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Juste une mise au point... [William-Charlotte]

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MessageSujet: Juste une mise au point... [William-Charlotte] Jeu 8 Nov - 11:30



___________________________________

Le soleil d’avril pointait timidement le bout de son nez. L’air était encore frais et la brise courait dans les feuillages que traversait le carrosse de lord Wrexham. Les chevaux, dans un galop calme, s’éloignaient doucement de Paris pour rejoindre quelques relais de chasse dans le marais versaillais.
C’était un idée sotte que cette chasse royale dans ces lieux empestés de marécages! La forêt y était touffue, mais l’air puait des effluves des étangs boueux. Il fallait être Louis XIII de France pour vouloir se faire construire un relais dans un tel lieu! Le pavillon, disait-on, n’était même pas encore terminé! Vaste folie française, pire que des italiens de Venise, songea William, enfoncé dans ses coussins.
Il observa les feuilles des branchages défiler sous ses yeux. La France l’avait accueilli les bras ouverts, la reine mère lui avait offert cette place qui lui conférait un statut au sein de la cour et pourtant, il se sentait encore bien loin d’un but qu’il n’avait encore défini.
Il avait parcouru le monde et l’Europe, s’était attelé à toutes les tâches, avait fait naître le duc de Cadix...il avait pris la mer, la terre, et l’air s’il l’avait pu, mais tout ceci lui laissait encore un goût d’inachevé. Et cette chasse dans des marais n’était certainement pas ce qui allait combler ce cruel manque d’aventures!

Le visage de la jeune Aliénor se dessina à lui, lui rappelant qu’il y avait au moins une personne dans cette cour à qui il s’était attaché. Les français se montraient si fluctuants dans leurs amitiés qu’il n’avait pu s’attacher encore à eux. Il y avait autour d’Aliénor une petite aura de mystère qui l’attirait: pourquoi tant d’attentions de la part du ministre? Pourquoi ce statut si particulier de la jeune fille? De mémoire d’homme, il n’avait jamais connu ministre plus atypique que celui-là!

-Mylord! Nous....

Le cri du cocher le fit sursauter d’un seul coup, et plus encore le bruit sec qui suivi l’alerte et ce son de chute d’un corps.
La main à l’épée, les sens en alerte, William s’enfonça dans son siège, attendant la suite des évènements. Les détrousseurs viendraient bien assez vite à lui! Il les accueillerait avec plaisir...!

-Attache-le et bâillonne-le, on nous a dit pas de mort, aujourd’hui, gronda une voix d’homme!
Il se raidit lorsqu’il entendit le gémissement de son cocher suivi d’un coup sourd.
-Toi, prends les guides, toi, mon cheval. Je monte pour accompagner notre hôte. Elle préfrérera qu’il arrive en bon état...

William ne su s’il devait être rassuré ou non et par précaution, garda les doigts fermés sur son épée. Des détroussuers qui le laissaient en vie? Qui montait avec lui et parlaient d’une femme?
Il senti son coeur battre plus régulièrement et s’efforça de garder son calme. Une chose était certaine: il n’était pas encore voué à mourir!

-Marquis d’Anglesey? L’homme se posta devant la portière. Masqué, les cheveux entourés d’un foulard et camouflés sous un chapeau noir, il ne donnait aucune raison d’être rassuré!
-Anglesey, simplement...c’est moi. Que voulez-vous, répondit William d’une voix suspicieuse?
-Vous pouvez lâchez votre épée, une personne souhaite simplement s’entretenir avec vous.

William posa un regard froid sur l’homme qui sans attendre un geste de sa part, ouvrit la portière et s’assit en face de lui. L’anglais ôta lentement la main de la garde de son épée.
-Qu’avez-vous fait à mon cocher?
-Il restera en vie, si c’est ce qui vous inquiète, milord.

William grinça des dents à ce “milord” prononcé à la française mais jugea bon de ne rien répliquer. Qui que soit cette personne, elle ne devait pas être totalement innocente pour employer ainsi de telles manières!
-Où m’emmenez-vous?
-Pas très loin... ça ne sera l’affaire que de de peu de temps, fit l’homme d’une voix narquoise.
Tous deux se turent pendant le reste du court trajet, non sans se jeter quelques regards froids pour William, sarcastiques pour l’autre.

