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Armand du Plessis, cardinal de Richelieu

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MessageSujet: Armand du Plessis, cardinal de Richelieu Dim 6 Mai - 21:16


    Armand du Plessis
    par Michael Fassbender




    HALTE-LA !


    Où et quand êtes-vous né, voyageur ?
    -> J'ai vu le jour le 9 septembre 1585 dans la belle ville de Paris
    Où vivez-vous ?
    -> Dans le nerf du pouvoir, comment pourrais je être ailleurs ? Paris, Paris, toujours Paris ... J'y ai même mon propre palais.
    Et quelles sont vos origines ?
    -> Poitevines et j'en suis fier sachez le !
    Avez-vous un métier ?
    -> Deux pour être exact. Une position ecclésiastique et une charge ministérielle.
    Une occupation majeure ?
    -> Gouverner la France, doit en être une ...
    Non ? Alors si vous êtes noble, quel est ou quels sont vos titres ?
    -> Cardinal - duc de Richelieu et de Fronsac.
    Je vois…êtes-vous marié ? Avez-vous des enfants ?
    -> Marié ? Un homme d'église ? Vous n'y songez pas ! J'ai en revanche deux enfants, deux filles. Ne commencez pas à pousser de hauts cris, je n'étais pas encore ordonné à l'époque.
    Et votre visage, là, qui est-ce ?
    -> Ma foi un homme au visage impitoyable qui me reflète bien. J'ai nommé Michael Fassbender.






    Et toi, derrière cet écran, qui es-tu donc ?

    Comment te nomme-t-on par ici ? Lisa, on m'a jamais trouvé de surnom, tellement c'est court ! Oubliez Zaza hein !
    Et quel âge as-tu ? Je veux pas le dire madame ... pale
    Tu as découvert notre forum sur le net ? Par un ami ? Par un autre moyen ? J'ai aidé à le créer, il valait mieux que je le connaisse ce petit bébé fait à trois.
    Et pourquoi avoir choisi ou créé ce personnage, qu’attends-tu pour son avenir ? Vous rigolez ? Le grand Richelieu, c'est le pied à jouer ! Qui n'a jamais aimé jouer un rusé de grande classe hein ? Son avenir ? Bah, beaucoup de coup bas de sa part et des autres, c'est la vie et c'est surtout sa vie, pauvre malheureux ! Autant respecter ça ... Laughing
    As-tu une remarque à faire sur le forum ? Il a intérêt à avoir beaucoup de petits mioches, sinon je pète un câble avec mes deux collègues ! Voilà ! Razz Maintenant place aux choses sérieuses !




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Dernière édition par Armand du Plessis le Sam 4 Aoû - 20:12, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Armand du Plessis, cardinal de Richelieu Sam 30 Juin - 11:43


    PROLOGUE

    Je suis l'homme de l'ombre, mais point d'une ombre quelconque. Je suis l'ombre du pouvoir. Peut être d'ailleurs le pouvoir lui même. Je suis l'ombre menaçante qui plane sur vous à tout moment. Je ne suis que le fauve endormi qui vous guette à toute heure. Pour vous le rappeler, cette couleur qui partout me suit dans les couloirs du Louvre : le rouge flamboyant. Le pourpre comme un signal d'alarme préoccupant pour mes ennemis. Le pourpre comme les armoiries familiales des Du Plessis.Le pourpre comme le sang que je peux faire couler par un simple claquement de doigts. Vous m'aurez peut-être reconnu. Je suis Richelieu. Tout d'abord, l'enfant, le soldat, l'évêque, le père et enfin le cardinal-duc, l'impitoyable ministre. Celui que vous pensez tous connaître. Celui que beaucoup craignent. Celui que d'autres sous-estiment. Celui que la plupart haïssent. Celui contre lequel on complote, celui qu'on veut faire tomber, qui vacille parfois comme la Tour de Pise, mais qui jusqu'à présent a su toujours se redresser. Celui qu'on voudrait savoir six pied sous terre. Vous me verrez souvent, le regard impassible, le mâchoire décontractée, rien en moi trahissant une quelconque émotion humaine. Vous me verrez souvent lire des suppliques, et vous me verrez tout autant de fois les jeter au feu. Est-ce que je m'en montre fier ? Non. Mais un homme d'État doit savoir fermer la porte à la pitié. C'est ainsi. Ne cherchez en moi aucune once de remords. Ça serait bien vain bonnes gens. Je ne demanderai jamais pardon à ces mères, à ces enfants, à ces frères ou soeurs que j'ai privés d'un parent. On ne gouverne pas en larmoyant, l'exercice du pouvoir réclame une main de fer, un coeur de pierre, une tête froide. Si je dois un jour me repentir, je le ferai à mon seigneur et maître : Dieu, au moment de ma comparution devant Lui.

    Comment ? Que dites-vous ? Ma robe sied mal à mes fonctions réelles ? Je le sais. Ma robe sied mal au père que je suis ? Je le sais. Ce que vous ignorez peut-être encore c'est que ma robe me sied mal quoi qu'il en soit. Je vous le concède. Je n'étais pas né pour être celui que je viens de vous décrire. Ma destinée m'a choisi, je me suis incliné. J'ai été placé sur le chemin de l'Histoire et c'est terrifié, amer, passionné que je me suis laissé envahir par son tourbillon. De Richelieu âgé aujourd'hui de quarante ans, vous devinez sans doute tous les secrets. Je suis l'homme public, je siège à la droite du roi et en tant que tel, je suis victime d'une certaine popularité, bien qu'elle soit déplorable. Le revers de la médaille. Mais qu'en est-il d'Armand ? Qu'en est-il de l'élève ? De l'évêque de Luçon ? Oui bonnes gens, je ne suis pas né à l'aube de cette année 1625, contrairement à ce que vous semblez accroire. Permettez moi ainsi de me dévoiler à vos yeux … Je vous le demande comme une faveur. Au nom de la postérité ! On a tant écrit sur moi, et je parle si peu de moi que je vous conseillerai modestement d'en profiter. C'est mon privé que je vous propose de vous livrer, sans fausse pudeur, sans aucun mensonge. C'est monsieur de Champaignes qui est chargé d'embellir mon tableau, ne craignez donc pas cela de moi. Je suis sans doute mon meilleur juge, mais aussi mon meilleur avocat. Pour cette fois, cette seule fois, je vous conjure à m'accorder votre confiance.

    Remettons donc fort loin, lors du règne du dernier des Valois. Mais pourquoi ai je sollicité votre permission déjà ? Je vous entraîne dans mon sillage bonnes gens. Je ne vous laisse guère le choix. Vous avez tourné la première page chers lecteurs, je vous condamne à passer à la suivante. Au nom de la curiosité !



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MessageSujet: Re: Armand du Plessis, cardinal de Richelieu Mer 11 Juil - 0:41

    " " Les grands hommes que l'on met au gouvernement des Etats sont ceux que l'on condamne au supplice, avec cette différence seulement que ceux-ci reçoivent la peine de leurs fautes et les autres de leur mérite. "
    (Cardinal de Richelieu)


    Il le regarde, il le dessine, il le fixe mais ne le devine pas ... Tout dans la physionomie de cet homme aux tempes quelque peu poivre sel précocement, est indéfinissable. Le visage impénétrable, le regard perçant mais immobile, les lèvres obstinément closes. Le jeune homme se bloque, panique peut-être même ... Comment peindre un homme sous tous les profils sans lui donner une âme, ce serait illustrer une coquille vide, dessiner les contours d'une personnalité si unique pourtant. Une personnalité dont il souhaiterait aller au cœur même. Philippe de Champaignes se refuse à glisser sur cette surface trop lisse, ce silence le rend bien trop nerveux. Il doit pouvoir franchir cette carapace afin que son art se libère. Peut-être même que le modèle y trouverait là une occasion de se libérer de vieux démons. Audacieux et presque insolent, le jeune peintre ose. Il ouvre la bouche et la referme plusieurs fois puis les sons en sortent. Le modèle inspire autant de respect que de crainte. Un grand homme, ce n'est pas simple à interroger !

    - Pardonnez ma curiosité Votre Eminence, mais êtes-vous réellement natif de Paris, comme vous le prétendez ou poitevin comme d'autres l'affirment ?

    Un mince sourire s'afficha sur les lèvres du cardinal. Cela suffit pour que le corps de l'artiste se tende d'autant plus. Soit, il n'était pas vraiment fin dans ses intentions et son interlocuteur devait l'avoir percé à jour !

    - A votre avis monsieur de Champaignes ?

    Le malheureux haussa les épaules en signe d'impuissance.

    - Je l'ignore justement Votre Eminence, vous cultivez si bien le mystère.
    - Précisément ! Cultiver le mystère, c'est alimenter le doute et je me nourris du doute contre mes ennemis. A les placer sur plusieurs chemins à suivre, ils courent en tout sens. Ils perdent du temps, et j'en profite.

    Le jeune homme sourcilla légèrement fasciné et à la fois baigné dans l'incompréhension la plus complète.

    - Même au sujet du lieu de votre naissance ?
    - Ce sont parfois les détails qui font la différence, monsieur. Sur tout oui, sur tout qui me touche de près. Cela vous parait anodin, je le conçois, mais je veux paraître devant Dieu à l'heure de mon jugement comme le seul homme qui ait eu à sa connaissance ce genre d'informations. Je ne fournirai pas à mes ennemis l'opportunité de me connaître mieux que je ne les connais. Il faut toujours conserver une longueur d'avance sur eux.
    - Est-ce là, tout l'art de votre efficacité politique ? Ne jamais rien laisser au hasard ? Connaître tous les secrets d'autrui et rester l'homme énigmatique en retour ?
    - Là est peut-être en effet mon propre secret ...

    Le silence retomba. Le maître peintre se retrouvait face au maître de la France mais se sentait à ses côtés bien petit. Il en baissa même un instant les yeux puis revint à son chevalet, sa palette et ses pinceaux. Il songeait à quelle solitude, le pouvoir conduisait, également à quel degré d'intelligence l'ambition pouvait pousser un homme, mais à quels sacrifices en particulier. Ne jamais pouvoir se confier, suspecter ses alliés et ses amis, se taire, programmer, conspirer, un jeu d'échec à une échelle internationale et de chaque instant. Il plaignait Richelieu et l'idolâtrait. Une étrange sensation lui animait donc le coeur tandis que le coeur de la France posait pour lui.

    - Vous effraie-je ?
    - Ce serait nier l'évidence que de cacher à Votre Eminence que parfois elle peut glacer jusqu'au sang.

    Un second sourire se dessina en coin de bouche de Richelieu.

    - Vous parlez sans ambages. J'aime cette franchise que je rencontre si rarement. Puisque nous sommes dans l'intimité de votre atelier, je veux bien m'adonner à des confessions. Je suis celui à qui revient le rôle de soulager les âmes, échangeons donc nos rôles. Questionnez, je répondrai ... Dans la mesure où votre silence me reste acquis.
    - Je serai une tombe.
    - Je n'en doute point, vous n'ignorez pas que je puis moi même la creuser.

    Le cardinal calme et posé après une telle réplique vit que trop bien, la pomme d'Adam du malheureux déglutir. Le voilà prévenu. Il ne pensait pas l'artiste, bavard, mais l'avertissement ou plutôt la menace ne l'encouragerait certainement pas à le devenir.

