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Lire entre les lignes n'a jamais été si facile...

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♕ Je suis Charlotte de Winter
On l'appelait
♠M.I.L.A.D.Y♠

♟ Complots : 150
♟ Arrivée à Paris : 02/07/2012
♟ Localisation : Surtout là où on ne m'attend pas
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Sous le sceaux du secret
Mon coeur balance:
Jeu d'espion: Au service du cardinal
Côté RP: Disponible
MessageSujet: Lire entre les lignes n'a jamais été si facile... Mer 7 Nov - 23:39




La journée n’avait pas été aussi belle pour un jour d’hiver depuis assez longtemps. Charlotte, assise à sa coiffeuse, tenant un petit miroir à bout de bras pour voir l’arrière de sa coiffure plus facilement que dans son immense miroir en face d’elle eut une moue satisfaite. Kitty faisait vraiment du bon travail, dommage qu’il faille parfois la brusquer un peu pour avoir ce qu’elle voulait. Le chignon était parfait, il semblait lâche mais était parfaitement tenu en place, quelques anglaises s’en échappaient lâchement. C’était exactement ce que la jeune femme avait voulut. Elle le reposa, ravie – du moins autant que Milady puisse l’être. Sa journée était plutôt libre aujourd’hui, et elle s’en ravissait. Cela lui permettrait de pouvoir ne rien faire avant la soirée où elle était invitée. Laquelle ? Impossible de s’en souvenir, elle recevait tellement de cartons tous les jours qu’il était difficile de tenir un emploi du temps fixe de ces futilités. Mais ne vous méprenez pas, pour ce qui était important, Charlotte s’en rappelait toujours… En déshabillé beige, son épaule soigneusement dissimulée sous un brassard en satin, elle se leva gracieusement pour choisir ses robes. Oui, « ses », celle de la journée, et celle qu’elle mettrait le soir même. Elle n’allait tout de même pas laisser ce genre de détail totalement crucial à la dernière minute, mais enfin pour qui la prenez-vous ? Ca aurait été mal la connaître et faire insulte à son sens de la préparation qui lui valait sa réputation – tous niveaux de la société confondus si vous saisissez le sous entendu.

Kitty lui sorti plusieurs robes de soirées, et Charlotte les examinas les unes après les autres avec la plus grande attention, essayant de se remémorer en quelle occasion et il y a combien de temps elle avait porté certaines, et examinant les nouvelles d’un œil connaisseur. Il était tout simplement hors de question de risquer de porter encore une fois une robe qu’elle avait déjà portée et que tout le monde avait put voir sur elle. La beige était écartée d’office, c’était celle qu’elle avait portée à la réception des ambassadeurs. Elle élimina une rouge, bien trop voyante pour ce genre de diner privé, Kitty lui avait retrouvé le carton dans un coin. Finalement, après bien des réflexions, elle finit par se décider pour une en velours, d’un magnifique bleu canard profond, qui irait parfaitement avec ses yeux mais contrasterait à merveille avec sa chevelure blonde. Une bonne chose de faite. Kitty rangea les autres et laissa la désignée sur une chaise, proprement, avec chaussures, gants et éventails que Charlotte porterait avec le soir même, avant que la jeune femme ne s’intéresse à sa tenue du jour. Son choix se porta sur une robe rose fushia, qui avait le mérite d’être simple, et de mettre sa silhouette fine en valeur. Pas de chapeau aujourd’hui, elle se contenta d’une capeline doublée d’hermine dont elle rabattit gracieusement le capuchon sur sa tête, pas de manière à dissimuler son visage, mais juste à se protéger du léger vent froid de cette magnifique journée.