Le carrosse s’arrêta enfin devant une petite maison basse. Quelques poules picoraient devant la porte, un gamin jetait des pierres dans le petit étang qui jouxtait le bâtiments et un homme également masqué attendait devant le perron.
-Eh bien nous y voilà! Est-ce vous que je dois rencontrer, lança William d’un ton calme? Finissons-en au plus vite, je ne peux pas me permettre d’arriver en retard.
Il jeta un regard gracieux à l’homme tout en époussetant son vêtement. Si, coincé dans l’habitacle du carrosse il se trouvait en mauvaise posture, dehors, il se retrouvait comme sur son terrain, prêt à jouer comme il le faisait avec Cadix. Ce qu’il craignait? Peu de chose, il en était certain.
-Madame est à l’intérieur et vous attend, milord.
Il haussa à nouveau le sourcil à ce “milord” et ôtant son feutre, entra dans la petite cuisine.

Il ne pouvait voir son visage caché par un masque, mais le regard qui s’en échappait attira celui du marquis. Elle devait certainement être aussi ravissante que séductrice, aussi sûre d’elle que maligne. Aussi dangereuse que déroutante. On pouvait lire une histoire dans un regard et à ce jeu, Cadix était devenu excellent.

-My lady, la salua-t-il poliment en se signant d’une révérence. Que me vaut cet honneur d’avoir vu mon cocher bâillonné et mon carrosse détourné?
Il mettait sa fortune en jeu que les hommes de la forêt avait été embauchés par la mystérieuse femme. Une personne qui semblait aussi raffinnée ne pouvait s’acoquiner avec ce genre d’homme que pour des mesures exceptionnelles!

-Je vous rassure, il s’en remettra. Toutefois, l’on m’attend à Versailles, alors parlons, puisque je suppose que c’est ce que vous souhaitez, termina-t-il d’une voix plus ferme.
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MessageSujet: Re: Juste une mise au point... [William-Charlotte] Mar 20 Nov - 2:18

Les ordres étaient simples, et Charlotte avait bien l’intention de les faire exécuter sans délais. Ce n’était de toute façon même pas envisageable d’attendre ne serait-ce que quelques jours pour perdre du temps et risquer de perdre l’occasion de faire ce qu’elle avait à faire. Ce n’était pourtant pas du genre de la jolie blonde de prendre des initiatives qui pouvaient, le cas échéant, déplaire au cardinal. C’était à double tranchant, cela pouvait être très bénéfique, comme un total désastre et la deuxième possibilité l’effrayait trop pour risquer de s’y brûler. Pourtant, il lui arrivait de déroger à ses principes pour quelques exceptions, quand elle le jugeait utile, ou plus exactement nécessaire. Et ce jour-là, la seconde possibilité était plutôt de mise. « Nécessaire »… Un mot de politique, qu’on pouvait parfois appliquer à l’espionnage. Un concept. Ce qui est nécessaire à quelqu’un ne l’est pas forcément pour un autre, et loin s’en faut. C’est pour cela que la jeune femme avait mené l’opération dans un plus grand secret, sans que personne ne puisse la rapporter à qui que ce fut. Rochefort ? Elle ne pouvait pas lui faire totalement confiance, comme il ne lui faisait pas confiance non plus. Ils faisaient une bonne équipe, mais étaient tout aussi indispensables et actifs séparément. Et dans le monde de l’espionnage, son seul allié, c’était soi-même, et encore, pas toujours. Alors la jeune femme prenait sur elle les responsabilités qui lui incomberait si son initiative était un cuisant échec, ce qui pouvait toujours arrivé bien qu’elle ne le supportait pas.