    - On dit votre Eminence, que le roi Henri III a assisté lui même à votre baptême ?
    - C'est exact.
    - Est-ce votre naissance qui vous a valu un tel honneur ?
    - Non pas vraiment, nous sommes issus d'une famille de hobereaux, malgré ma grand mère qui se trouve être une Rochechouart. La raison reste toute autre puisqu'il s'agissait en vérité de l'amitié profonde que le dernier des Valois portait à mon regretté père François.
    - J'ignorais que votre père ... avait les faveurs du roi ...

    La langue de Richelieu claqua tel un fouet dans les airs. Agacé ? Peut-être !

    - Allons allons, quel que soit le vrai dans la réputation que l'on a bien voulu donner à Henri III, mon père ne faisait pas parti de son cercle de mignons dans le sens où vous l'entendez. Il fut un de ses proches dès les premières heures, le suivant même jusqu'en Pologne. Il en fit un chevalier de l'Ordre du Saint Esprit, et le prévôt de son hôtel, afin de le récompenser de sa loyauté sans faille.

    Le front du cardinal - Duc se plissa sous quelques rides. Nostalgie d'un père méconnu ? Sans doute ...

    - Mon père lui tint la main lorsque Jacques Clément le poignarda, et caprice du destin, ce fut Henri IV qui lui tint la sienne, lorsque la fièvre l'emporta au camp de Gonesse, devant les portes de Paris. Peut-être que le sort voudra que le roi que je sers soit également à mon chevet au soir de ma vie. Une bohémienne m'a prédit dans mon jeune âge, que nous nous suivrons de très près au tombeau.
    - Votre Eminence est un homme dans toute la vigueur d'une robuste santé, sa fin doit être bien lointaine.
    - Ne croyez pas cela ...

    Jusque là, les yeux du Cardinal fixant un objet invisible pour les besoins de la pose, venaient de se planter dans ceux de son interlocuteur.

    - Je suis né de constitution fort fragile, on m'a baptisé plus de neuf mois après mon premier cri car on doutait que je vive. Je n'étais d'ailleurs point important. Un troisième fils n'est guère celui dont on s'occupe. Je possède d'ailleurs en moi la maladie du diable (l'épilepsie) peut-être est-ce pour cela que l'on m'en donne le titre.
    - On prétend en effet que votre malice est démoniaque.
    - Qu'en pensez-vous, vous-même ? Vous qui prétendez me peindre, comment me dépeindriez-vous ?
    - Je pense que pour gouverner une cour jonchée de démons, même le plus saint des anges, devrait y sacrifier ses ailes, Votre Eminence.
    - Vous avez raison, si je ne suis pas le diable, je suis sans doute cet ange déchu, que vous décrivez. Et j'avoue posséder plus d'ambition que d'amour envers Dieu, que Dieu m'en pardonne.
    - Mais votre ambition est-elle personnelle, Monseigneur ?
    - Oser dire qu'elle ne l'est pas quelque peu, serait mentir, mais si je tiens à ma place aux sommets, ce n'est pas pour ma propre gloire, mais pour celle de mon pays. La France réclamait son instrument, je prétends l'être, orgueilleusement sans doute ... Néanmoins pour conserver cette position d'esclave au service de ma nation, je dois me battre contre ceux qui désirent me la voler. L'ambition nationale ne va donc pas sans une ambition propre.
    - Votre soif de pouvoir est donc, tout de même, pure.
    - L'enfer n'a t-il toujours pas été peuplé des meilleures intentions ?

    Philippe de Champaignes, de plus en plus troublé et captivé par cet entretien, entreprit de se mettre plus à l'aise et s'adossa à une colonne après avoir approché, son illustre hôte.

    - Oserais-je demander à votre Eminence, d'où vous vient cette rage, cette volonté de fer de vous retenir à la barre tel un marin pris dans l'oeil d'un cyclone ? La rumeur dit que vous n'oubliez jamais un affront et que votre vengeance est alors méthodique, glaciale et ne connait pas la pitié.
    - J'avais un oncle. Ce dernier eut la malchance d'être la victime d'un guet apens de l'un de nos voisins. Patiemment, décortiquant tel un chasseur peut le faire avec sa proie après la curée, chaque possibilité de revanche, mon père attendit ... L'homme était sur ses gardes, il ne commit aucune erreur, sauf peut-être celle-ci. Effrayé, il se déplaçait par des souterrains. Mon père décida de le piéger en investissant ce moyen de retraite ... là où confiant, l'homme ne l'attendait justement pas. Là où sa terreur se taisait et n'était plus aux aguets, le seul endroit où son oreille ne se dressait pas. Cette stratégie porta ses fruits, pris dans le traquenard l'homme tomba sous les coups de mon père. A trop vouloir fuir, on n'en affronte que davantage ce que l'on craint !
    - Est-ce cette tactique également que vous employez contre vos ennemis ?
    - Tout à fait ! Les attendre où ils ne m'attendent justement pas. L'assurance est un défaut, que ces grands personnages par leurs naissances et leurs positions qu'ils n'ont pas eu besoin de gagner, possèdent tous. Un orgueil inné là où je possède de la fierté. L'orgueil plus qu'un péché est une grossière erreur. Il pousse à sous estimer l'ennemi.
    - C'est là un stratagème presque militaire, tant il vise les fautes d'autrui.
    - N'oubliez pas que je l'ai été jeune homme ...
    - Ne commettez-vous jamais vous même quelques fautes ?
    - Qui n'en commet pas monsieur de Champaignes ? Je n'aurai pas cette prétention d'être plus qu'un homme. J'essaie néanmoins de transformer ces erreurs en forces ! Un rosier que l'on taille, n'en retrouve que davantage de branchages et de fleurs qui ne demande à éclore.
    - En somme, vous trompez pour mieux gouverner. Ces tiges que vous évoquez, sont vos mensonges ?
    - Le jeu de dupes, n'est-il pas le meilleur jeu du monde ? Si je pleure c'est pour mieux attendrir, si je me courbe, ça sera toujours pour mieux me redresser. Je pourrais s'il le faut en arriver aux pires extrémités pour conserver une main mise sur la cour. Rien ne me fera reculer !
    - Pas même la vie d'innocentes personnes ?

    La mâchoire du ministre se contracta tout à coup et il fusilla du regard son interlocuteur.

    - Vous vous mettez à la place du juge, je ne peux vous en vouloir. Je vous répondrais cependant en toute connaissance de cause, que la vie humaine est bien peu de choses face au rayonnement d'un pays. Si je devais sacrifier l'un de miens pour le bien du royaume, je le sacrifierai !
    - Un tel vide doit vous entourer Monseigneur. Un tel vide ...
    - Ne ressentez pour moi aucune pitié. J'ai accepté ce vide. Je sacrifie les autres à mes convictions profondes d'un grand état, mais je suis le premier sur cette liste de condamnés. Si le roi est l'âme de sa patrie, j'en suis son cerveau. Mais un esprit se torture, ne connait guère de repos, est rongé par les soucis, le corps en souffre et le coeur s'en emballe. Je suis l'eau qui vous parait calme mais un véritable torrent se déchaîne à l'intérieur de cette tête.

    Richelieu posa son index contre sa tempe pour alimenter son propos.

    - Un torrent qui met le feu à mes pensées, un incendie qui me brûle jour et nuit et me provoque des migraines terribles. Toutes ces douleurs, tout cet inconfort, toutes ces insomnies qui me laissent empreint de tremblements au petit jour, je les prends avec joie. Devrais-je m'en détruire !

    Bouche bée à présent, le jeune peintre écoutait le haut ecclésiastique dans son monologue. Déroutant personnage. Très inquiétant mais si ... admirable dans son abnégation. Il regretta par conséquent que le grand homme mette un terme à cette entrevue car le conseil du roi allait siéger dans quelques minutes. Champaignes parvint à le retenir, en l'interpelant, lorsque ce dernier posa sa main sur la poignée de la porte de l'atelier.

    - Monseigneur, reviendrez-vous ?

    La poignée s'affaissa quelques instants plus tard, et dans le même geste le menton de Richelieu sur sa poitrine. Une intense réflexion semblait l'avoir saisi.

    - Demain.

    Et il sortit. Sa robe pourpre traînant derrière lui, lui offrant presque une aura. Une aura de flamboyant mystère.




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MessageSujet: Re: Armand du Plessis, cardinal de Richelieu Mar 31 Juil - 14:25


    "Quis erit similis mihi ? " - Quelqu'un sera t-il semblable à moi ?
    (Saintes Ecritures - Epigraphe de la thèse de Richelieu)
    Permettez chers lecteurs, que je reprenne la plume, le cardinal est homme occupé et n'a pas pu se rendre à l'atelier de monsieur de Champaigne, le lendemain. Je ne vais tout de même pas vous laisser sur votre faim, et je vais tenter modestement de vous tracer avec le plus de fidélité possible, toutes les grandes lignes de l'existence de l'homme rouge. Nous ne pouvons contourner par conséquent une certaine lettre ... Une lettre synonyme de radical virage et qui scella autant que la bague sur la cire chaude, le destin d'Armand du Plessis.

    *********************************************
    Paris, 12 août 1594

    " Ma chère soeur,

    Je n'ignore point l'affection que vous portez à tous vos enfants. Pour les deux premiers d'entre eux, l'avenir est d'ores et déjà tout tracé. Henri est destiné à reprendre le flambeau de son père, votre regretté époux, quant à Alphonse, je devine qu'il devra bientôt endosser sur ses épaules, l'évêché de Luçon. Ils resteront à vos côtés ainsi que Françoise et Nicole, vos puinées. Demeure Armand, ma chère Suzanne, vous me l'avez souvent décrit comme chétif, malgré votre tendresse, vous m'avez confié cette crainte de ne rien espérer de lui tant sa santé était fragile. Pour l'avoir rencontré à Richelieu, l'été dernier, cet enfant m'a séduit ... Oserais-je le dire, en tout ! Son esprit ne demande qu'à éclore sous une bonne et solide instruction. Une éducation que je me propose de prendre en charge dans son intégralité. Vous allez très certainement tempêter, je ne connais hélas que trop bien votre fierté, il semblerait qu'Armand ait hérité cela de vous ! Je vous prie cependant de considérer la question au repos. Je serai largement rétribué par les notes et les récompenses qu'il obtiendra au collège de Navarre ! Il ne me décevra point et un jour prochain, nous nous féliciterons de ne pas avoir sous estimé ce garçon. Plus qu'un Richelieu, je sens en lui toute l'étoffe d'un de la Porte, la vivacité, la hardiesse, l'ambition. Sans doute nous étonnera t-il ! Réfléchissez ma soeur, réfléchissez ... Songez à son bonheur et peut-être à notre propre gloire!

    Votre frère affectionné,

    Amador.





    " Une soif de la louange et une crainte du blâme quasi obsessionnelles "
    (Michel de Pure - biographe du vivant de Richelieu)

    1597

    - Plessis ! Rendez-vous utile ! J'aurai besoin de vous pour la " sentencia " de cette semaine. Virgile me rend nerveux.

