquement sous peine de la rosser. Elle doit apprendre à courir vite aussi pour échapper aux cruelles farces de ses grands frères qu’elle déteste autant que ses parents, lesquels préfèrent les coups de cravache ou les gifles. Marguerite refusant de lui acheter ou coudre des vêtements, Aliénor n’a pas d’autre choix que de récupérer ceux trop petits de ses frères, puis d’apprendre à fabriquer les siens à partir du moment où les garçons comprennent son manège et brûlent leurs vieilles affaires pour être sûrs qu’elles ne lui reviennent pas.
    Comme nous l’avons dit, les souvenirs d’Aliénor de cette époque sont assez flous : la sensation de ses mains abîmées et calleuses, ses nombreuses piqûres aux doigts, les écorchures aux genoux qui brûlent à force de se traîner sur le parquet pour le laver, une toux perpétuelle due à l’air froid et humide de la Bretagne et le refus de ses parents de la soigner, le tissu rêche de ses vêtements de fortune qui lui grattent la peau, l’obscurité du placard dans lequel elle se cachait pour échapper à ses frères, la poussière du grenier où on la laissait enfin tranquille, le froid glacial de sa chambrette en hiver… Une enfance obscurcie qu’elle a vécue en fermant les yeux et levant les bras, pour se protéger des coups et éviter de voir sa souffrance en face. Aliénor ne rêve jamais. On lui a arraché cette capacité dès son plus jeune âge comme le renard arrache l’aile de la volaille qu’il vient d’attraper. Si le rêve est ce qui caractérise l’enfance, alors on peut dire qu’elle n’en a jamais eu.

    Heureusement tout n’est pas complètement noir pendant cette enfance malheureuse. Si les étoiles parviennent à illuminer un peu ses nuits, il est un homme qui parviendra à rendre ses journées un peu moins tristes. Le curé qui s’occupe de la paroisse où se rend la famille Descrières, le père Thomas, est un homme âgé d’une cinquantaine d’années dont le bon cœur et la gentillesse naturels ont été responsables du peu de bonheur dont Aliénor a pu bénéficier. Devinant les mauvais traitements dont elle a pu être victime mais ne pouvant l’adopter pour l’en délivrer, il décide en contrepartie de faire son éducation. Réussissant à force d’insistance et de courbettes à convaincre les parents, il la prend chez lui deux fois par semaine pour lui enseigner l’écriture, la lecture et le calcul.
    Heures bénies où pour la première fois, on ne la dépossédait pas ; on lui donnait. Et quel don ! Sous le regard amusé du père Thomas, Aliénor regarde les lettres se former sous sa plume, déchiffre ses premiers caractères, son cerveau met en marche les premiers rouages du calcul mental… Etonné par ses progrès si rapides pour une enfant ayant déjà un peu de retard, le père Thomas tente de convaincre ses parents de l’envoyer dans un couvent pour y étudier, mais Léon et Marguerite refusent catégoriquement, et le père Thomas doit bien jeter l’éponge… Pourtant, ses capacités d’assimilation et sa mémoire photographique sont bien les signes qu’une érudite-née dort dans cette petite tête et ne demande qu’à s’éveiller ! La vie est parfois bien injuste…
    A douze ans, Aliénor n’a qu’une envie : s’échapper de cette famille qu’elle a appris à haïr en silence depuis sa naissance ! Malheureusement elle n’a ni argent, ni moyen de subsister sur les routes, et de toute façon où irait-elle ? Et même si elle parvenait à s’enfuir, ils la retrouveraient probablement… Ils sont si démoniaques ! Prêts à tout pour la faire souffrir ! Si elle partait, elle était sûre que ses frères se lanceraient à sa poursuite pour la ramener et la martyriser de plus belle… A moins qu’ils ne décident de la tuer ? Serrant les dents jusqu’à en avoir mal, Aliénor fait taire ses désirs d’évasion, et résignée et révoltée, elle attend, elle attend un signe, un espoir, elle l’ignore. Elle attend son heure.

    II. 1620-1621. De la Bretagne à la Gascogne. « Il est grand temps de rallumer les étoiles. »

    Et l’heure vint, plus tôt qu’Aliénor ne s’y serait attendue. Après avoir passé trois jours sans manger à cause d’une punition comme bien souvent injustifiée, elle finit par craquer et cette fameuse nuit se relève pour se glisser discrètement dans la cuisine, à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent. Grelottante sous sa mince chemise de nuit, elle fouille partout à pas de velours, mais ne trouvant pas grand-chose pour éviter de mourir de faim. Finalement, elle est sur le point de renoncer quand sous un établi peuplé de toiles d’araignées elle découvre une boîte métallique fermée d’un petit cadenas. Soupçonnant ses parents d’y cacher quelque aliment qu’ils se réservent pour eux, elle trouve un clou rouillé et fin grâce auquel elle parvient à crocheter le verrou. Dans cette boîte hélas rien à manger. Mais ce qu’elle y trouve éveille tout de même sa curiosité précoce : il s’agit d’un papier plié en quatre. Intriguée, car ses parents ont beau être des rustres et des brutes les cachotteries ne sont pas leur genre, elle déplie le document avec prudence. La lecture qu’elle en fait aura changé sa vie.

    « Raquel ! Raquel ! »

    Les volets de la petite abbaye s’ouvrirent, livrant le passage au visage ensommeillé d’une adolescente tout juste tirée du sommeil au beau milieu de la nuit. Raquel, la pupille du père Thomas, était l’amie d’Aliénor depuis que cette dernière prenait des leçons chez l’homme d’église, et il était coutume de les laisser jouer ensemble après l’effort. Raquel, malgré ses trois ans de plus qu’elle, était sa meilleure et seule amie. D’une timidité maladive, elle ne parlait pas quand Aliénor l’avait connue, mais la curiosité de la petite avait fini par avoir le dessus. Combien d’heures avaient-elles passées assises l’une à côté de l’autre, Aliénor regardant Raquel fixement alors que celle-ci essayait d’ouvrir la bouche ? Des heures pendant lesquelles Aliénor lui avait pris la main pour lui inspirer confiance, où elle avait parlé en articulant lentement, comme pour lui montrer comment faire ? Des heures où Raquel la regardait avec de grands yeux à la fois désespérés et remplis d’espoir… Jusqu’à ce que ne sorte le premier mot. Quelle victoire que ce jour-là, qui avait scellé leur amitié !

    « Ali ? Mais qu’est-ce… Qu’est-ce que tu f-fais là ? » demanda Raquel à voix basse. Si elle avait réussi à parler, elle ne pouvait vaincre en revanche un bégaiement, mais c’était mieux que rien non ?
    « J’ai besoin de ton aide ! J’ai découvert quelque chose ! »
    « Att-attends. J’arrive… »
    Quelques instants plus tard, assises à même le sol dans la pelouse l’une à côté de l’autre, les deux filles déchiffraient en silence un document.
    « Je ne com-comprend pas… Ca dit que tu as été a-adoptée… Mais c’est-c’est v-vrai ? » fit Raquel, incrédule.
    « Un peu que c’est vrai ! Je comprends mieux maintenant pourquoi ils me gardaient alors qu’ils me détestaient tant… Je leur rapportais de l’argent que Léon s’empressait de perdre ! J’ai trouvé ça en fouillant dans la cuisine cette nuit, à la recherche de nourriture… C’était caché dans une boîte en hauteur. Mais maintenant que je sais tout, pas question que je reste ici ! »
    « Mais où-où vas-tu aller ? »
    « A Luçon. Regarde, c’est là qu’on a fait le document, peut-être que là-bas quelqu’un saura qui sont mes vrais parents et pourra m’aider à les retrouver. En tout cas, je ne veux pas rester ici une seconde de plus, et pour ça j’ai besoin de toi… »
    « Que-que dois-je f-faire ? »