Aussi, les hommes qu’elle avait recrutés étaient des hommes sûrs, puisqu’ils étaient des hommes qu’elle utilisait en temps normal pour ses missions du cardinal. D’anciens soldats, discrets, sans attaches, qui pouvaient tout aussi bien disparaitre de la surface de la terre le lendemain sans laisser de trace ni de personne à qui ils manqueraient si la jeune femme le décidait, et ils le savaient bien. Mais elle les payait bien, il n’y avait rien à redire sur cela et cela faisait qu’ils lui restaient fidèles, sans rien demander de plus que la bourse d’or qu’elle leur remettait à chaque fois pour ses « petites affaires ». La jeune femme savait comment s’attirer la fidélité de ce genre de racaille, ce n’était pas vraiment compliqué. Avec eux elle n’était pas la femme futile et frivole que la cour était habituée à côtoyer, oh non, mais une femme bien plus dure, froide, celle qu’elle était vraiment dans la réalité. Une femme qui ne laissait rien ni personne entraver sa route. Cette vie n’était pas celle qu’elle avait rêvée étant enfant, mais elle était la plus intéressante qu’elle avait put s’offrir et elle la vivait pleinement. Personne pour la retenir, l’enfermer, l’en empêcher. Mille fois plus amusant qu’être reine, ce qui n’avait d’ailleurs à ses yeux aucun intérêt. Charlotte était de toute façon trop retorse pour avoir le poids d’une nation sur les épaules, sans compter le fait qu’elle n’avait pas le sang qu’il fallait.

Elle arriva à l’auberge environ deux heures avant l’heure à laquelle ses hommes devaient ramener le carrosse de sa victime. Le lieu, perdu au milieu de la forêt, était simple, mais au moins il était proche et on ne risquait pas d’y faire de mauvaises rencontres, heureusement d’ailleurs. A quelques lieux de Paris il permettait une relative intimité. Seuls les habitués des chasses en ces lieux le fréquentaient et il était bien trop tôt pour que les seigneurs de ces terres, s’ils avaient décidés de s’amuser aujourd’hui, ne se décident à passer la porte. La jeune femme avait choisi une tenue gris perle. De jour, le noir attirait trop l’attention, on pensait la personne en deuil. Le gris perle avait l’avantage d’être clair, mais discret, ce qui permettait à la belle anglaise de passer inaperçue ou presque. Sa tenue était d’ailleurs simple, une robe de voyage composée d’un corps de jupe et d’une veste à manches longues et bouffantes comme le voulait la mode de l’époque, boutonnée jusqu’à la base de son cou, avec un petit col à pointe en dentelle. Elle avait choisit un feutre assorti dont deux plumes d’autruches d’un blanc immaculé volaient au vent, par-dessus un chignon d’une grande simplicité. Comme beaucoup de grandes dames de son temps lors de leurs voyages, elle portait un masque pour son voyage, ce qui ne surprit pas l’aubergiste quand il vint l’accueillir.

-J’espère que Madame a fait un bon voyage. Puis-je servir quelque chose à votre grâce ?

Charlotte leva les yeux au ciel, détestant cette horrible bassesse de la part des petites gens. Elle prit une bourse pleine de louis d’ors dans sa main, et l’agita l’air de rien sous le nez de l’aubergiste.

-J’ai besoin d’une salle à laquelle j’aurais un accès privé sur l’extérieur, et ce pour quelques heures, sans qu’on me dérange jamais. Ceci est pour les inconvénients que cela pourrait vous apporter.


Voyant le regard luisant de convoitise de l’homme, elle se douta que la partie était largement gagnée. Elle laissa la bourse tomber dans sa paume alors qu’avec mille courbettes, il la précéda dans l’auberge, ses larbins sur ses talons.

-Si votre grâce veut bien me suivre, je ferais tout pour la satisfaire, c’est un plaisir, que dis-je, un honneur…

Et son blabla se perdit dans les méandres des pensées de Charlotte. Concentrée sur ce qu’elle voulait faire aujourd’hui et les risques qu’elle courait, elle n’avait pas que cela à faire, d’écouter le blabla obséquieux d’un imbécile. Il les laissa après leur avoir fait le tour de la pièce et vanter son établissement, ce qui fit de nouveau lever les yeux au ciel à la jeune femme, agrémenté d’un soupir. Il s’en fallut de peu pour qu’elle le fasse jeter dehors. Mais elle se retint, et attendit qu’il leur ait montré le mécanisme de la porte menant vers l’extérieur avant de s’en aller, laissant Charlotte et ses hommes seuls. L’un d’entre eux prit l’initiative de verrouiller la porte de communication avec le reste du bâtiment et tendit la clef à la jeune femme qui la dissimula dans une poche secrète de sa robe.

-Vous savez exactement ce que vous avez à faire ?


Ils acquiescèrent.