    L’interpellé, garçon d'une douzaine d'années était le meilleur de sa promotion. Premier dans toutes les matières enseignées au collège, il faisait l'admiration des uns, l'envie des autres. Il s’intéressait aux arts et aux sciences, excellait en grammaire, zélait en philosophie, s'entretenait en latin avec ses professeurs et traduisait déjà des auteurs de l'antiquité tels que Cicéron ou Quintilien. Une élève acharné dans le travail, sans doute trop ! Si bien que malgré les moqueries, certaines personnes présentes au collège davantage pour leur nom prestigieux que pour leur capacité, lui réclamait son aide. L'adolescent parfois cédait avec bienveillance aux demandes, mais cela dépendait du sentiment qu'il vous portait ... Et il ne portait pas particulièrement le duc qui venait de s'approcher de lui, dans son coeur. Un blanc bec qui l'avait humilié car il avait fait son entrée dans l'établissement sans précepteur attitré et sans valet. L'infortune familiale était connue de tous. Quelques jours plus tard son oncle lui avait trouvé les deux personnes à son service, mais cela n'avait guère calmé l'esprit belliqueux de certains camarades. Trois ans que cela durait. Fort bien ... A son tour de connaître les effets de la honte. Les lèvres de Richelieu s'étirèrent par conséquent dans un sourire charmant, qu'Amador de la Porte aurait davantage trouvé carnassier.

    - Bien sûr, asseyez vous Louis.

    Et ils étudièrent, Armand revêtant le masque d'une naïveté crétine aux yeux du duc. Il paraissait tel Jésus tendant la joue gauche après qu'on l'ait battu sur la droite ! Mot après mot, lentement donc mais sûrement, il distillait en lui, toutes les erreurs à ne pas commettre durant l'exposé oral où l'éloquence était à l'honneur ainsi que les citations d'auteurs. La note de ce sot allait chuter, plus qu'elle ne l'avait déjà fait sans lui. Leçon de dupes n°1 !

    Lorsque les maîtres tapèrent des mains pour qu'ils rentrent en classe, Armand s'assit se délectant d'avance de l'échec cuisant de son camarade. Humiliation qui ne tarda pas à arriver, à vrai dire un petit quart d'heure suffit et il fut bientôt la risée de toute la promotion. Les rires étaient à peine perceptibles, mais l'autre pouvait les voir sur tous les visages. Ses yeux se rencontrèrent et ceux du duc luisirent de haine non contenue. Armand venait de se faire son tout premier ennemi. Après les cours, il l'attendait d'ailleurs dans la cour de l'établissement, la rage écumant presque au bord de sa bouche. Il le souffleta de son gant.

    - Ne sommes nous pas trop jeunes pour nous livrer à un duel ?
    - Taisez-vous du Plessis, misérable hobereau, si je n'ai point d'épée, j'ai néanmoins encore la solidité de mes poings. Votre mâchoire pourrait dangereusement en pâtir, si elle les rencontrait.
    - Je n'ai jamais douté que vous aviez davantage de muscles que de cervelle, je vous remercie de cette réplique, si parfait exemple de vos capacités intellectuelles ! Allez donc monsieur ... provoquez ceux qui le souhaitent, je n'en suis pas. La stupidité des duellistes provoque en moi, l'envie féroce de trancher leur tête, puisqu'ils s'en servent si peu !

    L'autre resta un instant interdit ne sachant que répondre. Aussi n'en fit-il rien, mais en effet son gauche s'écrasa sans plus tarder au coin de l'oeil d'Armand de Richelieu. Aussitôt le chahut qui se fit aux alentours de cette bagarre de collégiens alerta les professeurs, qui mirent un point d'honneur à séparer les deux combattants. Le jeune du Plessis avait cédé à un élan et avait rendu coup pour coup ! Il se retrouva quelques instants plus tard, devant le bureau du directeur.

    - Monsieur, contrairement à votre camarade, bien trop dissipé pour poursuivre ses études parmi nous, je ne vous renvoie point ... Mais je n'ose vous dire la déception qui m'anime et dont vous êtes la cause ! Nous avons mis tant d'espoirs en vous et vous vous conduisez tel un poissonnier sur la place du marché ! J'espère que vous en rougissez ! On ne répond pas aux attaques par l'attaque, apprenez la subtilité et la patience si vous désirez venir à bout d'un ennemi. C'est là une bien meilleure méthode.
    - Oui monsieur.

    La tête basse, le coeur lourd, le visage pensif, Richelieu sortit de la pièce. Leçon de gouvernement n°1 !




    " Pour se grandir, ne pas être un autre que soi ! "
    (Richelieu)

    Paris, 1601

    Antoine de Pluvinel de la Baume passait pour le meilleur cavalier du royaume, il jouissait d'une réputation flatteuse et Henri IV l'avait nommé directeur de la Grande Ecurie. On enseignait dans son académie le maniement du cheval donc, l'escrime, la gestuelle des courtisans, le beau langage, les règles de courtoisie, l'élégance du corps, l'honneur, mais aussi la peinture, le dessin, la musique et la danse. Un parcours complet qu'à sa sortie du collège de Navarre, après avoir brûlé toutes les étapes de sa scolarité, Richelieu suivait avec assiduité, contre mille écus d'or par an. Son oncle là aussi, fier de son neveu, pourvoyait à tout. Cela faisait à présent plusieurs mois qu'il apprenait le maniement d'armes et bien que d'autres étudiants aient bien plus de facilité que lui, il avait un joli poignet. Néanmoins, c'est un tout apprentissage qui l'attendait cet après midi là. Le second de Pluvinel venait de lui apprendre qu'il était convoquait chez le maître. Il s'y était donc rendu et trouva le directeur le nez dans ses papiers.

    - Vous désiriez m'entretenir monsieur ?
    - Oui marquis. Votre escrime s'améliore de jour en jour. Je tenais à vous en féliciter.
    - Merci monsieur.
    - Cependant ... je ne peux que condamner les mensonges que vous osez me répéter sans vergogne, depuis votre arrivée.

    Le coeur battant, le jeune homme ne fit pas dévier pour autant son regard d'acier, qui resta fixé sur Pluvinel. Il ne savait que trop bien de quoi ce dernier parlait. L'autre profita de ce silence, pour se lever de son siège et le contourner plusieurs fois.

    - Alors ... allez-vous nier ?
    - Je ne nie rien !
    - C'est heureux, dans ce cas quel est votre véritable nom, marquis du Chillou et pourquoi une telle mascarade ?

    Armand s'interdit de déglutir et chassa d'un revers de la main un début de sueurs froides.

    - Je me nomme Armand du Plessis de Richelieu, je me suis inscrit sous une fausse identité car je tenais à votre estime.
    - Est-ce me la démontrer que me mentir de façon éhontée ?
    - Non monsieur, mais ma famille est si peu de choses, je désirais être quelqu'un à vos yeux.
    - Pourquoi ?

    Richelieu pourtant enclin à la philosophie, ne s'était jamais posée une telle question. Peut-être devrait-il songer à ses comportements ? Mais c'est même sans réfléchir qu'il répondit, comme par évidence.

    - Parce que je suis loin d'égaler un Bellegarde ou un d'Epernon que vous citez constamment en exemple.
    - Est-ce si grave que je les préfère à vous ?

    Oui ça l'était, mais non pas pour un orgueil démesuré.

    - Ils n'ont guère d'efforts à fournir pour vous plaire mais ils ne vous plaisent étrangement que davantage ... tandis qu'un mot d'encouragement parfois à ceux qui ne demandent qu'à être remarqué de vous est apprécié.
    - Tenteriez-vous de me faire culpabiliser ! Vous n'êtes qu'un envieux monsieur du Plessis !
    - Non monsieur, je suis désireux de la perfection et je ne la trouve pas auprès de vous, alors que je me tue à la tâche. Comme si j'étais pris dans une enveloppe transparente.
    - Pensez-vous obtenir mon admiration en vous faisant passer pour un autre ?

    Richelieu n'était pas de mauvaise foi.

    - Je l'ai cru songeant que les titres avaient autant d'importance ici qu'ils en avaient à mon ancien collège.
    - A mes yeux, un bel esprit et la valeur d'un homme ont davantage d'importance. Je haïssais le marquis du Chillou et ses allures prétentieuses, je pense que j'aimerai Armand du Plessis. Ne cherchez pas à vous grandir par des artifices, cherchez à devenir vous même. Et ne reniez jamais plus votre nom pour paraître plus que vous n'êtes, au contraire rendez grand votre nom, si c'est cela que vous désirez ! Votre audace et votre ambition me plaisent !
    - Mais elles conduisent difficilement à cette noblesse que vous nous prônez.
    - Mon but n'est pas de faire de vous un moine, ou de vous forger différemment, votre personnalité est modelée à présent. Ce que je veux faire de vous, c'est un homme loyal à lui même. Et si l'histoire doit un jour vous juger, qu'il puisse juger Richelieu et non pas Chillou.
    - Oui monsieur.
    - Vous pouvez vous retirer et reprendre vos exercices.

    Le moins que l'on puisse dire c'est qu'après cette conversation, Armand du Plessis signerait plus que jamais, tous ses actes, autant glorieux que répréhensibles.

    [Episode historique]




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MessageSujet: Re: Armand du Plessis, cardinal de Richelieu Jeu 2 Aoû - 13:56


    " J'accepterai tout pour la gloire de mon nom "
    (Cardinal de Richelieu)

    Château de Richelieu, 1602

    Mon bien aimé fils, mon cher Armand,

    C'est un coeur bien lourd que j'épanche en t'écrivant ces quelques lignes. La situation est en effet désespérée. Tu n'ignores pas que depuis dix ans, depuis la mort de ton grand oncle Jacques, l'Evêché de Luçon, notre terre de droit, est aux mains du curé Yver. Il ne s'agissait là que de placer un prête nom, le temps que notre famille prenne les rênes de notre bien. Je nourris aujourd'hui les plus vives inquiétudes à ce sujet. Nous avons pu éviter un procès que ce père Yver désirait nous intenter pour prendre possession du domaine, grâce à ton frère Louis, très en vogue à la Cour comme tu le sais. Néanmoins, à la seule condition qu'Alphonse, comme il a toujours été convenu par sa condition de cadet, soit immédiatement nommé à la tête de l'Evêché. Or, malgré sa dévotion profonde, Alphonse vient de refuser catégoriquement de coiffer la mitre. Il s'est enfermé à la Grande Chartreuse et est sujet à des crises de mysticisme aigües. Cela confine au dérèglement mental, je le crains, si bien que s'il revenait sur cette résolution, nos craintes ne s'évanouiraient pas pour autant. Il nous faut les rentes de ce domaine pour subsister ! Ce ne serait plus la banqueroute qui nous menacerait, mais la famine, l'opprobre si ces seize mille livres nous étaient retirés. C'est à ton amour filial auquel je fais appel. Tu es lettré et ton intelligence est constamment citée en exemple par mon si généreux frère Amador, j'ose par conséquent, te demander le sacrifice de renoncer à la vie militaire. Je sais ce qu'il t'en coûte, et mon âme saigne de te retirer de cette existence toute tracée et pour laquelle tu as fait tant d'efforts afin d'y briller. Je n'ai plus d'espoir qu'en toi, mon fils bien aimé. Le destin des Richelieu est entre tes seules mains.

    Avec toute ma tendresse,

    Ta mère affectionnée, Suzanne.





    L'Évêque de Luçon

    Extraits du journal intime du Cardinal de Richelieu pour l'année 1606,

    22 avril,

    J'ai visité ce jour, l'ensemble de mon diocèse. Dieu que cette terre en friche, et cette bâtisse font peine à voir. Deux semaines après avoir quitté les bancs de la Sorbonne, devrais-je subir cette désolation ? Certes, je suis à présent l'humble serviteur de Dieu, mais on ne réclame ici que de l'ouvrage matériel, auquel je ne suis guère habilité. Mon esprit mourra entre ces murs, comment tuer mes huit heures de travail quotidien avec si peu de matière à penser ? Qu'ai je à faire de la sous pente moisie, ou du cloché fissuré ? Je suis maître ès arts en théologie et en philosophie, non point en maçonnerie. Dieu, à tant de tâches ingrates, mon poignet se sentirait bien plus utile chez Monsieur de Pluvinel. Pardonnez-moi Seigneur tant de jérémiades, mais l'affection filiale fait parfois commettre bien des folies ! Je pense en avoir commis une, Luçon est décidément le pire lieu de France qui puisse exister. Fort heureusement, il ne s'agit pour l'heure que d'allers-retours avec la capitale.