    Quelques mois plus tard, après une préparation minutieuse, Aliénor s’échappait de la maison au beau milieu de la nuit, habillée avec de vieux vêtements de son frère et ses cheveux dissimulés sous une espèce de casquette. Comme une voleuse, elle mettait les voiles, et fila en silence jusqu’à l’orée de la ville où l’attendait Raquel emmitouflée dans un grand manteau. A ses pieds, le sac de victuailles et autres utilités qu’elles avaient préparé quelques jours plus tôt, ainsi que la carte qu’elles avaient mis des semaines et des semaines à dessiner à l’aide des livres du père Thomas –lequel ignorait tout de l’escapade de la plus jeune.
    Fin prête, Aliénor lance un dernier regard à son amie, qui lui fait signe de déguerpir avant que quelqu’un ne les voie. Le cœur battant la chamade et s’étonnant presque de sa propre audace, elle obtempère et court, court vite, le plus vite possible, et surtout loin. S’éloigner de cette maudite maison le plus possible, qu’elle ne soit plus qu’une infime poussière à l’horizon, et dans sa mémoire.

    Autant dire que la route fut laborieuse. Néanmoins, Aliénor est plus heureuse sur la route qu’elle ne l’a jamais été dans sa famille d’accueil : enfin elle est libre ! Enfin elle n’a plus à supporter ni coups ni insultes à longueur de journée ! Pour la première fois depuis ses trois ans, la petite a le cœur léger et sourit aux arbres qu’elle croise sur son chemin. Elle n’a aucune idée de la difficulté du trajet, n’a aucune idée de la fatigue qui l’attend ni même de ce qu’elle fera une fois à Luçon. Mais au moins a-t-elle un itinéraire, un but. En marchant, elle songe à ce qu’elle va faire de sa vie maintenant qu’elle est libre de toute attache. Pendant ses pauses, elle pense à ce qu’elle dira lorsqu’elle arrivera à l’évêché de Luçon. La nuit, elle se perd dans la contemplation des étoiles et se demande si sa famille adoptive s’est lancée à sa recherche –elle se doute bien qu’elle est ou était une source de revenus pour eux- ou s’ils ont simplement laissé tomber.
    Fort heureusement pour notre voyageuse en herbe qui, bien que déguisée en garçon, n’aurait pas longtemps fait le poids face à des brigands et des loups, les routes ne sont pas désertes en plein jour et avec sa bouille encore enfantine on la prend assez facilement en affection, malgré un regard déjà bien dur pour son âge. C’est ainsi qu’au bout d’une semaine de voyage elle rencontre une troupe de marchands hollandais qui vont justement en direction de Luçon. En charrette et à cheval, le voyage est beaucoup plus facile, et la compagnie n’est pas désagréable ! Constituée d’une dizaine d’hommes, la plupart parlant très bien français et n’ayant d’autres intentions que de parcourir la France pour vendre leurs marchandises, ces braves gens ne font pas d’histoires pour accueillir parmi eux ce drôle de garçon qui voyage en solitaire, et face au mutisme qu’il est capable de leur opposer renoncent à apprendre sur lui autre chose que son prénom : Alain. Ce sera sous ce pseudonyme qu’Aliénor prendra l’habitude de se présenter à chaque fois qu’elle sera habillée en homme, encore jusqu’à aujourd’hui.

    Au bout de cinq mois de ce voyage à rallonge, car les escales duraient plusieurs jours et les détours étaient nombreux, la petite troupe arrive à Luçon. Une fois arrêtée sur la place principale de la ville, elle bondit de son perchoir et s’esquive comme elle le faisait toujours sans que les marchands ne s’en inquiètent. Les braves hommes. Elle demande son chemin, trouve la bonne route, et au fur et à mesure que ses pas la rapprochent de l’évêché de Luçon, elle sent son cœur battre en démesure dans sa poitrine. Dieu n’était qu’un concept bien lointain pour elle, mais pour le coup, elle aurait presque voulu le prier pour lui demander d’enfin lui permettre de savoir. De combler ces vides dont sa vie entière était atrophiée.
    Quelques jours plus tard, Aliénor reprenait la route, seule. Il devait être écrit qu’elle passerait encore quelques années avec ses interrogations plein la tête. Malgré tous ses efforts, il s’était avéré que non seulement l’évêque de Luçon était absent, mais en plus elle s’était heurtée au silence hermétique des hommes qui pouvaient fréquenter l’endroit. Evidemment. Un gamin de treize ans, qu’était-il en droit d’espérer ? Elle n’avait pas voulu révéler sa véritable identité, mue par un sentiment de méfiance qu’elle devait désormais éprouver à l’égard de toute personne qu’elle rencontrerait pour la première fois. Pas vue pas prise, comme on disait. Elle était retournée voir les marchands la mort dans l’âme, et surtout se demandant où elle pouvait aller désormais. Elle n’avait plus de but, rien. Avec Luçon son dernier espoir s’était envolé et maintenant elle restait là, avec une vie devant elle sans savoir quoi en faire.
    Bert lui avait généreusement confié une bourse pour qu’elle subsiste à ses besoins et lui avait recommandé le climat si agréable de la Gascogne où sans nul doute le petit Alain avec sa débrouillardise serait favorablement accueilli par ces sang-chauds de Gascons. La voici donc partie, de nouveau seule. Avec l’hiver qui est bien installé, dormir à la belle étoile comme elle le faisait avant n’est plus possible. Elle a froid, elle a faim, maigrit à vue d’œil, souffre souvent de la fièvre mais elle continue à marcher quand même. Elle n’a pour ainsi dire pas le choix. Avec elle, le slogan « marche ou crève » prend tout son sens. Elle songe régulièrement qu’elle ne passera pas l’hiver, mais à chaque fois un instinct plus fort la pousse à continuer, pousser encore plus loin, marcher encore et encore jusqu’à la prochaine chute. Elle grignote les kilomètres, traverse les forêts et les villages, et arrive finalement malade et épuisée à Arcachon.






Dernière édition par Aliénor Descrières le Lun 2 Juil - 10:25, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: « Enfant dont la mémoire se souvient qu'elle descend des étoiles. » Aliénor. Lun 2 Juil - 0:06




    III. Début 1621 - milieu 1622. Le couvent d’Arcachon. « On t’a fait un monde trop petit pour tes idées… »

    « Oh Seigneur ! Mère Evangéline, Mère Evangeline ! » « Que se passe-t-il Sœur Christine, pour l’amour du ciel ? » « Venez voir ! Il y a quelqu’un devant la porte, on dirait un enfant et il ne bouge plus ! » « Que dites-vous ? »

    La Mère supérieure du couvent de Sainte-Lucie sort de son office et suit sa pupille jusqu’à la porte principale qui gardait l’accès du lieu. Etendue dans l’herbe encore trempée de la dernière pluie, la silhouette fluette d’un jeune garçon git, inanimée. Ni une ni deux, Mère Evangeline ordonne qu’on le transporte à l’intérieur et qu’on lui apporte immédiatement tous les soins nécessaires après avoir vérifié qu’il respirait encore. Aussitôt dit, aussitôt fait, l’enfant est emmené à l’abri dans le couvent et mené tout droit à l’infirmerie où il est soigneusement examiné… Jusqu’à ce que les nonnes remarquent très vite qu’un détail cloche.