-Très bien. Je ne tolèrerai aucune erreur, est-ce bien clair ?


Nouvel acquiescement. La jeune femme était satisfaite. D’un geste, elle leur fit signe de la quitter. L’un d’entre eux resta à l’extérieur de la maison, montant la garde pour protéger la jeune femme, son cocher ayant été dissimuler sa voiture un peu plus loin, laissant les chevaux se reposer. On ne sait jamais. Puis l’attente commença. Charlotte s’assit un bref instant sur l’une des chaises branlantes en face de la table, et se mit à réfléchir. William de Gloucester. Ils n’avaient jamais été présentés en Angleterre, sinon elle n’aurait put se permettre cette petite « invitation ». Mais l’homme était dans des cercles bien plus importants qu’il ne voulait bien l’admettre, et la jeune femme avait besoin de savoir exactement ce qu’il savait, quels que soient les secrets qu’il ait bien pu entendre, tout simplement parce que sa future mission en Angleterre ne devait avoir aucun accro. Et elle aimait par-dessus tout préparer le terrain. Le temps restant lui parut une éternité, mais elle se retint bien de quitter la pièce. Elle se devait d’être de marbre. Pourtant, quand enfin les roues du carrosse de sa victime se firent entendre, elle se leva d’un bond, prête à l’assaut, un sourire aux lèvres. Gloucester passa la porte, avec une certaine élégance et un calme olympien malgré les circonstances. Charlotte admira son maintient. Il avait encore beaucoup de charme malgré son âge qui avançait. Elle se doutait qu’il ne serait pas un adversaire facile, et s’en réjouissait d’avance.

-My lady ? Que me vaut cet honneur d’avoir vu mon cocher bâillonné et mon carrosse détourné? Je vous rassure, il s’en remettra. Toutefois, l’on m’attend à Versailles, alors parlons, puisque je suppose que c’est ce que vous souhaitez.

Charmeur, gentleman, avec de l’humour, mais pourtant empressé. Mmh… Ne pas le sous estimer. Charlotte fit un pas dans sa direction, plaçant la table entre eux, comme pour se protéger au cas où. Sa main gantée de daim gris effleura le plateau de l’antiquité qui menaçait de s’effondrer si une charge trop importante lui était imposée.

-Vous m’en voyez navrée pour votre cocher, le pauvre homme. Il est parfois dangereux de travailler pour des gens qui ne sont pas ce qu’ils semblent être.

Elle laissa sa phrase en suspend un instant, jugeant de son effet, ses yeux clairs rivés sur celui du marquis comme pour lire en son âme.

-Milord, vous voulez que je sois directe ? Je le serai donc. Par mes sources je sais que vous êtes bien plus que ce que vous prétendez être. Alors ma question sera des plus simples. Que votre premier ministre prépare-t-il ?

Gloucester n’était qu’une étape, un pion. La cible était Buckingham, et Charlotte avait bien l’intention de se venger de l’insolent, d’une manière définitive. Si ce n’était pas aujourd’hui, selon les ordres du cardinal, se serait un autre, mais il était certain que ce serait bientôt.
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MessageSujet: Re: Juste une mise au point... [William-Charlotte] Lun 4 Fév - 19:07

William, dans ses périples et ses voyages, avaient croisé de nombreux caractères; des froids, des glacés, des déroutants, des enflammés...il avait su les comprendre, les capter pour ne pas avoir à se laisser surprendre, mais les femmes gardaient toujours en elles cette part mystérieuse, indéchiffrable qu’il ne parvenait à traduire totalement.
Le jeune femme qui se dressait face à lui était de celles-ci. Son regard velouté, ses cheveux d’or faisaient certainement d’elle une femme que l’on voyait volontiers comme charmante, mais qui cachait en elle bien plus de secrets qu’on ne pouvait imaginer.
Le duc de Cadix lui-même se méfiait de cette femme.