    3 juin,

    J'ai rencontré ce jour d'hui, un personnage bien curieux, un certain François du Tremblay, il est désormais célèbre sous le nom de Père Joseph. Il a mis quelque peu d'agitation dans ma retraite bien trop paisible, malgré la préparation de ma thèse. Certes je prêche pour convertir ces quelques Huguenots de province, mais il me manquait une véritable mission à mener à bien. L'abbaye de Fontevrault, établissement pour jeunes filles nobles est à réformer, demande de madame d'Orléans, elle-même. Voilà qui tuera le temps, avant qu'il ne me tue.

    10 août,

    Ma mission s'achève et va très certainement me laisser un goût amer malgré un succès indéniable. Plus qu'un prêcheur, j'avais trouvé en la personne du Père Joseph, un ami, un confident qui mettait quelque peu d'épices dans mon existence morne. Je pense lui inspirer semblable sentiment. Nous sommes tous deux bien attristés de nous séparer, mais nous nous sommes faits la promesse de tenir une correspondance régulière. Je l'admire en vérité, je ne pensais pas que pareil attachement pouvait exister et qu'il pouvait être si profond. Un attachement, tel est bien le mot, je ressens en moi tel un fil invisible qui nous liera pour toujours désormais. Dieu m'est témoin et me pardonne, que jamais je n'ai ressenti cela pour aucun de mes frères, comme si davantage que les liens du sang, ceux du coeur étaient bien plus sacrés. Seigneur, conservez-moi dans les souvenirs de ce précieux ami et ne permettez pas que la Providence nous tienne trop longtemps loin l'un de l'autre.

    25 octobre,

    Je dois me rendre à Rome pour recevoir mon ordination. Les interventions des cardinaux Joyeuse et d'Halincourt n'ont guère porté leur fruit. J'ai appris que l'on ne doit rien espérer d'autre que de soi même. J'ai fait apprêter mon carrosse, je pars dès demain de Paris. il me faut obtenir de sa Sainteté la prêtrise, et que je n'entende plus autour de moi, ce surnom de " gentilhomme- évêque" qui ne fait que raviver la douleur d'avoir quitté le service de mon Roi. Le retrouverais-je un jour, cet honneur d'être utile à mon pays ?



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MessageSujet: Re: Armand du Plessis, cardinal de Richelieu Jeu 2 Aoû - 22:01


    " J'ai connu la colère, mais j'ai su la canaliser et l'apprivoiser. "
    (Cardinal de Richelieu)


    Rome, 17 avril 1607,

    Pater de caelis, Deus, miserere nobis.
    Fili, Redemptor mundi, Deus, miserere nobis.
    Spiritus Sancte, Deus, miserere nobis.
    Sancta Trinitas, unus Deus, miserere nobis.
    Sancta Maria, ora pro nobis,
    Sancta Dei Genetrix, ora pro nobis,
    Sancta Virgo virginum, ora pro nobis


    La litanie des saints, moment où toute la gravité de l'ordination s'intensifiait, venait de commencer dans une des cathédrales de Rome. A l'image du Christ, Armand du Plessis se tenait allongé et son menton demeurait posé sur le sol de marbre glacé, ses bras étaient écartés, comme si lui même avait été mis en croix. Sur l'un des bancs en bois, au sein de l'assistance, une dame aux cheveux d'ébène, au teint typique du pays assistait à la cérémonie. Son coeur saignait tandis que ses mains gantées caressaient son ventre déjà quelque peu arrondi. Elle aurait voulu crier et hurler sa détresse, empêcher ce désastre, mais le malaise du à son état aussi bien qu'au coup moral porté eut bientôt raison d'elle et elle chuta. Ce qu'elle avait désiré interrompre par le son de sa voix, le fut étrangement par le bruit que son corps sans conscience provoqua sur le prie Dieu. Aussitôt tous les visages se retournèrent, le silence se fit et Richelieu tenta un instant de détourner la tête dans cette direction, mais le Cardinal de Givry le lui interdit d'un simple regard. Sans doute, s'il avait pu faire ce mouvement, les choses auraient-elles changé ! Les voies du destin sont impénétrables ! Ce n'est qu'une heure et demie plus tard, après avoir été oint par l'eau bénite, fraîchement prêtre et Evêque, qu'il fut mis au courant. Aussitôt, il prit la direction du presbytère où la jeune femme reposait. Il se garda bien de courir, même si l'envie ne lui manquait guère. Il la trouva allongée sur un lit de fortune, sans doute d'un des diacres du cardinal. Il tamponna à l'aide d'un linge mouillé ses tempes et attendit qu'elle s'éveille. Lorsque la jeune femme ouvrit ses yeux d'un brun profond, elle le détailla de la tête aux pieds. Il portait désormais une soutane de teinte violette, robe qui convenait à sa position dans la hiérarchie de l'Eglise désormais.

    - Dio mio ! Non hai potuto ! (Mon Dieu, tu n'as pas pu ! )

    Elle se blottit convulsivement dans ses bras.

    - Pourquoi?

    Elle le frappa de légers coups de poings sur le torse, aussi lunatique et passionnée qu'il l'avait connue, lors du début de leur relation.

    - Laura, écoute moi ...
    - Non c'est toi ... qui vas le faire, je t'ai assez entendu, tu m'as assez charmée de tes mots lorsque j'assistais à tes audiences avec le Pape, pour me taire aujourd'hui. Sais tu bien ce que tu viens de faire ?

    Son accent était épouvantable mais Armand le trouvait toujours aussi charmant. Cette femme l'avait littéralement ensorcelée, lui qui n'avait connu guère que les livres et peu les plaisirs de la chair. Bien qu'il ne s'agissait point de luxure dès qu'il y associait le prénom de Laura. Passion était plus correct et l'amour également, bien qu'il se le dissimulait à lui même.

    - Je ne t'avais rien promis Laura, tu le savais ! Ma famille a besoin de moi ...
    - Au diable ta famille, ton nom, ton ambition ! Je te parle de ça !

    Sans plus attendre elle agrippa sa main et la força à se poser sur son ventre. Les yeux de Richelieu s'écarquillèrent et son coeur se mit à battre dangereusement. Son jeûn depuis la veille n'arrangeait guère la pâleur qui venait de gagner son visage.

    - Tu es ...
    - Oui et il est de toi !

    Retirant vivement sa main, son esprit se retirant pour cette fois, afin de faire place aux élans de l'âme !

    - Non ! Non ! Non !

    Il venait d'être ordonné et il allait bientôt être père ? Son poing eut le malheur de rencontrer une armoire, car il passa bientôt à travers. Son courroux était d'autant plus vif, qu'il était rare. Cette nouvelle lui mettait les nerfs à vif et surtout le faisait enrager, mais non pas pour ce qu'on aurait pu penser.

    - Comment ça non ?
    - Pourquoi ne pas l'avoir dit plus tôt ? J'aurais pu tout interrompre !
    - J'ai un époux, ne l'oublie pas !
    - Au diable ton époux, je l'aurais provoqué et je l'aurais tué !
    - Tu as horreur des duels !
    - Celui là n'aurait pas été stupide, puisqu'il aurait été pour toi ! Je vois une très nette différence entre un soufflet pour avoir perdu aux échecs et celui de se battre pour celle qu'on ... J'aurais pu faire de toi une veuve puis ma femme !
    - Ne me dis pas cela maintenant ! Maintenant que tout est devenu impossible ! Maintenant que tu as une autre femme, ta chère Eglise !

    Cette réplique parut leur broyer autant le coeur à tous les deux, mais Laura avait mille fois raison. Il fallait à présent se concentrer sur l'avenir et non plus rêver d'un passé à meilleure issue. L'esprit d'Armand refit surface.

    - Tu dois donner naissance à notre enfant loin de tous les yeux.
    - Aurais tu honte de lui ...

    Le regard d'acier de Richelieu fit taire à l'instant même Laura, qui ne savait que trop bien quelles limites ne pas franchir avec son amant. Ce sont ses yeux qui se baissèrent, elle savait qu'elle avait été particulièrement injuste. D'ailleurs Armand ne répondit pas un mot, un silence éloquent.

    - Ton époux peut demander ta tête, s'il est mis au courant, je connais un couvent de carmélites non loin de Rome, tu y seras en sécurité, nous irons dès ce soir. Prépare tes affaires.

    Laura se leva du lit et voulut enlacer et embrasser Richelieu. Ce dernier rejeta la tête sur le côté et recula de quelques pas pour ne pas permettre à ses bras de le toucher. Puis il sortit de la pièce non sans mal, mais il devait être fidèle à ses serments, il n'ignorait pas qu'il laissait Laura au comble du désespoir.




    Lorsque l'enfant paraît ...

    24 novembre 1607,

    - Monseigneur, la donna du Bayli de Cayla vous fait mander chez les carmélites.

    Son valet très fidèle depuis les bancs du collège de Navarre, qui pourtant n'était pas mis dans la confidence, venait de murmurer cette annonce à l'oreille de son maître. Maître qui assistait à l'office du soir, office qu'il ne pouvait décemment quitter tel un voleur, surtout lorsqu'il avait l'ostie à la main. Il se doutait bien qu'il s'agissait très certainement de la délivrance de Laura, car il lui avait bien recommandé de ne faire appel à lui qu'en cas d'urgence. Pour plus de discrétion. Aux yeux du mari trompé, il s'agissait là d'une retraite spirituelle nécessaire à son épouse, et ce dernier volage à souhait, n'avait rien trouvé à redire. Il la traitait partout de bigote, voilà tout. Par conséquent, il y avait donc urgence si elle avait jugé utile de le demander. Il balbutia dans son sermon et sa main trembla lorsqu'il leva la coupe du sang du Christ. Comment ne pas être nerveux alors qu'il était peut-être sur le point de devenir père ? Dès qu'il eut rejoint la partie attenante de l'église romaine mise à sa disposition, avant qu'il ne regagne Paris, il se dévêtit de sa soutane pour prendre des habits de civil.

    Une fois en selle, il lança le pauvre cheval au triple galop en direction du couvent. La nuit était tombée et quelques branches tandis qu'il traversait la forêt, lui griffèrent joues et cuisses. Il n'en avait cure, toutes ses pensées convergeaient vers Laura et l'enfant. Souffrait-elle ? Il se signa et pria du bout des lèvres qu'elle survive aux douleurs de l'accouchement. Trois quart d'heures de chevauchées plus tard, et aussi fourbu que sa monture, il se précipita vers la cellule qui avait été mise à la disposition de sa maîtresse.Les soeurs le congédièrent à l'instant même, cela ne se faisait guère pour un homme, d'assister à la naissance d'enfants. Il lui fallait donc attendre et il ne pouvait pas rester dans cette petite pièce à entendre ces cris perçants. Il sortit donc et fit plusieurs fois le tour du couvent, arrachant parfois l'herbe fraîche, tant l'angoisse l'étreignait. Lui même ne se reconnaissait pas, que lui prenait-il ? Lui qui n'était qu'impassibilité en toute occasion, un autre Richelieu naissait-il ? Le moment s'y prêtait bien ...