    « Mon Dieu mais… C’est une petite fille ! » « Comment ? Mais vous plaisantez enfin, regardez ses cheveux courts, ses vêtements ! » « Vérifiez donc par vous-même, vous verrez si je plaisante ! »

    Confirmation est faite que le petit garçon est en fait une petite fille. Quel mystère que cette apparition ! Qu’est-ce qu’une enfant ferait seule en plein hiver sur la lande, frigorifié et visiblement malade ? La Mère supérieure se pose beaucoup de questions et décide de fouiller les vêtements de leur jeune invitée. Elle ne trouve rien de significatif à part une ou deux pièces et… Un papier ? Le dépliant, Mère Evangeline en parcourt rapidement le texte et découvre ainsi le nom de la mystérieuse petite. Ses yeux bleus perçants se posent sur le corps étendu d’Aliénor. Elle se promit d’écrire à l’évêché pour en savoir plus le plus tôt possible. En attendant, il fallait empêcher la petite de passer de vie à trépas.
    Aliénor met trois semaines à sortir de l’inconscience et retrouver suffisamment de forces pour pouvoir parler et marcher. Décision est prise de garder Aliénor au couvent et de prendre en charge son éducation, jusqu’à ce qu’elle soit en âge de trouver à se marier, ou au pire une nouvelle famille d’adoption, à moins qu’elle ne décide de rester au couvent. Mère Evangeline n’a guère l’habitude de ce genre de geste généreux, mais il lui semble que c’est le Seigneur qui a placé sur sa route ce petit bout de femme perdu, au regard étrangement lointain et absent…

    Son air grave et sérieux, son caractère calme et réservé en font une enfant particulièrement docile et elle s’attire rapidement les sympathies de toutes les occupantes du couvent. Pourtant elle n’est pas si facile qu’elle n’en a l’air. Si elle ne fait aucune difficulté pour finir d’apprendre à lire et compter, pour étudier l’histoire et les sciences ainsi qu’un peu de latin, elle répugne à tout ce qui touche aux activités typiquement féminines comme la couture ou la broderie. La musique ? Elle s’y plie de mauvaise grâce, mais au moins a-t-elle une jolie voix. Elle demande à être assignée aux tâches du potager, pour pouvoir être en extérieur. Le travail manuel ne l’effraye pas, et elle aime respirer le grand air. Pendant son temps libre, elle lit, encore et encore, surtout les livres portant sur la nature et l’astronomie. Les écritures saintes ne l’intéressent pas vraiment sauf lorsqu’il est question de la création du monde et du système stellaire, ce qui a le don d’agacer Mère Evangeline qui n’hésite pas à lui faire des remontrances tout en s’émerveillant de l’intelligence de la petite, qui mémorise immédiatement tout ce qu’elle apprend. Plus les mois passent, plus elle en est persuadée : cette enfant a reçu un véritable don du ciel pour les études ! Quel dommage qu’elle n’ait pas été un garçon, elle aurait fait une grande scientifique… En tout cas une chose est sûre : Aliénor est une excentrique. Restant rarement très longtemps à l’intérieur du couvent, tous les prétextes sont bons pour être dehors, même par mauvais temps. Elle reste peu avec ses aînées, n’est guère bavarde ni souriante et semble toujours ailleurs. Pourtant quand mère Evangeline lui parle, elle a l’impression ténue, mais bien présente, que sous la tranquillité de la jeune fille couve un feu bien plus ardent qui n’a besoin que d’une étincelle pour s’embraser. Cela la fascine et l’inquiète à la fois. Aliénor est lunaire, oui. Mais sa raison est toute intacte, et il ne manque qu’un petit élément pour donner essor à cette fabuleuse intelligence qu’est la sienne. Elle devra hélas attendre encore un peu.
    Cependant sa vocation se dessine de plus en plus, bien que demeurant inaccessible : ce sont les sciences qui attirent son esprit logique, méthodique, rationnel et terriblement créatif. La graine est plantée. La pousse grandira eu à peu jusqu’à éclore quelques années plus tard quelque part en Italie. Le couvent est malheureusement pauvre en ouvrages de physique et de mathématique qui sont des matières « masculines »… Frustrée, Aliénor tente ses propres expériences et observations comme un enfant qui jouerait à découvrir le monde à cinq ans… Balbutiements d’une scientifique en herbe.

    Elle a pratiquement quinze ans lorsqu’elle décide de quitter le couvent. Elle étouffe. Cette vie de monastère ne correspond pas à son tempérament, à sa soif de découvertes et de grand air. Elle a souffert sur les routes, et pourtant elle les préfère encore à l’atmosphère ouatée et hors du temps du couvent. Aliénor veut vivre, pas s’enterrer vivante. Mère Evangeline s’y oppose formellement mais la jeune fille a une volonté de fer et menace de s’enfuir comme elle s’est enfuie de chez elle si on essaye de la garder enfermée. Voilà bien une chose à laquelle elle ne renoncera jamais : sa liberté. Essayez-donc de la mettre en cage, et vous ne rencontreriez que du vent ou une enragée qui se débattra jusqu’au bout.
    Mère Evangeline finit par le comprendre et consent à contrecœur à ce départ. Tout est organisé assez rapidement, la seule condition étant qu’Aliénor doit se rendre dans une grande ville et trouver un moyen de s’y établir. Les conditions de ce deuxième départ sont bien meilleures que les premières : elle a l’expérience du voyage, une monture, de l’argent, et un nouvel objectif. Un matin de septembre, elle talonne son cheval et s’éloigne du couvent d’Arcachon, pour n’y jamais revenir.


    IV. 1623-1624. De Montpellier à l’Italie. « Entre ces îlots, il y a de l’errance et de la solitude. »

    L’agression a lieu alors qu’elle traverse le Vercors, ses montagnes et ses forêts. Elle a quatorze ans, bientôt quinze, et ce jour-là restera dans sa mémoire l’une des plus belles frayeurs de sa vie, et pourtant la vie sur les routes n’est jamais rassurante.
    Avançant à grand pas dans la forêt sans être vraiment sûre de la direction qu’elle emprunte, Aliénor est bien trop concentrée sur son orientation pour entendre les feuilles bruisser sur les pas de ces trois bandits de grand-chemin. Ce n’est qu’au dernier moment qu’un instinct aussi étrange qu’indéfinissable la pousse à faire volte-face et se retrouver nez-à-nez avec ces trois brigands encapuchonnés … Et surtout armés, constate-t-elle en blêmissant à la vue du poignard bien tranchant que tient celui du milieu. Son corps réagit plus vite que son cerveau : elle détale à toutes jambes.

    « Attrapez-moi c’gosse ! » éructe l’un d’eux, mais elle ne se retourne pas pour voir lequel. Elle court le plus vite possible pour leur échapper, glissant à moitié dans les feuilles mortes et surtout la pente raide dans laquelle elle s’est engagée pour tenter de les semer. Elle ne voulait pas mourir, elle ne voulait pas mourir, elle ne voulait pas mourir ! Et encore moins comme ça ! Et elle aurait eu une chance de leur échapper si prise par la vitesse elle ne s’était pas prise le pied dans cette maudite racine qui la fait trébucher et l’envoie rouler contre un arbre. Le choc lui coupe le souffle et lui vrille les tempes. Des étoiles dansent devant ses yeux l’espace de quelques brèves secondes… Qui sont assez pour permettre à ses poursuivants de la rattraper. A peine tente-elle de se relever que l’un d’eux l’attrape par la nuque et la tire pour la plaquer au sol. La terreur lui tord le ventre alors qu’elle sent la mort s’approcher. Elle hurle, aussi fort que possible, mais la main impitoyable de son futur meurtrier la maintient rapidement d’abord d’une gifle violente puis en étouffant les cris qui sortent de sa bouche.