S’il cherchait avant tout à séduire son entourage, William avait rapidement compris que dans ce jeu, ou peut-être même ce duel, il n’y avait nulle place pour les charmes. Sur ses gardes, il resta néanmoins impassible, observant la femme contourner la table, comme une barrière - bien mince! - entre eux.
-Vous m’en voyez navrée pour votre cocher, le pauvre homme. Il est parfois dangereux de travailler pour des gens qui ne sont pas ce qu’ils semblent être.
-Parlez-vous d’eux ou de vous? répondit-il calmement d’un ton qui n’attendait pas réellement de réponse.
Ses yeux d’azur posés sur les siens, elle lui fit soudainement face, comme s’il n’était qu’un pion utilisé momentanémant.
-Milord, vous voulez que je sois directe ? Je le serai donc. Par mes sources je sais que vous êtes bien plus que ce que vous prétendez être. Alors ma question sera des plus simples. Que votre premier ministre prépare-t-il ?

William ne répondit pas immédiatement, se contentant de lever le menton par pur instinct de fierté. Le menaçait-elle? Elle ne doutait de rien! Elle....une femme. Malgré tous les moyens qu’elle pouvait mettre en oeuvre, elle n’en restait pas moins femme, bien plus faible que lui malgré son âge.
Mais la question de l’inconnue fit le tour du cerveau de William aussi rapidement qu’elle le pu. Elle n’était pas anodine. Une femme aujourd’hui n’oeuvrait pas seule et les sources dont elle parlait pouvaient aussi bien être des gens du peuple comme des personnes plus puissantes. Elle devint soudainement aux yeux de l’anglais comme une vipère prête à mordre, les crochets sortis desquels coulait déjà le lent venin.
Que savait-elle de lui? Avait-elle percé Cadix à jour? Il était pourtant resté aussi prudent qu’il l’avait toujours été...ou avait-elle des accointances en Angleterre? L’affaire sentait peu bon si tel était le cas...Sa tête sur un plateau envoyé au roi, s’il désobéissait...William connaissait assez l’ultimatum que lui avait asséné son souverain. Alors quoi? Qu’est-ce que cette femme connaissait assez de lui pour se permettre une telle intimidation?

Il avait parcouru toutefois assez de pays, rencontré assez de personnes pour connaître ces bluffs et ces coups de maître. Peut-être prêchait-elle le faux pour obtenir de lui le vrai. Il n’avait nul contact avec le Prime Minister depuis qu’il avait quitté l’île et à dire vrai, il ne ressentait aucune envie de renouer avec lui. Le duel paraissait soudainement plus sensible et dangereux. Il lui fallait jouer serré et surtout...découvrir ce qui se tramait.
-Vous devriez vous méfier de moi, alors, my lady, répondit-il en conservant son flegme habituel. Si vous connaissez mes véritables fonctions, vous devriez vous inquiéter de ce que je pourrais faire par la suite et modérer le sens de vos questions.

Il s’était penché vers elle, mains plaquées sur la table, mais pas une lueur menaçante ne brillait dans ses yeux clairs. Un mince sourire souleva sa moustache alors qu’il se redressait, et William étouffa un petit rire.
-Ce que fait mon Prime Minister, lança-t-il? En ce moment, il se réjouit de fiançailles rondement menées, et prépare son arrivée prochaine en France. Peut-être aussi a-t-il séduit quelques jeunes femmes innocentes, ou a confirmé la confiance que lui accorde son roi.
Il se tut un moment , jaugeant la réaction de la jeune femme. Non...il ne lui ferait pas ce plaisir de tomber dans ce piège grossièrement tendu. Il avait connu bien des difficultés avant de venir en France, et malgré ce que pouvait détenir cette jeune femme, il s’efforçerait de passer à nouveau dans les mailles serrées d’un filet.

Une lueur brilla dans son regard clair.
-Mais le votre, my lady, que fait-il, demanda-t-il sournoisement?A son tour de reprendre la main. On entendait tellement de rumeurs sur les complots contre le cardinal que William lança ce pavé dans la mare, attendant une réaction. Il ne pouvait deviner qui la jeune femme servait, mais s’il pouvait à son tour la faire tomber dans son propre piège, il aurait gagné la partie.
-Il se dit des choses étranges, en Angleterre, sur les accointances de son éminence, continua-t-il. Plus étranges, je pense, que sur les activités du premier Ministre anglais. La personne qui vous envoie aurait certainement bien plus à gagner que de suivre les traces d’un favori. Ai-je tort? Allons, lança-t-il dans un sourire forcé! Nous sommes tous deux enfermés dans cette masure...et je doute que quelqu’un puisse entendre notre conversation. N’est-ce pas, ajouta-t-il?