    Ce sont les cris d'un nouveau né qui le tirèrent de cette réflexion intense. Ses yeux valsaient de tout côté, comme s'il pouvait percer la nuit et les murs, pour voir son fils ou sa fille. Il avait dans cette expression quelque chose de définitivement touchant. En particulier, lorsqu'il se retrouva soudain statufié sur place. Il était père et la face du monde lui paraissait elle même changée, alors il le pouvait bien de son côté ! Il dut demeurer sur place, dix bonnes minutes, car une nonne sortit du couvent à sa recherche. Lorsqu'elle le trouva, elle lui fit signe de la suivre.

    - Est-elle en bonne santé ?
    - Excellente.
    - Et l'enfant ?
    - Vous feriez mieux de dire, LES enfants !
    - Pardon ?

    Deux ? Son coeur était décidément mis à rude épreuve ce soir là ! C'est encore incrédule que la nonne le fit entrer et referma la porte derrière lui. Il n'y avait plus à l'intérieur de la pièce que l'accouchée assoupie et dans deux berceaux de fortune, deux petits criards. Il s'approcha du premier et l'enfant lui tendit les bras, tandis qu'il battait des pieds. Que voulait-il exactement ? Maladroitement, Richelieu tenta de lui chatouiller le ventre, puis retira sa main, comme si cette petite crevette allait le mordre. En effet le bambin ne semblait pas se contenter de ce maigre acompte et hurla à plein poumons. Il se pencha alors un peu plus sur le berceau et plaçant ses deux mains sous les aisselles de l'enfant le souleva. Une fille qui s'aggripa à lui à la seconde même, dès qu'elle se trouva dans ses bras. Il ne devait pas s'y attacher ... il ne devait pas ... Trop tard ! Les risettes de la poupée venait de gagner son coeur. Tout à ce semblant de câlin, il n'avait pas vu Laura s'éveiller et prendre la seconde fille pour l’allaiter. Attendrie par le spectacle, elle n'avait guère osé parler, mais elle ne put se retenir davantage.

    - Celle là aura mon caractère et me fait songer à cette reine dont tu me parlais, celle qui est enterrée à Fontevrault, lorsque tu t'y es rendu en compagnie de ton bon ami Joseph ?
    - Aliénor d'Aqutaine.
    - Elle même, fière et déterminée, j'ai décidé de l'appeler Aliénor. Cela te convient-il ?
    - C'est charmant ...

    Il avait la gorge nouée et ne pouvait pas dire grand chose à vrai dire. L'émotion était bien trop vive ! Aussi ce fut en silence qu'ils échangèrent d'enfants pour que la dénommée Aliénor soit nourrie à son tour. Il avait pris la seconde enfant dans ses bras et contrairement à sa soeur, cette dernière était terriblement calme ...

    - Ton portrait parfait !
    - Que dis tu, elle s'est apaisée car tu lui as donné le sein. Voilà tout !

    Il avait ri, décidément il y avait des premières à tout et bien des miracles sous le ciel d'Italie, en cette soirée de novembre.

    - Cette enfant a mis plus d'une minute à crier après sa naissance. Crois moi, elle tient de toi ! Je n'ai jamais vu d'enfant plus sage et plus calme ! Une Richelieu !
    - Hermine.
    - Est-ce un prénom ?
    - Oui, mon blason est fait d'hermine et comme tu viens de dire que c'est une véritable Richelieu, j'ai songé que ça lui conviendrait.

    Laura acquiesça tandis que la petite Aliénor recommençait à crier.

    - Je te confie cette petite jalouse, il semblerait qu'elle soit aussi folle de toi que ne l'est sa mère.
    - Je ne peux pas les prendre toutes les deux dans mes bras.
    - Tu as deux genoux, il faut t'en servir, mon ami.

    Chaque enfant sur ses genoux, Richelieu chantonnait. N'aimait-il pas les arts après tout ? Une berceuse du Poitou endormit définitivement les fillettes dont les têtes tombèrent sur son torse. Richelieu ne bougea plus pendant des heures les admirant, il se permit seulement d'embrasser Laura sur le front. A cette minute, tout lui semblait encore permis, mais la dure réalité et les séparations n'allaient guère tarder à le frapper et à forger en lui une énième carapace, un énième masque de terrible froideur.



    Le suprême sacrifice

    Rome, 12 janvier 1608,

    - Monseigneur, nous devons rentrer à Paris ! Vous ne pouvez plus justifier votre retard auprès de Sa Majesté.
    - Je ne puis, je dois me rendre au procès de la donna du Bayla.

    Le valet leva les bras en signe d’impuissance, totalement dépité. On ne persuade pas un Richelieu comme on le souhaite ! Il ne tenta même pas d’insister et l’accompagna en silence dans les rues de Rome en portant la longue traîne de l’Evêque. Une vingtaine de minutes plus tard, ils pénétraient tous deux dans un palais dont la salle principale était transformée en tribunal improvisé. Au centre, la jeune femme qui avait retrouvé sa ligne de guêpe, mais dont le mouchoir en dentelles à la main trahissait les pleurs. Face à elle, trois hommes à la mine lugubre. Le verdict ne faisait aucun doute, mais Richelieu espérait de cette énergie du désespoir.

    - Répondez donna Laura ! Pourquoi avoir commis un tel acte ?
    - Je désirais vivre pleinement avec l’homme que j’aime.
    - Et pour votre liaison adultérine scandaleuse, vous étiez prête à mettre en péril votre propre vie.
    - Je lui donnerai la mienne volontiers, je l’aime plus que mon existence …
    - Qui est cet homme ?
    - Je ne vous l'apprendrai jamais, vous pouvez tout me prendre, sauf mon secret !

    Armand du Plessis dut déglutir mais la scène l’hypnotisait tant par ses propres sentiments face à cet aveu, tant par la peur de la perdre, qu'il ne s'en rendit pas même compte.

    - Contez nous les détails de cette soirée, puisqu’il apparait que vous ne niez point les faits.
    - Je plaide coupable oui !

    L’italienne venait de relever la tête fièrement et de planter son regard sombre dans celui de ses juges.

    - Passons, et parlez-nous des circonstances !

    - Elles sont simples signori, mon époux était sorti pour rencontrer une de ses nombreuses maîtresses, puisque lui avait le droit de trahir les liens sacrés du mariage apparemment. Je l’ai attendu des heures … Lorsqu’il est rentré, ivre comme de coutume, je me trouvais derrière la porte et je n’ai vu en lui qu’un obstacle à mon bonheur. Eussé-je hésité, que ma résolution s’en renforça plus que jamais, j’ai pris une dague accrochée au mur et je l’ai plantée entre ses omoplates.
    - Et vous n’avez aucun remords ?
    - Aucun !

    Richelieu baissa la tête, son ancienne amante creusait véritablement sa tombe. L’illusion d’une issue heureuse s’évanouissait. Les délibérations furent courtes, chose si prévisible. Les juges revinrent et celui placé au centre resta debout pour annoncer le verdict.

    - Donna Laura du Cayli, nous vous reconnaissons coupable du meurtre de votre mari, il signore Paulo du Cayli. Nous vous condamnons à la mort par décollation, votre corps sera exposé par la suite pendant quarante jours au gibet et votre tête placée sur une pique. Que Dieu ait pitié de votre âme !

    Armand du Plessis sentit s’affaisser sur son âme le même coup de hache promis à Laura. Il ne pouvait rien faire … La mère de ses filles, de ses filles dissimulées allait mourir de manière tout à fait atroce. Quel cauchemar !

    ***************************************

    15 janvier 1608,

    Les grilles de la cellule grincèrent. L’homme vêtu d’un manteau violet, fit quelques instants plus tard irruption à l'intérieur. Lentement, comme si chaque pas lui était insoutenable. D'ailleurs il resta longuement sur le seuil de cette porte de fortune, son regard d'aigle perçant l'obscurité de cette prison. La mâchoire contractée, il la vit enfin, cette silhouette à l'allure misérable. Une silhouette féminine qui tête baissée, ne paraissait pas même l'avoir aperçu. C'est tout aussi silencieusement et péniblement que le visiteur descendit les quelques marches, qui conduisaient jusqu'à elle. Un sol infesté de rats et de paille datant de plusieurs jours. C'est d'ailleurs le cri qu'émit l'un des rongeurs, qui provoqua un sursaut à la jeune captive des lieux. Aussitôt, elle leva le bras comme pour se défendre d'un éventuel agresseur. Le cœur poignardé qu'elle ait eu une telle pensée, l'homme se précipita soudain vers elle et se mit à genoux pour être à sa hauteur.

    - Laura … Comment peux-tu penser que je te veuille du mal ?
    - Armand, c’est toi !
    - Oui je suis venu pour t’assister.

    Elle se jeta dans ses bras si bien que ses bras ne semblaient guère pouvoir se détacher. La jeune italienne digne à l’énoncé de sa condamnation, fière lorsqu’on lui avait remis les fers aux mains comme aux jambes, fondit en larmes.

    - Si c’est l’homme d’église qui veut me confesser, pars …

    Elle le repoussa légèrement mais à cette réplique, l’évêque de Luçon ne la laissa pourtant pas lui échapper et lui ayant agrippé le bras l’attira de nouveau à lui.

    - C’est le père de tes enfants qui veut te faire savoir les sentiments qu’il te porte et combien le remords le ronge.
    - Ce n’est pas ta faute, tu ne m’avais rien promis, tu n’as pas mis la dague dans ma paume. Tu t’es proposé de le provoquer. Cela aurait été mieux. Tu n’aurais pas été jeté dans ce cul de basse fosse. J’ai décidé de le tuer, pas toi !

    Il retenait ses larmes et ce n’était guère facile, mais il était Richelieu, Richelieu réputé impassible et surtout insensible ! Un homme forgé pour être le meilleur en tout, sauf en matière de sentiments.

    - Je suis malgré tout responsable.
    - Tu ne m’as pas violentée, je t’ai aimé à la folie et c’est pour cela que j’ai cédé à la folie d’un instant, je ne peux pas t’en vouloir si tu étais moins attaché à moi que je ne l’étais.

    Richelieu saisit la tête de Laura entre ses mains.

    - Je serai capable de toutes les folies, si cela épargnait ce si beau cou d’être tranché !
    - Vraiment ?
    - Comment peux-tu en douter ?

    Laura étouffa des sanglots quelques instants, puis désigna en silence, de ses doigts crasseux le recoin derrière Armand. Il se dirigea dans cette direction, et retira la paille qui obstruait un petit trou creusé dans la pierre. A l’intérieur se trouvait une lame. Richelieu dévisagea sa maîtresse d’un air incrédule.

    - Comment as-tu obtenu ça ?
    - Je l’avais cousue dans mon jupon, sachant fort bien ce que serait mon sort. Je n’ai pas eu le courage jusqu’à présent …

    Le courage de quoi faire exactement ? Il ne le devinait que trop bien mais ne voulait pas l’admettre.

    - Je suis bonne catholique et ne veux pas attenter à mes jours.
    - Je te le défends bien, tu subirais les flammes de l’enfer ad vitam aeternam.
    - Justement … Tu peux faire que je ne subisse pas !

    Le front de Richelieu se baigna tout à coup de sueurs froides.