    « Fouillez son sac, voir s’il a quelque chose d’intéressant ! Un mioche ça s’balade pas tout seul dans l’Vercors sans de quoi survivre… »

    Impuissante, Aliénor les regarde faire. Son seul soulagement est de savoir que le document d’adoption est dans une poche secrète de son habit, contre elle… Elle priait juste de toutes ses forces pour qu’ils n’aient pas l’idée de la fouiller.

    « Ca y est on a tout. On dégage ? » « Attend, si ça se trouve il a encore quelque chose sur lui. »

    Sentant la panique la submerger comme un raz-de-marrée, Aliénor se débat comme une diablesse, essayant frénétiquement de frapper, de gifler, de griffer. Surpris d’abord par ce regain d’énergie, son agresseur grimace en essayant de l’immobiliser de nouveau puis laisse échapper un cri de douleur.

    « Il m’a mordu le chien ! » crache-t-il en levant la main bien haut pour la frapper de nouveau. Mue par un réflexe extraordinaire, elle parvient à se redresser et à lui balancer un coup de poing complètement hasardeux à la mâchoire. Si elle avait eu la moindre chance de survie, elle venait tout juste de la griller. Fou de rage, son agresseur s’empare d’une lourde pierre et la lève au-dessus de sa tête…

    « AAAAAAAH ! »

    L’homme au-dessus d’elle tourne la tête pour voir d’où venait ce hurlement, oubliant momentanément sa pauvre victime blême de terreur et aperçoit un homme en noir encapuchonné tenant une épée encore sanguinolente. A terre git un de ses complices. Il ouvre des yeux effarés et fixe de nouveau ce mystérieux assaillant. Comprenant que c’était peut-être là sa seule chance de survivre, Aliénor baisse les yeux et son regard tombe sur la dague à la ceinture du brigand. Sa main, mue par ce qui relève alors du pur réflexe s’empare de l’arme, la tire de son fourreau et la plante dans l’abdomen du bandit. La sensation de la lame transperçant la chair de son agresseur lui soulève le cœur alors que lui-même a un hoquet de stupeur. La main levée tenant la pierre vacille et lâche l’objet qui s’écrase à un centimètre de sa tête, faisant sursauter la gamine qui pousse de toutes ses forces pour dégager ce corps dont la vie est pratiquement partie désormais. Dès qu’elle est libre, elle recule et son dos bute contre un arbre. Un frisson incontrôlable lui parcourt l’échine alors qu’elle sent son cœur chavirer de peur et de dégoût. Elle tressaille en entendant le bruissement des feuilles tout près d’elle et se raidit en reconnaissant cet homme impressionnant –et avouons-le, effrayant- qui pourtant venait de la sauver. L’homme la regarde un court instant, puis s’éloigne à grands pas avant de disparaître dans les arbres. Quelques secondes plus tard elle entend le hennissement d’un cheval et le bruit d’un galop, puis plus rien. Juste le bruissement du vent dans les arbres.
    Avec précaution, elle se relève malgré ses jambes vacillantes, ramasse ses affaires à la hâte, et s’enfuit de ce lieu maudit qui continuera longtemps de hanter ses cauchemars.

    Elle met encore plusieurs semaines à atteindre Grenoble, et une fois là-bas y reste quelque temps et travaille comme coursier pour un marchand de bois, puis comme scripte pour tenir les comptes d’un teinturier. Trois mois s’écoulent ainsi avant qu’elle n’ait rassemblé assez d’économies pour reprendre la route. Son apparence de garçon, dont elle parvient à maintenir la crédibilité, lui permet de se mêler à un groupe de moines en pèlerinage avec qui elle passe la frontière italienne. Se séparant des ecclésiastiques à Turin, elle est alors recueillie par une troupe de la Comedia del’Arte avec qui elle continue de voyager tout en apprenant l’italien.

    Enfin arrive Florence. Florence et ses trésors. Florence et ses promesses.

    Florence et Galiléo Galilée.






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MessageSujet: Re: « Enfant dont la mémoire se souvient qu'elle descend des étoiles. » Aliénor. Lun 2 Juil - 0:06



    V. 1623-1625. Florence. « Ce sont les étoiles, les étoiles tout là-haut qui gouvernent notre existence. »

    Florence, berceau de la Renaissance italienne. Une ville époustouflante pour qui sait ouvrir les yeux, mais Aliénor est complètement hermétique à la beauté qui l’entoure. Il faudra l’intervention d’un homme pour lui faire lever la tête et surtout arrêter sa perpétuelle errance, un homme dont l’influence sur elle et le reste de sa vie ne se mesure plus tant elle aura été déterminante. Ses parents biologiques, qui qu’ils soient, lui avaient donné la vie ; cet homme y avait donné un sens.

    La rencontre a lieu sur une des nombreuses collines entourant la ville. Une nuit, une semaine après son arrivée dans la capitale de Toscane, elle s’échappe pour une énième randonnée sur une énième colline et après une bonne heure de marche débouche sur une petite clairière déserte bordée d’arbres. En levant la tête, Aliénor peut voir Florence en contrebas et le ciel étoilé en levant un peu les yeux. Aliénor s’allonge sur l’herbe et se perd dans la contemplation du ciel, dont l’envoûtante et apaisante beauté calme son esprit toujours trop agité son sous masque impassible. Les milliers de questions qui se battent toujours dans sa tête s’estompent, et enfin elle retrouve un semblant de tranquillité.

    « Tiens, aurais-je de la compagnie ? »

    C’est un homme de taille moyenne, vêtu d’un costume sobre de qualité moyenne, mais toujours bien meilleure que ce qu’elle porte elle. Il a un peu de corpulence, comme la plupart de ces bourgeois dans la fleur de l’âge qui ne prennent pratiquement jamais d’exercice et le front large des intellectuels, plutôt dégarni. Ses cheveux et sa barbe abondante sont gris argentés, mais elle aurait été bien incapable de dire son âge tant son regard pétillant de malice contraste avec son apparence d’homme dans la fleur de l’âge.

    « Qui êtes-vous ? » finit-elle par demander avec une note d’hésitation et de curiosité dans la voix.

    L’homme esquisse un sourire sous sa barbe.

    « Je suis… Le messager des étoiles ! » s’exclame-t-il en posant sur l’herbe le matériel qu’il portait sous les bras et qu’elle n’avait pas remarqué. Il ouvre une mallette et en sort ce qui semble être un tube qu’il attache sur un trépied, avant de regarder par un bout du tube. Cette manœuvre intrigue fortement la jeune fille, mais elle n’ose pas déranger son mystérieux visiteur avec ses questions. Le silence s’installe, s’étire. Elle regarde.

    « Et toi, qui es-tu ? » finit-il par demander en continuant ses réglages.
    « … Je ne suis plus très sûre. »

    Il l’observe en silence quelques secondes, durant lesquelles Aliénor relève les yeux vers le ciel dans une contemplation pensive. Il semble remarquer ce mouvement chargé de sens.

    « Les étoiles t’intéressent-elles, mon garçon ? » demande-t-il soudain. Aliénor le regarde avec étonnement avant de répondre : « Oui, mais je ne connais pas très bien l’astronomie… » Il hoche la tête et lui fait signe d’approcher. Prudemment, elle obtempère.

    « Reconnais-tu cette constellation ? » interroge-t-il en pointant quelques étoiles du doigt.
    « C’est Orion. » répond-elle sans hésiter.
    « Et celle-ci ? »
    « Le Centaure. »
    « Et là ? »
    « Le triangle austral. »
    « Maintenant regarde-les à travers cette lunette. » « Cette quoi ? » « Cette lunette. C’est un appareil d’observation qui grossit les objets que tu regardes grâce à des lentilles que j’ai améliorées. » « Comme l’appareil de cet opticien hollandais ? » « Diable, tu es bien au courant ! J’ai repris l’idée de cet hollandais mais en faisant fabriquer des lentilles spéciales, l’une de faible convexité et l’autre de forte concavité et… » « Et vous avez placé celle de faible concavité ici ? » complète-t-elle d’un air interrogateur en pointant l’extrémité de la lunette du doigt.