Il se redressa, le visage soudainement fermé, l’oeil froid. Glissant ses mains dans son dos, il se détourna de la jeune femme et fit quelques pas dans la pièce, jetant parfois un oeil par la fenêtre.
-Cessons de tourner ainsi sans but, madame, asséna-t-il soudainement, en pivotant pour lui faire face. Qu’attendez-vous de moi? Je doute qu’il s’agisse de quelques petites affaires, vous n’auriez sinon pris le soin de cette grotesque mise en scène.
Il balaya la salle d’un revers de la main, agacé. Ne nous faites pas perdre notre temps, parlez sans détours. Je suis occupé, l’on m’attend à Versailles.

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MessageSujet: Re: Juste une mise au point... [William-Charlotte] Lun 25 Fév - 2:48

Charlotte était bien trop intelligente et rompue aux jeux d'espionnage et de manipulation pour risquer de se faire avoir à perdre patience face à un homme qui, comme tous les autres, la sous estimait, parce qu'elle était une femme. Dieu ! Quand ces imbéciles cesseraient-ils d'avoir ces préjugés ? Cela bien sûr la servait la plupart du temps, mais parfois, au final, cela pouvait devenir particulièrement agaçant. Croyaient-ils vraiment, tous ces chers gentilshommes qui gouvernaient leurs pays, parfois plus avec ce qu'ils possédaient dans leur haut de chausse que ce qu'ils avaient sous leur chapeau, ceux qui ne pensent qu'à leur orgueil bafoué... Ils oubliaient trop facilement que les personnes sous estimées sont les plus dangereuses, et que la vengeance est un plat qui se mange froid, voir même glacé. Charlotte n'avait pas fini d'être rancunière envers le monde de tout ce qu'elle avait eut à souffrir toute sa vie. Et pour cela, tous les moyens étaient bons. Sur sa liste, la prochaine tête à faire tomber, était bel et bien celle du premier ministre anglais. Les dommages collatéraux n'étaient pas de ceux qui pouvaient inquiéter la belle et glaciale blonde. Si l'on avait été quelques décennies plus tôt, la jeune femme aurait certainement terminé sur un buché, titre de noblesse ou pas. Heureusement, depuis les guerres de religions, on était bien plus occupé par autre chose que par une potentielle chasse aux sorcières. La jeune femme ne s'en faisait d'ailleurs pas pour ça ? Anne de Bueil avait laissé place à une Charlotte de Winter qui n'avait plus rien à voir avec l'enfant qu'elle avait été, si ce n'était la chevelure blonde, bien évidemment.

Alors ce n'était pas ce cher Gloucester qui allait lui apprendre ce qu'elle avait à faire. Il se trompait lourdement s'il pensait qu'elle allait se laisser avoir à un jeu auquel elle était passée maîtresse, voir même plus que cela. C'était dommage, car l'homme semblait charmant et cultivé. Pourtant elle n'était pas là pour passer du bon temps, ce qui était bien dommage, mais les affaires étaient les affaires, surtout quand elles n'étaient pas commandées par son officieux employeur, le cardinal-duc de Richelieu. Mieux valait avoir des résultats sur cette entreprise un peu aventureuse, car le cardinal, lui, ne s'y tromperait pas. Une jeune femme blonde à un français et un anglais parfait qui avait arrêté l'anglais au beau milieu d'une forêt, si cela lui revenait aux oreilles, il n'aurait aucun mal à retrouver de qui on parlait. Et Charlotte savait bien qu'il ne valait mieux pas décevoir le cardinal, encore moins quand il n'avait pas donné un ordre. C'était donc doublement risqué, mais le jeu – et la vengeance – n'en valaient-ils pas la chandelle ? Charlotte n'avait aucun doute sur sa capacité à obtenir les informations qu'elle voulait, car après tout, c'était grâce à sa capacité de toujours arriver là à ce qu'elle voulait qu'elle se tenait face au scientifique anglais à cet instant précis. Alors qu'il ne pense pas un instant à jouer au plus malin avec la jeune femme.