N’ayant rien à faire avant la fin de la journée, elle décida sortir en chaise afin de faire quelques boutiques, passant chez sa couturière pour savoir où en étaient les dessins des robes pour Aliénor, et s’assurant que la dernière qu’elle avait commandée était bien en création. Le bijoutier également, eut droit à sa visite, pour réparer un sautoir en or qu’elle avait malencontreusement cassé dans un ébat passionné avec son dernier amant en date. Elle lui en avait d’ailleurs énormément voulut et cela avait été la raison de leur rupture. Depuis, le bellâtre passait son temps entre l’ignorance, et la supplication, ce qui amusait fortement Charlotte quand elle voyait ses longues boucles châtains et sa moustache gominée arriver au coin d’un couloir du Louvres. Et puis, après s’être arrêtée dans l’une des plus fameuses auberges de la ville pour prendre une légère collation, elle avait décidé, Kitty toujours sur ses talons, de reprendre sa chaise à porteur pour se rendre au Luxembourg. Le temps se prêtait parfaitement à une petite promenade avant que l’air ne se rafraichisse trop pour être agréable. Et autant en profiter quelque peu avant que l’hiver ne se fasse plus pressant. Il savait l’être au moment où on l’attendait le moins. Ses gants en peau protégeant ses mains fines, Charlotte descendit avec grâce de la petite chaise à porteur, et commença à marcher, respirant l’air à plein poumons. Cela changeait tellement de l’air vicié des rues parisiennes où le peuple jetait ses déchets…

La jeune femme marchait tranquillement, sa suivante lui faisant de temps à autre une remarque qui les faisait rire, sur tel jeune homme qu’elles croisaient et qui leur jetait un regard plein de sous entendu, la robe d’une jeune fille fraichement sortie du couvent qui était depuis longtemps passée de mode, si elle avait jamais été d’actualité… Toutes ces petites choses qui n’étaient pas vraiment gentilles mais au fond, quel mal cela faisait-il ? Personne n’en saurait jamais rien. Soudain, Kitty s’arrêta en fixant quelque chose venant à l’horizon. Charlotte surprise, s’arrêta elle aussi.

-Eh bien, que t’arrive-t-il ?

La jeune fille resta muette. Charlotte essaya de voir ce qui avait put la surprendre à ce point, mais rien n’y fit, il y avait trop de monde.

-Kitty, enfin !

-C’est que, Madame, je crois que nous devrions rebrousser chemin. Je crains que madame n’aime pas vraiment la personne qui vient à notre rencontre et qui heureusement ne l’a pas encore vue.


Charlotte, curieuse, sonda les marcheurs du regard, mais la luminosité de ce milieu d’après-midi ne l’aidait pas à faire clairement discerner de qui elle pouvait bien parler.

-Kitty, je suis d’une humeur plutôt agréable, tu ferais mieux de me dire ce qui se passe avant que cela ne se dégrade.

La jeune fille hésita, avant de finalement céder.

-Madame la duchesse de Chevreuse s’en vient. Mais je ne pense pas qu’elle vous ait déjà vue.

Charlotte tourna prestement la tête dans la direction indiquée. Chevreuse, elle aussi accompagnée d’une suivante, s’en venait effectivement dans leur direction. Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de l’anglaise. Eh bien, autant en profiter.

-Suis-moi ! ordonna-t-elle à sa bonne qui n’eut d’autres choix que celui de s’exécuter.

Les deux femmes reprirent leur marche à la rencontre de celles qui venaient vers elle. Charlotte plongea dans un petit salut aussi gracieux qu’hypocrite, sans se départir de son sourire.

-Bon après-midi, duchesse. Vous me voyez surprise de vous trouver ici, et non pas auprès de sa Majesté. Peut-elle se passer de vous plus de quelques minutes ?

Le ton était parfaitement ingénu, mais le regard en disait long sur les véritables pensées de la jolie blonde. Pourtant, Marie-Aimée de Chevreuse était fortement intelligente et Charlotte savait devoir s’en méfier. Comme de la peste.
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+ La passionnée +

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Sous le sceaux du secret
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Jeu d'espion: Ambitieuse? Oui, mais uniquement par fidélité envers mes amis!
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MessageSujet: Re: Lire entre les lignes n'a jamais été si facile... Mer 21 Nov - 15:25

Un éclat de rire résonna dans les appartements de la reine, aussitôt suvi par un bruit de porte ouverte et une volée de quatre jeunes filles toutes aussi indociles les unes que les autres.

-Du calme, mesdemoiselles! Allons!
Derrière elle, en figure de mère attentive, la jeune duchesse leva les yeux au ciel en retenant un soupir. Ces jeunes écervelées était plus insiciplinées qu’une horde de moineaux! Elle sentait encore sur elle le regard glacial de la Montmorency, qui ne cessait de l’incriminer depuis que la charge avait changé de main.
Son amie du Vernet était allé retrouver les quatre jeunes folles qui s’étaient échappées suite à l’arrivée impromptue d’un cavalier dans les appartements royaux.
Le pauvre homme n’avait fait que répondre à la demande de la reine, mais fringant et le regard haut, il n’avait pu s’empêcher de sourire aux quelques demoiselles dont les joues s’étaient aussitôt enflammées.
La connétable n’avait pu que les faire sortir pour éviter toute confusion et le brouhaha avait gagné tous les appartements.