    Cette fois le visage du vieil homme exprime clairement de la stupéfaction. Aliénor craint d’avoir dit une bêtise et n’ose plus rien ajouter, baissant les yeux pour fixer l’herbe et le bout de ses souliers. Il garde le silence, ses yeux clairs détaillant son interlocutrice et l’air soudain songeur.

    « Etonnant… Très étonnant même… » marmonne le savant avant de s’exclamer d’un ton joyeux : « Allons, regarde dans cette lunette et dis-moi ce que tu y vois. Si tu aimes les étoiles, cela devrait te plaire ! »

    Désireuse de ne pas le contrarier, Aliénor obéit et se penche pour regarder dans la lunette…. Avant de relever aussitôt la tête vers lui d’un air abasourdi, puis de lever les yeux vers le ciel, et regarder de nouveau à travers la lunette. Le spectacle qui s’offre à elle est à couper le souffle. Encore une fois elle décolle son œil de l’objectif pour regarder le ciel et regarder de nouveau dans la lunette, puis deux fois, puis trois fois. De son côté, le savant se retient à grand peine de rire face à l’ahurissement de son compagnon d’observation.

    « C’est… Il y en a tellement ! » « Avec cet appareil tu vois cent fois plus d’étoiles qu’à l’œil nu. J’ai fait des calculs. Et j’ai l’intention de l’améliorer encore. » « Vous pensez qu’on peut en voir encore plus ? » « Certainement ! »

    Aliénor regarde son messager des étoiles qui arbore toujours la même tranquille bonhomie. Ils n’échangent pas un mot, mais en tendant l’oreille ils auraient presque pu entendre le déclic qui se fait entre eux à cet instant précis. Le messager céleste et la fille des étoiles…

    Lorsque la troupe avec laquelle elle voyageait décide de repartir, Galilée lui fait l’offre qui achèvera de changer sa vie : il la prend comme élève particulière en échange de son aide pour ses expériences, tenir ses rapports et ses registres, pour fabriquer ses instruments… En retour il lui enseigne tout ce qu’il lui manque en mathématiques, physique et astronomie.

    Ses progrès sont fulgurants, et en quelques mois la jeune fille de seize ans rivalise avec les autres élèves du maître. Elle absorbe tout, à la manière d’une éponge. De simple élève et employée, elle se retrouve très vite au poste d’assistante personnelle de son maître qui dès lors l’emmène à chacune des démonstrations qu’il fait de sa lunette astronomique ou à chacune de ses expériences. Galilée est le modèle absolu d’Aliénor, à qui il transmet tout ce qu’il sait et partage toutes ses découvertes.

    Si Aliénor s’épanouit parfaitement intellectuellement et dévoile tout son potentiel, il est une personne qui ne voit pas les choses de cette manière : Virginia, la fille de Galilée. Aliénor est peut-être incroyablement intelligente, surdouée et tout ce qu’il voulait, mais elle n’avait aucune éducation en dehors des sciences et de ce que les sœurs du couvent avaient tant bien que mal réussi à lui inculquer, à savoir un peu de musique, de couture et de maintien. A ses yeux, et elle n’a pas tort, Aliénor est encore farouche et a un côté « sauvage » et hors du monde qui ne fera que s’aggraver si personne ne s’occupe de corriger la trajectoire. Aliénor en somme n’était encore qu’une enfant à qui tout était encore à apprendre. Et Virginia, qui avait pour elle une grande affection bien qu’elles ne se comprennent pas, décide de s’en charger elle-même.

    La tâche est loin d’être facile. L’éducation des jeunes filles de bonne famille n’intéresse pas du tout Aliénor qui n’en voit pas l’utilité. Elle ne se gêne pas d’ailleurs pour le dire à Virginia et n’hésite pas à se rebeller contre elle, laissant éclater un caractère enflammé dont elle-même n’avait jusqu’alors jamais eu conscience. Virginia ne bronche jamais : elle est dotée d’une sensibilité et d’un don d’empathie qui lui permet de comprendre mieux que personne –mieux que Galilée peut-être- comment fonctionne la jeune fille. Elle comprend qu’Aliénor avait dû se construire toute seule et l’édifice restait encore bancal. Elle avait une volonté inébranlable et ne se laissait jamais abattre, était la plupart du temps d’un calme souverain et avait ce côté rationnel qui la poussait à ne jamais paniquer et toujours chercher une réponse ou une solution à chaque problème. En revanche, elle était incroyablement lunatique et sous son masque impassible et derrière son regard absent se cachait un esprit terriblement agité et tourmenté par mille et mille pensées incapable de rester tranquille, un tempérament volcanique qui pouvait entrer en éruption à tout instant.

    Et pourtant, Aliénor rebelle et méfiante, commence à s’assouplir et son côté lunatique s’estompe un peu. Virginia a l’impression de polir un diamant brut et met tout son cœur à l’ouvrage. De conflictuelles, leurs relations s’améliorent aussi et même si Aliénor reste distante, réservée et imprévisible elle se laisse plus facilement approcher. De Virginia, Aliénor imite sans même s’en rendre compte le maintien droit, digne, mais humble et discret, le timbre de voix plus posé, et elle accepte enfin de laisser ses cheveux repousser et s’habiller autrement qu’avec ses frusques de garçon.
    Quant à Galilée, il a cessé de l’appeler Aliénor et lui a attribué un surnom et ne l’appelle plus qu’ainsi :

    « Tu as les yeux très sombres, ma petite. T’a-t-on déjà dit que tes yeux étaient comme le ciel ? » remarque-t-il un jour. « C’est aux yeux bleus qu’on donne ce qualificatif. Les miens sont marrons, presque noirs. » « Bêtises. Le ciel en plein jour n’a aucun intérêt à part peut-être les nuages. Tes yeux sont aussi sombres que la nuit. » « Vous dites des bêtises, maître. » « Je ne crois pas que ton amour pour l’astronomie soit un hasard. Tu as des étoiles dans les yeux. A partir d’aujourd’hui, je t’appellerai Astéria, qui signifie ‘étoile’. »

    Aliénor lève les yeux au ciel mais le laisse faire. Ce qui au départ n’était qu’un surnom devient finalement son prénom à part entière, car même Virginia se met à l’appeler ainsi. Elle ne s’en formalise pas. Porter un nom en hommage aux étoiles lui convient parfaitement.