Elle avait d'ailleurs laissé passer sa première pique sans même lever un sourcil. Il ne l'aurait pas ainsi, ça serait la prendre pour une débutante. Elle ne voulait pas non plus lui laisser le temps de se créer une zone de confort en s'habituant à l'endroit, aussi attaqua-t-elle directement l'homme avec ses questions. Pourtant cela aurait été le sous estimer que de penser qu'il allait craquer immédiatement.

-Vous devriez vous méfier de moi, alors, my lady. Si vous connaissez mes véritables fonctions, vous devriez vous inquiéter de ce que je pourrais faire par la suite et modérer le sens de vos questions.

Un sourire fin apparut à nouveau sur les lèvres de la jeune femme, qui posa ses mains gantées de noir sur ses hanches, signe qu'elle ne reculerait pas. Lui non plus, le duel promettait donc d'être intéressant. Charlotte n'avait peur de rien. Jamais. Alors pourquoi penser qu'elle reculerait ? Quand on a rien à perdre, il n'y a d'ailleurs aucune raison de reculer. Il se pencha vers elle par dessus la table, Charlotte ne bougea pas. Ils se jaugeaient, c'était évident.

-Ce que fait mon Prime Minister? En ce moment, il se réjouit de fiançailles rondement menées, et prépare son arrivée prochaine en France. Peut-être aussi a-t-il séduit quelques jeunes femmes innocentes, ou a confirmé la confiance que lui accorde son roi.

Il se tut, et Charlotte se demanda s'il la prenait vraiment pour une idiote. Parce qu'elle était une femme ? Peut être. Parce qu'elle était un agent français ? Probable.

-Mais le votre, my lady, que fait-il ?


Un rictus échappa à Charlotte, et elle leva les yeux au ciel alors que Gloucester continuait :

-Il se dit des choses étranges, en Angleterre, sur les accointances de son éminence. Plus étranges, je pense, que sur les activités du premier Ministre anglais. La personne qui vous envoie aurait certainement bien plus à gagner que de suivre les traces d’un favori. Ai-je tort? Allons ! Nous sommes tous deux enfermés dans cette masure...et je doute que quelqu’un puisse entendre notre conversation. N’est-ce pas?


Il se redressa et s'éloigna de Charlotte avant de reprendre :

-Cessons de tourner ainsi sans but, madame. Qu’attendez-vous de moi? Je doute qu’il s’agisse de quelques petites affaires, vous n’auriez sinon pris le soin de cette grotesque mise en scène. Ne nous faites pas perdre notre temps, parlez sans détours. Je suis occupé, l’on m’attend à Versailles.

Le rictus de Charlotte était allé en s’amplifiant peu à peu, pour finir dans un franc rire clair et pur, et la jolie voix de l'agent à la double nationalité raisonna un instant dans la pièce avant que la jeune femme ne lui réponde :

-Allons, mylord, un peu de sang froid, et surtout, un peu de tenu. Me pensez-vous capable d'organiser un enlèvement d'une telle discrétion que vous pourriez disparaître sans que jamais on sache où a fini votre corps, et ensuite, sous les travers de vous questionner, laisser filtrer quelques informations ? Vous me sous-estimer, sans doute un peu trop, mais je dis cela pour votre bien. Vous êtes attendus ? Grand bien vous fasse.

Elle tira la petite chaise et s'y installa :

-J'ai pour ma part tout mon temps.

Elle lui sourit, glacial, ironique, vipère, et laissa un petit temps avant de poser ses coudes sur la table et d'appuyer son menton sur ses mains qu'elle venait de joindre.

-Mais revenons sur ma première question, si vous le voulez bien. J'aurais bien échangé une information pour une autre, hélas, je ne vous fais pas confiance pour me dire une once de vérité de cette manière, et je ne vous ferai pas l'injure de croire que vous pourriez être certain de ma parole non plus. Je ne vois donc pas d'autres moyens de vous soutirer les informations que je veux sous une certaine contrainte. J'aurais bien essayé l'oreiller, mais vous n'êtes pas mon genre. Parlez-moi plutôt du genre de femmes qu'affectionne votre premier ministre. Ne les aime-t-il pas reine de France, par hasard ?

Une guerre pour Anne d'Autriche. Le pari était risqué, mais connaissant le tempérament du duc de Buckingham, ce n'aurait même pas été étonnant.
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MessageSujet: Re: Juste une mise au point... [William-Charlotte]

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