-Retournez à vos ouvrages jusqu’à ce que ce pauvre comte de Langeais ai quitté les appartements de sa majesté. Allons, mesdemoiselles, nous ne sommes pas dans une basse-cour!
Une à une, les demoiselles s’étaient rangé sous l’oeil avisé de la surintendante, le regard confus, avant de s’éclipser reprendre leurs ouvrages et laissant la place à quelques femmes venues remplacer ces petites écervelées.

-Sa majesté nous donne congé pour l’heure qui vient, annonça Antoinette du Vernet à Marie-Aimée, en refermant la porte du cabinet. Les deux belles-soeurs échangèrent un regard las.
-Quelle idée d’avoir fait venir le comte ici! Une idée de la princesse de Conti, demanda Marie-Aimée?
-A votre avis, pouffa Antoinette en prenant le bras de la jeune femme. Allez, venez, profitons de ces moments de liberté pour nous enfuir dans les jardins. Une petite promenade ne peut que vous faire du bien.


Les deux jeunes femmes descendirent, oubliant un moment les tumultes des appartements.
-Croyez-vous que le roi sera informé de cet incident?
-J’en suis absolument certaine, Antoinette. Il en est déjà informé par la vieille Montmorency, à l’heure actuelle. J’en suis certaine.
-Il profitera de votre absence pour demander de l’ordre, se lamenta Vernet.
-Ne faites pas cette mine déconfite! Madame de la Vallette a de nombreuses cartes en main, elle empêchera la mainmise de cette dévoterie sur l’esprit de notre chère Anne. Et je reviendrai bien vite, quand bien même mon époux me l’interdirait!
-Le pauvre homme, s’amusa Antoinette!

Marie releva le menton, fière d’avoir cette liberté acquise, d’avoir ce pouvoir de désobéir à son mari sans souffrir aucune remontrance. Chevreuse était faible, il l’avait toujours été face à elle, comme une proie si aisée à manipuler. Pris entre sa soeur, Conti, et sa femme, le pauvre homme n’avait presque aucun pouvoir.
Elles marchèrent le long des jardins, babillant sur la dernière mode, sur les ambassadeurs anglais, sur le mariage à venir.

-Allez-vous à cette soirée, ce soir?+
-Cela serait peu raisonnable. Le bal en l’honneur des ambassadeurs m’a laissé au repos deux jours durant et vous savez combien je déteste restée ainsi alitée!
-Je vous raconterai donc de quelle manière je pousserai cette jeune d’Angiers dans les bras de son beau marquis.
-Faites, faites! A 16ans, il serait temps que cette petite perdrix s’envole!
-Avez-vous eu connaissance des derniers évènements, l’autre jour aux jeux du cardinal?
-Dites-moi.
-Le roi a appelé la princesse de Conti “Le péché”, apprenant son implication dans cette affaire entre madame du Halvent et le comte de la Barre.
-Le pauvre homme! S’il pouvait se contenter de n’être qu’ennuyeux, lâcha Marie sarcastique! Et moi, comment me nomme-t-il?
-Je tâcherai de l’apprendre....ah! Madame de Winter.

Antoinette du Vernet s’était tue en aperçevant la chevelure d’or de l’anglaise et se mu d’un petit signe de tête poli. Marie avait toujours détesté les manières de la veuve, sournoise et hautaine et par son statut, elle ne daigna lui jeter qu’un simple regard empli d’hypocrisie, refusant de baisser les yeux face à elle.

-Bon après-midi, duchesse. Vous me voyez surprise de vous trouver ici, et non pas auprès de sa Majesté. Peut-elle se passer de vous plus de quelques minutes ?
-Je lui ai prodigué mes nombreux conseils avant qu’elle ne me donne son congé, répliqua-t-elle de la même voix doucereuse. Les leçons sont aisément retenues lorsque l’esprit est vif et le talent inné.