    Dès lors, Galilée entraîne Aliénor dans son combat pour la défense de l’héliocentrisme, ce qui permet à la jeune fille d’entrer en contact avec diverses personnalités qui ont marqué son temps. Mais la rencontre la plus impressionnante qu’elle fait, dès 1624, est sûrement celle du nouveau Pape Urbain VIII en personne. Urbain VIII, anciennement Cardinal Barberini, est le soutien principal de Galilée au sein de l’Eglise, et quel soutien ! Le Pape s’étonne tout d’abord de la présence d’une aussi jeune femme aux côtés de son protégé puis s’en amuse et se déclare encouragé : si une enfant de seize, dix-sept ans est capable d’accepter la vérité et de rejoindre la bataille, c’est que l’heure de gloire n’est plus très loin. Pour le Pape comme pour Galilée, Aliénor est le symbole de cette nouvelle génération dont l’esprit encore ouvert et fertile est prêt à accueillir l’extraordinaire nouvelle qui changera le monde…

    Ses deux années à Florence s’écoulent sans même qu’elle ne s’en aperçoive, son quotidien rythmé par les leçons de Galilée, celles de Virginia et de nouvelles expériences absorbant toute son attention. Tout à coup, nous sommes en 1625, année charnière pour Aliénor qui, à dix-huit ans, va voir son avenir chamboulé par un passé qui la rattrape bien malgré elle et des découvertes stupéfiantes, non pas sur les étoiles mais sur sa propre famille…

    VI. 1625. Florence – Paris. « Le père est un miroir dans lequel la petite fille puis l'adolescente, peut discerner les prémices de la femme qu'elle deviendra. »

    « Astéria ? Prépare tes affaires, nous partons. » « Où donc, maître ? » « A Paris ! »

    La réputation de Galilée n’est plus à faire, et mine de rien les préjugés ont la peau dure même chez ceux qui sont censés les combattre. Bien que le colloque soit supposé porter sur l’armement et la physique, certains jaloux ne peuvent s’empêcher de faire allusion au système solaire et aux Ecritures, essayant de ridiculiser les opinions du florentin qui n’y prête qu’une oreille distraite. Il a mieux à faire que de rabrouer ces langues de vipère de bas étage, et puis ne bénéficie-t-il pas de la protection des Médicis et du Pape lui-même ? Aliénor bout de rage face aux insultes qui fusent dans un murmure, mais contient sa colère. Elle ne réplique pas plus que Galilée aux piques, mais contrairement à lui elle guette son heure. Heure qui vient environ deux semaine après leur arrivée, alors que les scientifiques penchent sur le problème de la portée des canons et quels moyens employer pour l’améliorer. Alors que la plupart des savants avaient cherché à augmenter la puissance des canons en modifiant les doses de poudre, Galilée et Aliénor avaient eu l’idée de fabriquer des boulets plus petits et des canons plus étroits. Certains leur avait ri au nez : des boulets plus petits feraient moins de dégâts ! Néanmoins, un modèle est construit et le jour de la démonstration arrive.

    « C’est gâcher de la fonte ! » éructe l’un des responsables de l’armement en refusant d’allumer la mèche. « Nous obtiendrons les mêmes résultats qu’avec le test précédent, voire pire ! Autant refondre tout ça et fabriquer des canons qui fonctionneront et ne manqueront pas d’exploser parce que le conduit est trop étroit pour la charge d’explo… »

    Mais Aliénor n’entend pas s’en laisser conter et ne supporte plus les critiques de ces incultes qui préfèrent renoncer avant d’essayer. Interrompant le responsable dans son monologue, elle lui arrache la torche enflammée des mains et se dépêche d’allumer elle-même la mèche avant que l’autre ne l’agrippe par les épaules pour la dégager. Trop tard.
    *BOUM !*
    Le canon recule de quelques centimètres avec la force du souffle à l’intérieur mais résiste parfaitement et le boulet fuse. Les spectateurs le voient très vite disparaître, et le soldat chargé d’effectuer les mesures lance son cheval dans sa direction.

    « Vous êtes folle ! Vous auriez pu faire sauter le canon ! » « C’est vous qui n’êtes qu’un imbécile, et un pédant ! » réplique-t-elle en conservant un masque parfaitement impassible. « Nous avons réduit la quantité de poudre et aménagé à l’intérieur du canon suffisamment d’espace pour que le souffle de l’explosion puisse circuler avant de se rediriger vers la sortie et éjecter le boulet sans perdre de sa puissance, celle-ci se trouvant même augmentée par le manque d’espace dans le conduit. Si l’air n’a pas de place pour circuler, il sort et pousse le boulet ! C’est le principe même qui a permis de fabriquer les premiers canons ! Moins il y a d’espace, plus le souffle sera fort et la poussée augmentée. Elémentaire. » débite-t-elle d’un trait en plantant ses yeux noirs dans les siens.

    Son interlocuteur devient rouge de colère mais ne trouve rien à répliquer sous l’affront et l’insolence de l’impertinente. Elle se désintéresse aussitôt de lui et retourne auprès de Galilée qui se retient de sourire dans sa barbe. Il ne savait pas de qui Aliénor tenait son caractère, mais il était sacrément bien trempé !
    Lorsque le soldat revient, on attend avec impatience sa conclusion. Et c’est une salve d’applaudissements quand on entend que le boulet d’Aliénor a touché terre un demi-kilomètre plus loin que le précédent…

    Quelques jours plus tard, un garde de Son Eminence l’aborde et converse avec elle. A la mention du Cardinal, Aliénor tend un peu l’oreille. Ce Richelieu était un sacré mystère : homme d’église et pourtant deuxième homme de France, il s’intéressait même à la guerre d’après ce qu’elle avait pu en juger. Après tout, n’avait-il pas assisté à chaque démonstration menée par la troupe de scientifiques ? N’était-il pas venu lui-même demander des précisions à Galilée sur certaines de ses méthodes et des résultats obtenus ? Elle ne lui avait que très peu parlé, mais elle reconnaissait volontiers une chose : il en imposait. Et surtout, il intriguait. Beaucoup.

    « Tenez, pour vous donner un exemple : il y a à peu près cinq ans, je venais tout juste de rejoindre les rangs des gardes du Cardinal et une mission des plus bizarres nous est tombé dessus. Retrouver une gamine ! Et il n’a pas lésiné sur les moyens ! »
    « Une gamine ? »
    « Surprenant n’est-ce pas ? » fait le garde sur un ton malicieux, heureux d’avoir enfin éveillé son intérêt. « Une gamine de douze-treize ans qui s’était enfuie de chez elle à Quimper. Apparemment sa famille la traitait comme une souillon et elle a pris la tangente… »

    Le sang d’Aliénor ne fait qu’un tour et elle doit prendre sur elle pour ne manifester qu’une surprise polie au lieu de la stupéfaction qu’elle ressent pourtant. Ce portrait ressemble bien trop au sien pour n’être qu’une coïncidence… D’autant plus que cette scientifique dans l’âme ne croit pas aux coïncidences. Elle décide donc de poursuivre la conversation.

    « Et l’avez-vous retrouvée ? » demande-t-elle en affectant la curiosité.
    « Oui et non ! Pendant un an environ nous l’avons cherchée absolument partout, tous les gardes possibles ont été mobilisés et nous n’avions pas le droit de rentrer à Paris sans avoir de nouvelles à annoncer à son Eminence ! Toutes les lieues parcourues à cheval, mes reins s’en souviennent encore… Et puis un jour nous avons appris qu’elle était dans un couvent en Gascogne et les recherches ont stoppé. Mais elle nous a échappé toute une année, ça le rendait furieux ! »
    « Mais pourquoi ? Qui était cette enfant ? »
    « Je n’ai aucune idée de pourquoi Son Eminence s’intéressait à elle, mais je puis vous dire son nom : Aliénor Descrières. »

    Aliénor détourne la tête pour masquer son ahurissement. C’était bien d’elle qu’il s’agissait ! Mais pourquoi le Cardinal de Richelieu l’avait-il faite rechercher ? Pourquoi un homme d’Etat aussi haut placé s’acharnerait-il à retrouver une orpheline de Quimper ? Voilà un mystère bien obscur qui ne lui plaisait guère, et auquel elle comptait bien trouver des réponses. Des hypothèses plus ou moins folles se dessinaient déjà dans son esprit fertile, mais elle savait qu’elle n’obtiendrait rien de concluant si elle ne menait pas sa petite enquête… Et il y avait un moyen très simple, effrayant de simplicité même pour cela. Puisque le Cardinal n’avait rien voulu dire à ses hommes, elle allait voir s’il accepterait de s’expliquer avec la fille qu’il avait mis tant d’énergie à débusquer.