    - Tu n’attends pas de moi que je … Tu ne me demanderais pas de …

    Le silence fut éloquent. La bouche d’Armand ne se crispa jamais autant ! Si, elle désirait vraiment qu’il la tue lui-même. Comment pouvait-elle réclamer à l’homme de Dieu qu’il était, à l’homme amoureux qu’il restait de planter cette lame dans son corps ? C’était inhumain ! Mais Laura debout, déjà s’avançait déjà vers lui. Il ne pouvait plus faire un geste.

    - Tu viens de me dire que tu ferais tout pour m’épargner ce supplice.
    - Je songeais à une évasion …
    - Nous sommes au sein de la prison la mieux gardée du pays, nous ne ferions pas un pas. Il n’y a aucune issue. Je vais mourir …
    - Je m’y refuse.
    - Je vais mourir …

    Et elle continuait à approcher à pas de loups, comme pour l’apprivoiser et le conforter dans cette idée. Armand du Plessis, toujours magnifique dans ses débats et ses discours, venait de sombrer dans un mutisme de mort. Lui-même ressentait la mort lui pénétrer l’âme. Il était glacé comme un défunt !

    - Je préfère mourir de ta main, Armand que de celle du bourreau. Tu es un homme d’armes, tu as été un soldat, ta main est sûre, tu sauras faire que je ne souffre pas !

    Ca en était trop, des pleurs assaillirent les yeux de Richelieu.

    - La dernière image que j’aurais sera celle de ton visage et non celle de badauds rassemblés, comme des chiens pour la curée. Tu ne peux me refuser ça.

    Elle se tenait à présent à seulement quelques centimètres de lui.

    - Frappe moi Armand, tue moi puisque je te le demande.
    - Je … Je …
    - Tu ?
    - Je … t’aime …
    - Tue moi alors par amour ou par pitié … Veux tu me voir monter à l’échafaud ?
    - Non, bien sûr que non ! Mais ce que tu me demandes me tue moi même !

    Sans plus attendre, elle plaça elle-même, le bout de la lame sur son cœur et prit sa main dans la sienne.

    - Je t'en supplie ! Frappe Armand … ne tremble pas. Mourir par toi est une douce mort, ne culpabilise pas, tu ne commets aucun péché. Frappe …

    Ce regard suppliant, cette pression sur sa main fit qu’il obéit. Il planta la lame dans l’organe qu’elle lui avait désigné. Elle ne souffrit que l’espace de quelques secondes et aurait chuté aussitôt, s’il ne l’avait pas rattrapée dans ses bras pour la serrer et la serrer encore en la berçant. Il dut caresser ses cheveux durant plus d’un quart d’heure, pleurant tout son sou. La mère de ses filles était une criminelle et lui avait demandé de mettre fin à ses jours, comment pourrait-il faire mention de Laura devant elles ? Surtout lorsque Dieu lui imposait une nouvelle épreuve très bientôt, celui de se séparer des deux enfants. Il ne pouvait les garder. Néanmoins, pour l’heure, il ne voulait songer qu’à la seule femme qui avait su ravir son cœur. Il remonta à la porte de la prison et tambourina pour alerter les soldats. Ceux-ci ne tardèrent point à faire leur apparition.

    - Cette jeune femme est morte.
    - Suicide ?
    - Oui.
    - Gardes, portez la à la fosse commune.
    - LAISSEZ !

    La voix de l’Evêque de Luçon venait de résonner, implacable, si bien que ses interlocuteurs se figèrent à l’instant même devant cette autorité naturelle.

    - Vous voudrez bien faire porter le corps à la cathédrale San Giovanni, j’ai promis à cette malheureuse d’être son exécuteur testamentaire. Je me chargerai de son enterrement.
    - Mais …
    - Combien désirez-vous pour ce labeur, puisqu’il semble autant vous coûter ! Combien me coûtera-t-il ?

    Et ils se mirent d’accord, quelques heures plus tard, le corps sans vie de Laura du Cayli était conduit sous un drap dans une charrette, au lieu indiqué. Laura aurait une tombe, il falsifierait son nom pour préserver l’Eglise et aussitôt l’enterrement effectué, il quitterait cette terre italienne maudite pour rejoindre Paris.





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Dernière édition par Armand du Plessis le Sam 4 Aoû - 13:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Armand du Plessis, cardinal de Richelieu Sam 4 Aoû - 13:14


    Le roi est mort, vive le roi !

    Basilique Saint Denis, mai 1610,

    " Notre roi très aimé et très grand, Henri quatrième du nom, a rendu son âme à Dieu. Une âme généreuse poignardée d'une main homicide, régicide, patricide. Lui qui fut un si bon père pour ses sujets, ainsi que pour ses enfants ... "

    Armand du Plessis s'interrompit l'espace d'un instant, si l'assemblée de princes et de nobles réunis en ces lieux, songea sans doute à une sorte de ponctuation, il n'en était rien. L'évêque de Luçon débordait d'émotions. Il aimait profondément ce roi, ce roi dont il était chargé d'accomplir l'oraison funèbre. Sa mort tragique l'avait foudroyé, il l'avait apprise de la part de son doyen qui ne mettait guère des gants lorsqu'il annonçait une quelconque nouvelle. Ce Ravaillac ne méritait pas moins que les flammes de l'enfer pour son geste. Mais davantage que la perte de son souverain qui le nommait " mon évêque " avec une certaine affection, ses pensées convergèrent vers ses deux filles. L'une se trouvait en Bretagne auprès de bourgeois et il ne l'avait guère revue depuis son adoption, l'autre était ici même en compagnie de Bassompierre, son nouveau père. Evoquer l'amour paternel d'Henri IV pour l'ensemble de tous ses enfants, ne pouvait que lui remémorer l'abandon des siens. Il n'était pas roi, ce que ce dernier pouvait se permettre, il ne le pouvait pas. Il était homme d'église et nous n'étions plus au temps des Borgias. Durant ces quelques secondes de silence, son regard se dirigea vers la fillette de trois ans vêtue de noir. Hermine. Mais il devait néanmoins se reprendre, le temps des regrets ne devrait jamais venir ! Cela faisait longtemps que son coeur s'était durci plus qu'il ne l'était déjà. Ses traits reflétaient parfaitement cette apparente sécheresse aussi bien que son intelligence. On se méfiait déjà de lui.

    " Nous ressentons toutefois un contentement indicible, de ce qu'il a plu à Dieu, de nous donner, la reine pour régente de cet Etat. Nous espérons que la sagesse d'une si vertueuse princesse maintiendra toutes choses où la valeur et la prudence du plus Grand Roi, que le ciel eût jamais couvert, les avaient établies. "

    Après avoir évoqué les grandes lignes héroïques de l'existence du défunt et avoir exhorté la noblesse à jurer fidélité à la régente, Richelieu satisfait d'un discours sans trop de langueurs descendit de la tribune. Il y retrouva son frère aîné Louis, courtisan fort apprécié, qui sourcils froncés l'agrippa par le bras et le conduisit à l'abri des regards. Chose qui ne fut pas vraiment difficile, puisque tous suivaient la dépouille royale jusqu'au tombeau des Bourbons.

    - Où as tu la tête Armand ?
    - Je ne comprends pas.
    - Le passage mettant en valeur la Médicis était presque indécent, prématuré et superflu.
    - Je désirais lui promettre la loyauté du clergé de mon diocèse et de notre nom.
    - Mon pauvre frère, la régente n'a que faire du serment d'allégeance du misérable évêque de Luçon, tu es à la tête du plus pauvre diocèse de France.

    Le rouge empourpra les joues d'Armand. Il venait en effet de commettre un impair, il ne connaissait pas encore très bien les rudiments de la cour et avait à apprendre sur la politique. La pratique devait succéder à la théorie. Il manquait encore d'expérience, il devait bien se l'avouer.

    - Si tu veux te faire bien voir par cette dernière, je te conseillerai plus de subtilité ... La cour n'est que lieu de menteries et de messes basses. On obtient le pouvoir marches après marches. Tu n'as fait que brûler les étapes, reprends toi !

    Dépité des répliques acerbes de son frère, il prit le parti de se concentrer sur l'aspect positif de son séjour à la cour. Il avait été à même d'observer l'entourage de la régente, la maîtresse du royaume. Si l'équipe ministérielle restait en place, la brusque faveur de Concini et de Léonora Galigaï donnait à penser. C'est eux qu'il faudrait approcher. Plaire aux uns et il plairait à la reine. Il ne manquait à Richelieu que l'occasion. Cette fois, il décida d'attendre et repartit pour Luçon. La discrétion est un atout maître, il ne devait pas éveiller les soupçons et agir dans l'ombre. A ce sujet, il n'avait besoin d'aucun conseil, il l'avait compris depuis bien des années. Son frère n'avait fait que lui remettre les pendules à l'heure.




    Les Etats Généraux

    Octobre 1614,

    Fermement décidé à ne plus commettre de démarches intempestives, Richelieu était resté à l'écoute depuis plus de quatre ans, se tenant informé de l'évolution des évènements. Evènements qui se gâtaient. Il se rappelait également au bon souvenir de ses amis parisiens , profitant de chaque circonstance pour se mettre en valeur et affirmer son zèle envers la royauté. Rien ni personne n'était à négliger dans une course menée par l'ambition. L'évêché de Luçon, aussi misérable soit-il montrerait bientôt son importance capitale dans le royaume. En 1611 par exemple, catholiques et protestants étaient rentrés en conflits. Un homme avait été envoyé pour apaiser les différends. Armand s'était aussitôt mis à sa disposition. L'aubaine était bien trop palpable pour la laisser filer. Plus que son aide, il offrit au secrétaire d'état pour les affaires intérieures, de le renseigner sur le comportement huguenot de la région. Tant de zéle de sa part ne pouvait passer inaperçu au gouvernement, en particulier depuis que ce dernier était en très mauvaise passe. Richelieu décida qu'il était d'ailleurs temps de s'immiscer dans la brèche. Il était revenu à Paris l'an passé, après trois années d'exil volontaire pour renforcer la position de son évêché. Il s'était présenté à Concini pour proposer ses services et par écrit s'il vous plait. Le maréchal d'Ancre ne repoussa pas l'offre mais quelques mois passèrent avant qu'elle fut suivie d'effet. Il avait d'autres problèmes en tête, la révolte des grands seigneurs et celle du peuple écrasé d'impôts.

    Richelieu avait flairé depuis plusieurs semaines, l'issue de ce conflit et malgré la signature d'un traité entre rebelles et Marie de Médicis, la réunion des trois ordres ne pouvait être contournée. Il fallait agir vite et bien. Grâce à ses relations, comme quoi les plus insignifiantes peuvent changer un destin, il fut mis officieusement au courant de cette décision d'Etat. Il devança ses rivaux éventuels et mit ses amis à contribution. Il pouvait tabler sur l'appui total de l'évêque de Poitiers, il n'hésita donc pas à faire appel à lui. Son influence était considérable. N'ayant pas les talents d'orateur de Richelieu, il n'avait pas posé sa candidature pour être représentant du clergé, mais ils s'honorait de l'amitié d'Armand. Aussitôt il l'assista dans son élection ! Richelieu la remporta haut la main, il n'était plus désormais le si peu connu évêque de Luçon, mais dépositaire du clergé poitevin. N'était-il pas prometteur de revenir à Paris comme député d'une province dont personne ne conteste la si grande importance politique, par le voisinage de la Rochelle : ville Huguenote.