Dire que Marie n’appréciait que très peu Winter était un faible mot. Elle sentait en elle comme une rivale et chacun des regards posés sur elle étaient tels des épées la transperçant de part et part afin d’en faire sortir quelques preuves. Elle possédait le même port de tête, mais ses manières étaient hautaines. Elle avait cette morgue et cette suffisance qui donnait cette impression d’une inébranlable confiance en soi. Celle de Marie était telle qu’elle savait qu’une bataille entre elles ne pouvaient jamais se terminer, une fois lancée.

Elle se tourna vers Antoinette du Vernet, lui adressant un signe de tête.
-Je terminerai cette promenade avec madame de Winter, pardonnez-moi. Mais rassurez-vous, l’on ne peut me blesser qu’au corps et dans mon état, le geste serait bien lâche, ajouta-t-elle amusée.
Antoinette compris et saluant les dames, s’éloigna sur le chemin.
-Je doute que vous vous soyez arrêtée près de nous dans un seul geste de politesse forcée, madame, fit-elle dans un large sourire à Charlotte de Winter. Avez-vous entendu récemment quelques-uns de ces ragots dont vous voudriez me faire part? Je suis toute ouïe.

Elle tendit un bras vers le chemin qui continuait, invitant la jeune femme à l’accompagner.
-Votre suivante fait-elle office de garde, dans le cas où je vous mette en danger, sourit-elle en levant un sourcil? Elle jeta un oeil sur son ventre qui avait encore trop grossi à ses yeux, la menaçant de quitter la cour chaque jour.



"Tonight we are young.
So let set the world on fire
We can burn brighter than the sun."

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MessageSujet: Re: Lire entre les lignes n'a jamais été si facile... Mer 12 Déc - 23:14

Charlotte s'était toujours méfiée de Marie-Aimée de Chevreuse. Pas uniquement parce qu'elle était une proche de la reine, non, bien que cela puisse jouer quelque peu, mais il fallait être honnête, Richelieu était bien plus puissant qu'Anne d'Autriche, mais surtout parce qu'elles étaient en quelque sorte le reflet l'une de l'autre, si différentes sur bien des points, et au fond si semblable. Elles avaient la même détermination et la même ambition. A ceci prêt que Charlotte ne savait pas si la duchesse était prête à aller aussi loin qu'elle le ferait – et l'avait déjà fait. Mais elle n'avait pas non plus envie de se laisser surprendre, il en était hors de question, aussi la jeune femme était toujours prête à aller de l'avant, avançant avec rapidité, mais réflexion. Les erreurs ? Elle en avait fait assez pour se méfier de celles qu'elle pourrait encore faire, et, femme, elle était assez bien placée pour savoir qu'une de ses semblables pouvait être aussi dangereuse qu'elle, faute que faisaient souvent les hommes en pensant qu'elles leurs étaient inférieur, mais ça, le Cardinal l'avait bien comprit, sinon, il n'aurait pas fait d'elle son meilleur agent. Aussi n'allait-elle sûrement pas risquer de se méprendre sur la duchesse de Chevreuse qui était, elle en était certaine, un adversaire de taille. Il le fallait bien pour que le roi la déteste à ce point, lui qui de toute façon n'aimait pas vraiment les femmes, mais avait plutôt pour habitude de s'en désintéressé. Il n'y avait qu'à voir comment il agissait avec son épouse.

Mais voir Marie-Aimée loin de la cour à une heure ou d'habitude la Reine ne pouvait pas s'en passer était étrange. Et quand bien même, Charlotte ne rechignait jamais ni au danger, ni à la tâche, aussi pouvoir avoir des informations quelles qu'elles soient ne pouvait être qu'une bonne initiative. La jeune femme avait d'ailleurs excessivement envie de mieux connaître cette ennemie, car après tout, ne disait-on pas « garde tes amis près de toi, et tes ennemis encore plus proches » ? Bien que, comme elle s'en doutait, la duchesse soit par trop perspicace pour risquer de se laisser avoir aux manipulations de la belle anglaise. La jolie blonde n'avait pourtant pas l'intention de renâcler devant l'obstacle, et si les deux femmes devaient se faire la guerre, alors, autant que cela soit fait. Milady n'aimait pas devoir agir à visage découvert, mais détestait encore plus risquer de se faire avoir par un ennemi qu'elle n'avait pas vu venir. La vie l'avait assez maltraitée pour qu'elle apprenne cette leçon capitale. Et la cour de France était certainement l'endroit du monde où il y avait le plus d'hypocrites au mètre carré. Ce n'était pas vraiment compliqué quand on voyait que le pouvoir était détenu non pas par le roi mais par le premier ministre, et où le roi préférait la chasse au devoir conjugal. Il y avait vraiment de quoi désespérer. Mais ce n'était pas par amour d'une patrie qu'elle avait décidé de servir le cardinal, juste par ambition. Ce qui était déjà énorme.