    Ne restait qu’à trouver un moyen de voir le Cardinal pour l’interroger.


    Mais lorsqu’elle demande une audience, le chambellan se contente de l’ignorer. Folle de rage, Aliénor se mord la lèvre en se retenant de le gifler de toutes ses forces. Comment osait-il ! Alors que derrière cette porte, cette foutue porte se trouvait peut-être la clé du mystère que constituait son existence entière…
    Porte qui s’ouvre pour laisser la place à un paysan qui sort de son audience avec le Cardinal. Voyant cette porte ouverte, le sang d’Aliénor ne fait qu’un tour. C’est maintenant ou jamais. Plus vive qu’un renard, elle contourne le bureau et s’élance dans le petit couloir qui mène à la pièce où le Cardinal reçoit ceux qui réclament son aide. Elle a presque atteint la porte et la pousse déjà lorsque les gardes du chambellan et le chambellan lui-même la rattrapent et la ceinturent avec force. Ce n’est pas assez pour l’arrêter !

    « LACHEZ-MOI ! JE VOUS DIS DE ME LÂCHER ! » s’écrie-t-elle en se débattant comme une diablesse.
    « Qu’est-ce que ce désordre, maître chambellan ? » s’exclame une voix qui les cloue tous sur place. Le chambellan perd ses couleurs alors qu’Aliénor maîtrisée par quatre hommes sent son cœur gonflé d’espoir éclater dans sa poitrine. Le Cardinal, enfin !

    Ce dernier la scrute de ses yeux bleus inquisiteurs, maintenant le silence par sa seule présence qui semble écraser tout le reste.

    « Mademoiselle Descrières. Que signifie cette intrusion, je vous prie ? » demande-t-il avec le ton de celui qui se souffre aucune discussion.
    « C’est à vous de me le dire, votre Eminence… » répond-elle d’une voix moins sûre, mais sans se dérober à ce regard terrible qui avait pourtant fait courber la tête au chambellan et à ses hommes.

    Le Cardinal comprend-il sur le champ ce qu’elle veut dire ? Ou bien est-ce seulement pour se débarrasser d’elle le plus vite possible qu’il congédie ses hommes afin de se retrouver seul à seul avec elle ? Toujours est-il que son visage ne quitte pas son expression impassible lorsqu’il se tourne de nouveau vers elle pour la détailler sans rien laisser paraître des émotions ou des pensées qu’il aurait pu avoir à ce moment-là. A quelques mètres de lui, elle le dévisageait aussi, comme si elle cherchait dans les traits de son visage de marbre les réponses qu’elle était venue chercher.

    « Que voulez-vous qui ne puisse attendre, mademoiselle ? » reprend-il d’une voix égale.
    « La vérité, Eminence. Ca fait dix-huit ans que je l’attends, cinq que je parcours l’Europe à sa recherche mais qu’à chaque fois elle m’échappe alors que je crois enfin l’atteindre… »
    « Et qu’est-ce qui vous fait croire que je la détiens, cette vérité ? »
    « Le fait que vous ne m’ayez pas encore renvoyée, Eminence. Pourquoi m’avez-vous faite chercher il y a cinq ans ? Qu’est-ce que j’ai qui ai nécessité que vous me retrouviez ? Qui suis-je, votre Eminence ? »

    Sa dernière question sonne comme un cri au secours, le premier, le seul qu’elle aura lancé en dix-huit ans de souffrances répétées. A-t-il entendu ce cri, au-delà des mots ? Elle ne le saurait jamais. Toujours était-il que lorsque sa voix s’élève de nouveau, c’est pour lever enfin le voile sur une énigme trop énorme pour son âme de scientifique et son cœur d’enfant en miettes, pour enfin retirer ce poids qui l’écrase depuis tant d’années…






Dernière édition par Aliénor Descrières le Lun 2 Juil - 10:24, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: « Enfant dont la mémoire se souvient qu'elle descend des étoiles. » Aliénor. Lun 2 Juil - 0:06





    Epilogue. 1626. Le Louvre. « Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre nous regardent les étoiles. »


    « Ma chère Aliénor,

    Père est rentré hier à Florence. Quelle n’a pas été la surprise en constatant ton absence ! Je l’ai aussitôt interrogé, et il m’a expliqué que tu étais restée à Paris. J’en ai été toute retournée. Toi, à Paris ? Loin de Florence, loin de votre laboratoire, loin de nous ? Je n’ai pu y croire tout d’abord, puis Père m’a expliqué que durant ce colloque, tu avais retenu l’attention de son Eminence le cardinal de Richelieu. Je ne puis que t’en féliciter, car on m’a dit qu’il n’était pas homme à se laisser facilement impressionner. Ainsi donc, tu vas rester au Louvre et y devenir… J’ignore quoi exactement, Père m’a parlé de travaux de physique et de mécanique que tu effectuerais pour son Eminence, son ingénieure attitrée en quelque sorte. Sers-le bien, Aliénor, car c’est un homme de Dieu et un homme d’Etat, et l’un est aussi digne de respect que l’autre. N’oublie pas que la Reine Mère est une Médicis, en servant la France, tu la serviras aussi. Je sais que je peux compter sur toi.
    Je suis fière de toi, mais je ne puis te cacher que j’ai peur aussi. Es-tu prête pour la vie de la Cour ? Toi qui n’aimes rien tant que ta liberté ! Toi que l’ombre d’une entrave fait fuir à toutes jambes, comment vas-tu t’adapter à tous ces codes et ces restrictions ? Tu n’es pas faite pour ce monde-là, je le sais et j’en tremble. Tout ce qu’on raconte sur ces intrigues, ces complots, ce n’est pas pour toi, toi qui as la tête dans les étoiles et daigne à peine considérer le monde qui t’entoure ! Si quelqu’un s’en prenait à toi, tu ne le remarquerais qu’au moment d’avoir le couteau sur la gorge ! Pardon si je t’effraye –non, je sais que ce n’est pas le cas, il en faut plus pour t’effrayer – mais je t’en supplie, sois prudente. Ne t’attire pas d’ennuis, obéis à son Eminence. Je prierai Dieu pour qu’il te garde en sa protection.
    Cara mia, je te regrette déjà. Je sais que je n’ai jamais été la sœur que j’eusse aimé être pour toi, mais il n’est pas un jour qui ne s’écoule sans que mes pensées ne se portent vers toi. Je crois que Père aussi regrette ton absence de jour en jour. La maison et le laboratoire sont plus vide, sans ta présence posée, tes regards lointains, ta voix qui se perd dans un murmure alors que tu te parles à toi-même. J’espère retrouver tout ça un jour.

    Affectueusement,
    Virginia Galilei. »




    « Notre très chère Astéria,

    L’Académie ne saurait assez vous exprimer ses chaleureuses félicitations. Vous voici donc au Louvre, volant de vos propres ailes sur le chemin de la science ! Quelle belle réussite, dont tous ici nous nous sentons fiers et honorés. Nous reconnaissons volontiers que lorsque maître Galilée vous a présentée à nous, nous étions sceptiques. Une jeune fille, s’intéresser à la science ? Et rejoindre notre Académie, qui plus est ? Et pourtant, que de surprises vous nous avez réservées. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, vous voici devenue une physicienne remarquable et une astronome émérite, sans compter vos talents de mathématicienne. Cultivez tout cela, vous êtes si jeune, vous pouvez faire plus, tellement plus…
    Vous n’avez certes aucun diplôme et ne pouvez être reconnue comme membre officielle de notre Académie, néanmoins après consultation, nous avons décidé de vous remettre le titre de membre honorifique de l’Académie des Lynx, à titre d’encouragement. Poursuivez dans votre voie, et qui sait de quoi demain sera fait ? Soyez assurée de notre affection sincère et de notre soutien envers vous. Nous serons toujours prêts à vous aider avec tous les moyens possibles, si seulement vous vous donnez la peine de nous faire signe. Puissent les étoiles vous guider comme elles semblent l’avoir toujours fait.