    A ce moment crucial de son existence, Richelieu a vingt neuf ans. Il pénètre dans la salle où tous les regards convergent vers le dais fleurdelisé, et en particulier le sien. Il a gardé la sveltesse d'un jeune homme et ce port altier qui le distinguait entre tous. Son visage pâle, grave est mis en valeur par un grand col de dentelle. Il a les cheveux noirs, un front imposant, une moustache aux pointes relevées " à la soldate " Les lèvres sont aisément souriantes et tempèrent l'aprêté du visage non encore émacié par l'âge et par la maladie. Les yeux sombres, parfois voilés, sont fascinants ou caressants, selon les circonstances. C'est l'un de ses atours majeurs. Il l'utilise dès son entrée à volonté. Il a pleine conscience de sa valeur et de la certitude de parvenir au sommet. D'une certaine manière, il incarne tout ensemble, le clergé, la noblesse et le tiers état. Il tient de ses ancêtres Richelieu, l'audace, le besoin d'agir et de décider. Des La Porte, le sens des affaires et de la loi. Quant à sa robe violette, elle est en somme, sa carte de visite. Elle est aussi une garantie en cas de revers de fortune. Sans avoir sur lui aucune dague, aucune épée, il est malgré tout armé de pied en cap. L'arène du pouvoir s'ouvre à lui, et il allait y briller par un discours resté dans les mémoires. En particulier dans celle de la régente. Un succès d'envergure. Tous les éloges aux termes de ces journées interminables, étaient pour lui. Les applaudissements étaient unanimes. On estimait qu'il avait exprimé le mieux, les voeux de l'Assemblée. Rares étaient ceux, qui avaient remarqué qu'il avait surtout parlé pour lui même. Leçon de dupes n°2 ! Que l'on ne donna pas suite aux propositions des états généraux, était un échec qui lui importait fort peu. Sa propre réussite l'aveuglait. Cette idée lui permettait de ne plus songer à une mère mourante, à une femme qu'il avait aimée et tuée par pitié, ni à ses deux filles ...




    Première charge
    Octobre 1615,

    Un an de silence, l'effervescence de la cour était retombée, Richelieu apprenait depuis l'ingratitude des grands. Toute épreuve pour lui était synonyme de leçons, la politique ne l'aurait au final intéressée que peu, si il n'avait pas eu que ce moyen de se sentir utile à son pays. Il ne le pouvait plus par l'épée. Une seule voie lui restait possible, une voie semée d'amertume. Il en tomba malade, une de ses nombreuses fièvres et ses vieux démons refirent surface. Il en délira quelques semaines. Il les vainquit néanmoins, son tempérament lui interdisant de se laisser abattre et ... il patienta. Il connaissait désormais cet art à la perfection. Il reprit ses activités d'évêque loin de tous les regards. C'est étrangement, lorsque la résignation avait pris le dessus sur lui, où il avait convenu de rester à sa petite échelle, tant qu'elle demeurerait échelle malgré tout, que le destin frappa à sa porte. Sous la forme d'un messager et plus précisément d'une lettre qu'il décacheta aussitôt.

    " Par décision de la reine mère, régente du royaume,

    Nous humbles serviteurs du gouvernement de Sa Majesté, Louis le Treizième, nommons Armand du Plessis de Richelieu, Evêque de Luçon, à la charge d'aumônier de la reine Anne. Il prendra ses fonctions aussitôt les festivités matrimoniales achevées. "


    Sous l'effet provoqué par cette annonce, Richelieu froissa la lettre. Il mettait enfin un pied à la cour, qu'importait si c'était pour servir une petite infante venue d'Espagne et tout juste sortie de l'adolescence, bientôt il y aurait les deux bien ancrés.



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MessageSujet: Re: Armand du Plessis, cardinal de Richelieu Sam 4 Aoû - 15:16


    " Votre Majesté reçoit donc des traîtres ? "
    "Il vaut mieux les recevoir, que d'en faire des ministres!"

    (Conversation de Louis XIII et Concini au 23 avril 1617, veille de l'assassinat de Concini )

    Avril 1617,

    Comme il l'avait prévu, grâce à ses capacités et ses relations, Armand du Plessis ne mit guère de temps à obtenir un autre poste. Depuis cinq mois, depuis très exactement le 25 novembre de l'année 1616, il était devenu secrétaire d'état. Il s'était rendu par conséquent chez l'un de ses amis, ou du moins chez un allié, pour y prendre le déjeuner, lorsqu'un marquis de la cour fit irruption dans la pièce sans se faire annoncer.

    - Concini est mort ! Le Roi l'a fait tuer ce matin !
    - Comment ?

    Si l'hôte des lieux réclamait abasourdi des explications au sujet de ce coup d'état, car il en s'agissait bel et bien d'un, Richelieu restait pétrifié et muet. La nouvelle avait de quoi tétaniser, même un homme de sa trempe. Le roi Louis XIII avait pris le pouvoir et depuis cinq mois, il demeurait le serviteur loyal de Concini. Il ne se faisait plus d'illusions sur son poste qui devait déjà être pourvu par un quelconque fidèle du souverain, mais il risquait sa tête. Lui ? Décapité ? Ses pensées l'assaillaient sans pitié et il dut bien reconnaître qu'il avait joué là, une très mauvaise carte. Comme tant d'autres seigneurs du royaume, il avait sous estimé le jeune roi peu au fait de son métier. Grossière erreur. Que faire aujourd'hui ? Fuir ? L'affronter ? Le supplier ? Pleurer ? Il pouvait se montrer sensible lorsque les circonstances le réclamaient, un masque de larmes, plutôt que sa tête sur le billot ! Pour l'heure, il jugea une fois encore, d'attendre la suite des évènements. Il s'enferma dans son prieuré durant quelques jours et suivit de ses fenêtres, les outrages que l'on fit subir au corps du Maréchal d'Ancre. Rien ne semblait pouvoir apaiser ni le peuple, ni le roi. Fort heureusement, Luynes, favori du souverain et instigateur du crime, demeurait un précieux atout. C'est lui qui intercéda en sa faveur et lui obtint une audience auprès de Sa Majesté. S'étant agenouillé devant lui, celui qu'il allait servir contre vents et marées l'écrasait de sa haine.

    - Monseigneur l'Evêque, j'ai fait exécuter par mes gens le principal ministre de ma mère, j'ai fait embastiller Mangot, je garde à vue Barbin, j'ai saisi tous les papiers des serviteurs de Concini et ma mère est confinée dans ses appartements. Savez-vous donc pourquoi je vous épargne ?

    Richelieu face à cette voix sévère, baissa davantage la tête. Le roseau doit savoir plier pour mieux se redresser. Il devait faire preuve d'humilité.

    - J'attends respectueusement que Votre Majesté me l'apprenne.
    - Votre robe, cette robe qui m'interdit à moi, le roi très Chrétien sans déplaire fortement à Sa Sainteté, de vous juger ou de vous condamner. Je n'en ai point le droit et je respecte cet habit. Je dois le vénérer tandis que je vous exècre.

    Les choses ne pouvaient pas être plus limpides. Sa haine était en effet palpable. Que répondre à cela. Hardi parfois, Armand du Plessis osa malgré tout rétorquer, au risque de sa vie. Son frère Louis lui avait plus d'une fois reproché, ce franc parler qu'il devait étouffer depuis, pour les affres de la politique. Ce serait tant pis pour cette fois ... il serait sincère !

    - Le Maréchal d'Ancre était la France, en le servant je n'ai servi que mon pays Majesté, en suis-je donc indigne ?
    - J'étais la France, je suis la France, vous me déviez allégeance !
    - Je vous l'ai offerte le jour de la mise en bière du feu roi votre père, qui m'avait fait l'honneur de son estime et je ne me dédie pas ! Les Richelieu n'ont jamais démérité et ont servi vos révérés ancêtres depuis Charles V le Sage. C'est aujourd'hui injuste de la part de Votre Majesté de prétendre que j'ai failli à mon serment et à mon nom !
    - Vous vous oubliez Luçon ! Je suis seul juge des faits et gestes de mes sujets, je décide de ce qui est juste, cela n'appartient qu'au roi.
    - Non Sire ... c'est le roi qui appartient à la justice ! Votre aïeul la rendait sous un chêne et s'accordait le temps de l'écoute. Vous me prêtez des intentions indignes, vous m'accablez de votre ressentiment sans ouïr le moindre de mes propos.
    - A t-on écouté les miens ? Devrais-je oublier ces perpétuelles humiliations perpétrées à mon encontre par l'ensemble du gouvernement de ma mère ?
    - Je ne pense pas avoir jamais commis pareil affront à Votre Majesté, Dieu m'en soit témoin ! La vengeance contre tous peut conduire à l'injustice contre un seul, si on n'y prend point garde. Et de cela, on répond devant Dieu, mon maître, notre maître, VOTRE maître.

    Un duel au sommet venait d'avoir lieu au centre même du nouveau pouvoir, et Louis XIII malgré sa vivacité d'esprit, ne sut que répondre. Il craignait cet homme dangereux mais admirait l'intelligence de son esprit. Sans mot dire donc , il lui fit signe de se retirer. Le jeune roi demeura pensif, une étrange sensation l'étreignant au plus profond de lui même. Cet homme le perdrait ou en ferait un grand roi, il se sentait déjà immanquablement lié à lui.



    Dernière mission diplomatique ?
    De fait Armand du Plessis venait de passer entre les mailles du filet par sa seule audace mais aussi grâce aux bons offices d'amis hauts placés. Il dut néanmoins montrer sa bonne volonté. Luynes se présenta à lui à la fin d'un conseil, dans lequel il lui était toujours permis de siéger.

    - Richelieu, l'heure est venue de prouver votre valeur.
    - Que le roi ordonne, j'obéirai !
    - Il s'agit de la reine mère, sa mère, on la garde dans l'un des appartements du palais entourée d'archers, vous devez l'éloigner de la cour sans qu'elle s'en indigne. Vous comprenez la difficulté de la tâche, mais nous avons pensé qu'un homme tel que vous, dans lequel elle a toute confiance pourrait y parvenir aisément. Je ne vous cache pas qu'après cette mission, il vous faudra mettre des lieues entre le roi et vous même, le temps que sa colère s'apaise.

    Richelieu acquiesça, en effet la tâche était loin d'être aisée. On ne pouvait congédier la mère du souverain comme une chambrière ni l'incarcérer, mais le roi ne voulait pas la laisser libre de ses actes. Situation délicate pour laquelle on lui laissait carte blanche. Pourtant, elle écouta volontiers ses paroles de soie. Il lui conta, qu'elle pourrait se retirer au château de Moulins et en attendant que les amènagements dignes de sa personne fussent terminés, elle s'arrêterait au château de Blois. Elle continuerait à jouir de ses apanages et des revenus équivalents. La ville lui appartenait. Le roi viendrait la saluer à son départ et elles seraient accompagnées des personnes de son choix. Lui même serait du voyage. Comment refuser une telle offre après de pareils traitements ? Elle accepta toutes les conditions les yeux fermés et fit faire ses malles. Elle nomma Du Plessis, son protégé, chef de son Conseil privé. C'est lors des salutations d'usage mais très froides entre mère et fils, qu'Armand du Plessis nota la très nette préférence de celle-ci pour Gaston d'Orléans. Yeux de fouine que celui-ci, il devrait le tenir à l'oeil.