Elle avait apostrophé la duchesse, qui s'était arrêtée pour la saluer également. Malgré les apparences, Charlotte se doutait presque que Marie-Aimée était aussi méfiante qu'elle, comment d'ailleurs aurait-il pu en être autrement ? La réponse était d'ailleurs plutôt clair à la remarque de Charlotte :

-Je lui ai prodigué mes nombreux conseils avant qu’elle ne me donne son congé. Les leçons sont aisément retenues lorsque l’esprit est vif et le talent inné.

Charlotte ne répondit pas mais se contenta de sourire avec un air entendu. Elle reconnut sa compagne que du Vernet, une de ces pimbêches qui tournait autour de la reine comme une abeille autour d'une ruche. Un peu embêtante, mais pas vraiment dérangeante.

-Je terminerai cette promenade avec madame de Winter, pardonnez-moi. Mais rassurez-vous, l’on ne peut me blesser qu’au corps et dans mon état, le geste serait bien lâche.

Charlotte n'aurait pas demandé mieux. Mais l'allusion la fit tiquer intérieurement.

-Au plaisir, ma chère, lui lança l'anglaise alors que du Vernet s'éloignait.

Les deux femmes commencèrent à marcher côte à côte, et la duchesse prit immédiatement le pas sur la discussion, ce que la comtesse lui laissa faire.

-Je doute que vous vous soyez arrêtée près de nous dans un seul geste de politesse forcée, madame. Avez-vous entendu récemment quelques-uns de ces ragots dont vous voudriez me faire part? Je suis toute ouïe. Votre suivante fait-elle office de garde, dans le cas où je vous mette en danger ?


Charlotte se tourna vers Kitty et lui fit signe de s'éloigner, ce que la jeune fille fit, retournant au carrosse de sa maîtresse.

-Je voulais simplement m'enquérir de votre état de santé, commença Charlotte, mine de rien. Nous nous demandons tous quand sa Majesté aura décidé de vous laisser un peu de répit. Cela ne doit pas être facile dans votre état.

Le sourire qui accompagna sa remarque en disant long sur ce qu'elle pensait réellement.

-Quand aux ragots, eh bien, vous qui êtes si proches de sa Majesté, vous pouvez sans doute me dire ce qu'elle a pensé de la visite des ambassadeurs ? Sans doute l'a-t-elle beaucoup appréciée. Il est pourtant vraiment dommage que le duc de Buckingham ne se soit pas déplacé lui-même. C'est un homme charmant, je suis persuadée que la reine l'aurait beaucoup apprécié.

Le sous entendu était limpide. Charlotte n'avait jamais cherché à le dissimuler. La passion de Buckingham pour la reine était connue, cela avait même, disait-on, créé une jalousie de la part du Cardinal, à une certaine époque, même si ce dernier point était difficile à croire, l'homme étant si maître de lui.

-Comme vous le voyez, c'est plutôt moi qui vient à la recherche de ragots, on s’ennuie tellement à la cour à cette période de l'année. Le froid s'installe et cela devient bien triste. A vrai dire, vous avez parfaitement choisit votre moment pour enfanter. Le reste de la fratrie ne vous manque pas trop ? J'ai moi-même pensé à faire venir mon fils en France mais son oncle s'y oppose, et je pense qu'il a raison, un tel voyage pour un enfant de son âge n'est pas une chose recommandable.

Cacher ses véritables questions derrière un babillage avait toujours fait ses preuves à la cour, mais restait à savoir si avec quelqu'un d'aussi réfléchit que la duchesse, cela allait fonctionner.
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MessageSujet: Re: Lire entre les lignes n'a jamais été si facile...

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