    Minima cura si maxima vis. Retenez cette devise, Aliénor, car elle est la nôtre.

    Frederico Cesi, Francesco Stelluti, Johannes de Filiis, Giambattista della Porta, Galiléo Galilei.

    Sagacius ista. Accademia dei Lincei. »




    « Ma chère Astéria,

    Je n’ai pas reçu de nouvelles de vos nouvelles depuis votre dernière lettre qui m’était adressée en Espagne. J’ignore si c’est parce que vous n’avez pu me localiser ou bien si vous me faites (une fois de plus) la tête, mais par pure flatterie personnelle j’opterais pour la première solution.
    Je n’ai guère le temps de vous écrire une longue lettre, mais sachez juste que je suis en ce moment au château familial, entourée de ma famille toujours plus ennuyeuse. Je repartirai avec mon oncle lord Cavendish le mois prochain pour Rome, dont j’aurai sûrement mille choses à vous raconter.

    Au fait, l’on m’a dit que vous n’étiez plus à Florence. Je sens qu’il y a une histoire intéressante là-dessous, et je vous prierai de me la raconter dès notre prochaine rencontre ! Êtes-vous bien à Paris comme on me l’a signalé ?

    Sincèrement vôtre,

    Samuel Talbot. »



    Silencieusement, Aliénor replia ses deux lettres et les rangea soigneusement dans un tiroir de son bureau qu’elle referma lentement, comme si elle mettait un point final à la longue histoire que nous venons de conter. Un point final ? A ce chapitre, peut-être ! Mais toute l’histoire reste encore à écrire, car qui peut dire qu’il met un terme à son histoire à dix-huit ans ? Aliénor leva les yeux et croisa son reflet dans le miroir de sa chambre au sein du Palais Cardinal. Elle paraissait à la fois terriblement jeune et déjà bien âgée, la gravité de son visage et l’absence complète d’innocence dans son regard contrastant tellement avec la franchise qu’on y pouvait simultanément lire et la jeunesse de ses traits.

    Son Eminence avait fini par avouer l'invraisemblable vérité. Son père qu'elle s'était acharnée à rechercher de puis tout ce temps, c'était lui ! Elle ignorait encore les détails de l'histoire, mais ce fait ne faisait plus aucun doute dans son esprit : pourquoi lui dirait-il une chose pareille si ce n'était pas la vérité ? Il avait paru étonné qu'elle l'accepte si facilement, mais Aliénor n'était pas du genre à se défiler quand on lui mettait la vérité sous le nez. Elle avait accepté de rester au palais Cardinal pour travailler pour lui, afin de rester aux côtés de ce parent qui lui avait tant manqué et que, secrètement, elle espérait apprendre à mieux connaître malgré leurs caractères réservés respectifs...
    En revanche, il y avait un problème qu'elle ne parvenait pas à résoudre : le problème Rochefort. Cet homme détestable que Son Eminence avait assigné à sa surveillance, elle ne le supportait déjà plus ! Quand ce n'était pas lui qui la suivait partout, c'était un de ses hommes, en conséquence de quoi elle ne pouvait pratiquement jamais être seule et avoir un instant à elle ! Cette surveillance permanente l'agaçait au plus haut point, si bien qu'elle cherchait tous les moyens possibles pour semer des gardiens ! Tant pis si elle devait s'attirer les foudres de Rochefort : c'était plus qu'elle ne pouvait en supporter !

    Enfin... Elle avait déjà vécu beaucoup de choses, mais elle venait d'arriver à Paris, Paris et le Louvre, Paris et sa vie fourmillante, Paris et la cour... Et tant encore à découvrir !

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MessageSujet: Re: « Enfant dont la mémoire se souvient qu'elle descend des étoiles. » Aliénor. Lun 2 Juil - 11:09

Et voilàààààà, terminée ! \o/

Je tiens à m'excuser pour le roman, cette fiche est écrite et retouchée depuis les vacances de Noël, forcément ça finit par faire un pavé >.< j'ai taillé du mieux que j'ai pu, raccourci de plusieurs pages, mais ça reste un pavé Lowl

Pardon donc Athos, puisque c'est toi qui me valides apparemment, j'espère que cette fiche te plaira quand même Pwease Bonne lecture !
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Est-ce que par hasard,
vous croyez que
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MessageSujet: Re: « Enfant dont la mémoire se souvient qu'elle descend des étoiles. » Aliénor. Lun 2 Juil - 21:02

Ah, ne t'excuse pas, ça a été un véritable plaisir. J'adore ce personnage, la façon dont tu en parles... Pis, c'est ma première validation ici, alors je suis tout excité, j'ai tout lu d'une traite ! Gaga


Félicitations à toi, femme du peuple, tu es validée ! Tu vas pouvoir te faire ta place à Paris - et pourquoi pas, dans l'Histoire !

Mais avant de te laisser aller vers ta destinée et de grandes aventures, voilà quelques endroits qu'il faudrait que tu ailles vite visiter :
✘ Viens te faire quelques amis par ici !
✘ Commence donc à rp par !
✘ Viens te trouver une maison dans ce sujet !
✘ Ne reste pas sans rang ! Viens en demander un céans !




« L'air est à vos poumons, ce que l'alcool est à mon esprit. »

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MessageSujet: Re: « Enfant dont la mémoire se souvient qu'elle descend des étoiles. » Aliénor. Lun 2 Juil - 21:07

cheers Laughing ** Gaga Athos Lovz

YAHOUUU, merci beaucoup ! Gaga Je suis toute contente que ça t'ait plu, et fière d'être ta première validation ;D (j'ai le droit de te dire que le "... and I need a drink" me fait marrer à chaque fois que je le vois ? Rire )

Bref, thank you again, et peut-être à bientôt en rp What a Face
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MessageSujet: Re: « Enfant dont la mémoire se souvient qu'elle descend des étoiles. » Aliénor. Lun 2 Juil - 22:30

* dégage tout le monde du chemin * PREEEEEEEEEEEEEEEEEEEUM'S !!! What a Face

Ma fiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiille ! * contraction de mâchoire et trésaillement de moustaches pour montrer son émotion et son excitation * Razz

Je suis heureux (ça se voit si regarde bien Razz ) de t'avoir parmi nouuuuuuuuuuuuuuuuuuuus !!! Heart

J'espère que tu ne seras pas malheureuse dans mon palais, je ferai en sorte que tu puisses vivre dans tes étoiles, ma chérie fille What a Face

Quant aux Descrières, bien entendu, ils sont morts ... Razz

Sur ces bonnes paroles, enjoyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy ! cheers Et ne fais pas trop avoir des cheveux blancs à ton père ! What a Face (Bon oki c'est foutu de ce côté là au sens propre comme au sens figuré ! Razz )



« A ta mort ! »
« A la tienne ! »
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: « Enfant dont la mémoire se souvient qu'elle descend des étoiles. » Aliénor. Mar 3 Juil - 8:34

Mais euuuuuh arrêtez de faire des romans, j'ai pas le temps de tous les lires Razz

Mais bienvenue par ici Cha, heureuse de te voir là (enfin ^^ ) **



"Tonight we are young.
So let set the world on fire
We can burn brighter than the sun."

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MessageSujet: Re: « Enfant dont la mémoire se souvient qu'elle descend des étoiles. » Aliénor.

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« Enfant dont la mémoire se souvient qu'elle descend des étoiles. » Aliénor.

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