    " C'est terrible, messire, la haine d'un roi, rien n'est pire, sinon la haine d'une reine.
    (Marguerite de Bourgogne)

    Mai 1617 - janvier 1619

    Richelieu paniqué par une vie d'exil avait commis une fois de plus, une faute. Il avait eu une correspondance assidue avec Luynes, sachant que ses lignes viendraient tôt ou tard aux yeux du roi. Son but était de réaffirmer sa loyauté envers le roi. Tant de zèle l'avait au final desservi et avait attisé les suspicions. Ne trahissait-il pas à la fois le roi et la reine ? N'entretenait-il pas des intelligences avec l'Espagne ? N'incitait-il pas la reine mère à recevoir des ambassadeurs étrangers ? Tout cela n'était que calomnie mais à la cour, les méchantes langues se déchaînaient. Après avoir reçu des lettres pleines de réticences, il opta péniblement et pour la première fois de son existence de déguerpir de peur qu'on ne le place en résidence surveillée. La reine mère était outrée de ce départ et en attribua la faute à son fils et son favori, qu'elle menaça. C'est plus tard, qu'elle apprit qu'il était parti de son propre chef ... Elle le pria puis le supplia de revenir étant tombée sous son charme, mais il ne céda guère. Première étape d'une rancoeur qui la conduirait dans quelques années à la haine. Tout devait plier devant elle, elle avait ordonné le départ de toutes ses dames d'honneur sans aucune considération mais celui qu'elle désirait avoir à ses côtés, l'avait abandonnée sans son autorisation. Tel un voleur.

    Pourtant, ayant eu vent de la défaveur croissante de Luynes qui comme tout favori ne connaissait guère son lendemain, Richelieu venait de décider de frapper un grand coup, un coup de maître ! Luynes s'était montré bien trop frileux depuis deux ans et avait retourné sa veste contre lui. Il ne voulait guère contrarier le roi. Ni plus, ni moins Armand décida Marie de Médécis à se révolter contre les conditions de sa détention et la poussa à agir. Et donc à s'enfuir de Blois, Du Plessis faisait discrètement parti de l'expédition qui l'y aida, mission loin d'être mince vu le poids et l'âge de la reine. Mais Brenne et lui y parvinrent, si bien que libre, elle ne pourrait dorénavant être traitée qu'avec tous les égards dûs à son rang, le roi devrait faire la paix avec elle. Certes, sa rage fut grande mais il risquait la guerre civile. Il valait mieux parlementer. Il n'oserait pas et il n'osa pas ! Il fallait sauver la face. On mit l'évasion sur le compte du rival de Luynes, le duc d'Epernon. Richelieu fut couvert par des stupides tensions de cour. Luynes avait en effet compris sa stupidité : en privant la Médicis de son conseiller, on l'avait jetée dans les bras d'Epernon, véritable conspirateur ... Entre deux maux il faut choisir le moindre, il choisit de faire retrouver sa faveur à Armand du Plessis. Quelques jours plus tard, une lettre demandait à Armand du Plessis de rejoindre Angoulême ... au nom du Roi ! Ce dernier avait-il donc besoin de lui ? Richelieu jubilait. Il obéit donc et obtint dans cette même ville, une grâce pleine et entière pour les rebelles et c'est Epernon qui se vit révoquer de ses charges et gouvernements. Leçon de dupes n° 3 !




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MessageSujet: Re: Armand du Plessis, cardinal de Richelieu Sam 4 Aoû - 19:28


    « Les duels, cette chienlit de la noblesse »
    (Richelieu)

    - Pressez-vous ! Nous n’allons pas arriver à temps ! Dois-je moi-même crever ces chevaux ?

    Richelieu avait l’inquiétude peinte sur la figure. Allait-il donc perdre tous les membres de sa famille un à un ? Sa jeune nièce Marie-Madeleine se trouvait à ses côtés dans le carrosse, ayant fortement insisté. Comment en étaient-ils parvenus à ça ? Fort de sa faveur retrouvée, Armand avait décidé ô combien naturellement de nommer Louis, son frère aîné, dur et sévère mais pourtant aimé, gouverneur d’Angers. Un certain Thémines le souffleta le jour même où il prenait sa fonction, sous le motif qu’il convoitait cette place. C’était en tout cas, la raison officielle. Richelieu en avait l’estomac noué depuis qu’on lui avait appris la nouvelle. Il avait fait apprêter son équipage à l’instant même. Il n’entendait pas perdre ce frère. Hélas, il arriva sur le champ quelques instants trop tard.

    - Oncle Louis ! NON !

    A travers l’ouverture des portières, la fillette venait de voir l’épée du rival traverser l’épaule de Louis. Richelieu mit sa main devant ses yeux avant de lui faire regagner la banquette du carrosse. Il la confia à ses cochers et sortit telle une tornade de l’équipage. Il courut vers son parent qui s’était relevé de sa blessure encore superficielle, et refaisait face à son adversaire.

    - Louis ! Cesse cette folie immédiatement !

    Mais l’interpelé le repoussa vivement, si bien qu’il fit plusieurs pas en arrière. Il tenta alors de raisonner Thémines.

    - Si c’est à être à la tête d’un gouvernement de province, que vous désirez. Je vous en promets un …
    - On connait les promesses des politiciens …
    - Je me propose de signer tout de suite votre promotion. Choisissez !

    Malgré cette proposition plus qu’alléchante, le jaloux ricana et se remit en garde.

    - Pour l’amour du ciel, que voulez-vous ?
    - ARMAND ! Tu salis notre nom à supplier ainsi !

    Du Plessis cadet resta un instant, interloqué par l’incompréhension.

    - Vous croyez véritablement que c’est pour cette misère que nous nous battons ? Je hais votre frère car il m’a battu aux jeux de table. Une telle chance ne peut être honnête ! Il doit me rendre raison !
    - Pardon ?

    Non décidément il ne pouvait se faire à l’idée que la noblesse française s’entretuait pour de telles brouilles, pour de telles broutilles ! Ça n’en frisait pas le ridicule, ça en était le paroxysme ! Comment justifier une telle stupidité ? Il faudrait davantage la combattre ! Mais ce jour-là, il ne put rien faire, son frère déjà touché, chuta et l’arme de son adversaire transperça son ventre de part en part. Puis il partit non sans avoir entendu la colère de Richelieu.

    - J’obtiendrai votre tête ! ... Louis … Réponds moi !

    Il tenait la tête de son frère à présent sur ses genoux et secouait la tête, tant le dégoût et la rage le submergeaient ! Louis ne répondit jamais, son regard se fixa sur lui puis soudain se figea sous un voile de mort. Ce fut Richelieu qui dut lui fermer les yeux. Il le fit en poussant un hurlement qui retentit en écho dans la campagne avoisinnante.

    Quelques années plus tard, un certain Thémines montait sur l’échafaud, premier homme à connaître les effets d’une répression des duels …



    « Cette simarre rouge me fera toujours souvenir du vœu solennel que j’ai fait de répandre mon sang pour votre service»
    (Cardinal de Richelieu à Marie de Médicis)

    5 septembre 1622

    Monseigneur,

    Après avoir assuré ma pleine réconciliation avec mon bien aimé fils Louis ainsi que notre rencontre à Couzières, ce dernier tient à m’être agréable. Je ne vous l’avais guère dit pour ne point vous soumettre de fausses espérances, mais il y a de cela plusieurs semaines, Sa Majesté a jugé bon de demander à Rome, que vous devinssiez cardinal.

    Il reconnait votre valeur et jalouse même votre place dans ma maison. Il n’aime guère ne plus avoir de favori depuis le décès de monsieur de Luynes, tandis que vous êtes le mien. Je crains qu’il ne veuille vous voler à moi. Il s’est tant battu contre certains ecclésiastiques qui tentaient de mettre des embûches dans cette démarche, que je doute de cette haine à votre égard. Il vous a pardonné et je puis ainsi vous annoncer avec félicité que le pape Grégoire XV vous a obtenu la barrette.

    Votre Eminence est invitée à la recevoir au Louvre. Nous vous y attendrons avec grande impatience.

    Marie.





    « Cela me déplait fortement de l’admettre, mais le besoin que j’aie de cet homme, me pousserait davantage à agir contre ceux que j’aime, que contre lui »
    (Louis XIII évoquant le cardinal de Richelieu)

    13 août 1624,

    Les deux hommes se croisèrent, le connétable Vieuville lui lança un regard presque apeuré. Le principal ministre du roi redoutait depuis toujours l’esprit fulgurant du principal ministre de la reine mère. Un complexe d’infériorité égarait son esprit, embrouillait son débit, d’autant qu’il se sentait incapable de maîtriser une situation politique plus que délicate. Tous les problèmes l’assaillaient à la fois, comme il arrive aux politiques dont la seule tactique consiste à laisser pourrir les évènements. Richelieu se tenait sur l’expectative, trop heureux de voir cet homme s’embourber et convaincu qu’un faible ne pouvait gouverner un pays. Il collectait les renseignements, étoffait des dossiers et prenait des notes. Une véritable campagne de presse contre la Vieuville le servit de surcroît. Incompétence dans la conduite des affaires étrangères et falsification d’argent, les accusations étaient terribles !

    Mais ce qui parvint aux oreilles du roi fut pire encore : Modification des décisions du conseil et imputation des erreurs au roi lui-même. Louis XIII résolut de l’éloigner et convoqua Richelieu. Ce dernier se fit un plaisir de mettre en avant en les énumérant en détails tous les désordres du gouvernement. Un remaniement ministériel était à faire ! Le roi suivit ! Il lui ordonna même de nommer les nouveaux membres de son conseil. Richelieu avait le pouvoir suprême à portée de mains. Vieuvillle inquiet, se rendit chez son ancien maître, questionna et le silence de son souverain fut éloquent. Le poste était désormais officiellement vacant. Quelques heures plus tard, Armand du Plessis était reçu par le roi, dans cette même pièce où moins de dix ans auparavant, il avait été reçu par des injures.

    - Je vous nomme chef de mon conseil, Eminence. Vous aurez quatre secrétaires d’Etat à vos ordres.
    - Je remercie Votre Majesté, je promets de ne la décevoir jamais !
    - Je mets en vous toute ma confiance, même si mes sentiments demeurent assez inchangés à votre égard, je ne vous le dissimule point.
    - Je le regrette Sire mais mettrais tout en œuvre pour toujours vous être agréable malgré … ces sentiments.

    Sans doute, n’a-t-on jamais vu pareil tandem ! Sans doute n'a t'on jamais vu un homme haï par son maître, se hisser au sommet du pouvoir ! Mais au fond n'y avait-il pas autant d'admiration chez le roi que de crainte ? Il le défendit plusieurs fois, depuis plus d'un an. Ces deux là semblaient destinés à se compléter pour des années encore, pour le meilleur et pour le pire. Le pire avait déjà ses noms : Gaston d’Orléans, Marie de Chevreuse, les mousquetaires. Le meilleur également. Richelieu avait retrouvé son très cher ami le Père Joseph et possédait grâce à lui un réseau d’espionnage souterrain très compétent. Il fallait également citer une jeune blonde, une certaine Milady de Winter aussi belle que dangereuse qu’il venait de recruter. Cette dernière avait déjà prouvé sa valeur.

    *********************************************

    A l’aube de cette année 1625, on pouvait tout craindre de cet homme. Ses larmes de crocodiles, ses sourires mielleux, son charme ravageur, son esprit vif. Périlleux et brillant, on le pense aux rênes du pouvoir pour une durée très éphémère, mais il est bien décidé à les tenir d’une main de fer. Il est déjà le cauchemar de beaucoup. A bon entendeur !

    FIN





« A ta mort ! »
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Armand du Plessis, cardinal de Richelieu

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