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Cherchez un trou pour vous cacher, les démons sont lâchés ! {PV Milady}

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MessageSujet: Cherchez un trou pour vous cacher, les démons sont lâchés ! {PV Milady} Sam 27 Oct - 22:57

Richelieu trempa sa plume une dernière fois dans l'encrier, afin d’achever le message de sa missive. Cette dernière était destinée à Milady de Winter, sa précieuse auxiliaire doublée d’une femme superbe ! Le contenu de cette lettre était très court, il s’agissait d’un rendez-vous. Bien entendu, dès qu’il s’agissait de comploter en compagnie de cette charmante blonde ou de ses plus proches collaborateurs, les codes secrets étaient au rendez-vous. C’était également ça qui lui assurait sa position depuis plusieurs mois, le fait de n’avoir confiance qu’en très peu de personnes et quand bien même le porteur eut toute son estime, un homme à la livrée du cardinal était plus que jamais susceptible de se faire agresser. Par conséquent, un message non décryptable si ce n’est par son propre bureau noir frustrait tous ses ennemis. Discrétion, espionnage et influence aurait pu être la devise parfaite de l’homme rouge. Voici donc ce que disait le courrier :

" Quand sonne l’heure de la fatalité, les rues se couvrent de noir, une bouteille à la mer et un appel à Dieu ne suffisent guère si la demande de grâce n’est pas sincère. Ô cœur qui ne soit pas de pierre, priez avec moi pour cette juste cause. "

Richelieu aurait pu défier quiconque capable de lire les dessous de ces deux phrases. Il avait lui-même sous les yeux, un discours tout à fait normal pour l’homme d’église qu’il était. A le lire, ses ennemis le froisseraient et le jetteraient dans le premier égout qu’ils rencontreraient. Armand du Plessis, satisfait donc de lui-même, sourit malicieusement. Pour une personne aguerrie comme l’était Milady, pourtant le code était enfantin. Fa-ta-li-té : 4 syllabes. Autrement dit l’heure du rendez-vous était à 4h du matin. La bouteille à la mer et l’appel à Dieu évoquaient l’île de la Cité et Notre Dame de Paris, seul endroit à Paris où se trouvait la Seine ainsi qu’une église. Le mot « pierre » enfin désignait une statue, et il n’y avait qu’une seule statue, celle de Saint Louis … Autrement dit, ils devaient se retrouvaient à quatre heures cette nuit, à l’île de la Cité, tout près de la statue de Saint Louis. Ingénieux non ? Faisant teinter sa clochette, il vit un de ses hommes rentrer à l’instant même. Il scella le parchemin de sa cire et le tendit à ce soldat avec ordre de le porter chez sa destinataire. Elle aurait largement le temps de le recevoir avant l’heure dite.

L’objectif de cette entrevue était simple et portait un nom : Buckingham. Ils devaient se concerter à son sujet et la tâche ne serait pas facile. Richelieu n’était pas dupe, Richelieu savait que l’anglais se trouvait sur le sol français et tramait quelque chose peut-être même l’enlèvement de la reine, il devait mettre son meilleur agent sur sa piste. Il devait prouver également que ce blanc-bec qui se perdrait par une ambition lui faisant baisser sa garde, soutenait les tensions actuelles de la Rochelle. Il devait doublement démontrer à Louis XIII que cet homme était un danger pour le pays. Il pourrait peut-être même faire d’une pierre deux coups, évincer la reine de la cour et obtenir la permission de pourchasser Buckingham sur le territoire français, comme un marcassin. En effet, une alliance entre ces deux êtres à l’intelligence machiavélique était énormément à craindre.

Quelques heures seulement, le ministre mit cette pensée pourtant essentielle dans un coin de son esprit pour se focaliser sur les affaires de l’état. Il devait assister au conseil du roi. Pour l’occasion, il le persuada une fois de plus de sa capacité sans pareille de tenir en mains toutes les rênes de la France. Dès qu’il le pouvait, c’est-à-dire très souvent, il se faisait un devoir quasi vital de démontrer qu’il était nécessaire à la politique de Louis XIII, un binôme dont il ne pourrait se débarrasser sans être un corps amputé d’un de ses membres. Ils étaient deux et resteraient deux encore très longtemps … Le roi le savait pertinemment d’ailleurs, jamais il ne rencontrerait un meilleur politique que lui. Leurs petits coups bas n’avaient que très peu d’importance !

A la sortie de cette réunion, comme d'habitude, Richelieu se tua au travail encore toute une partie de la nuit, mais pour avoir ses idées au clair, il s’accorda trois heures de répit. A quatre moins le quart, emmitouflé dans une cape noire au fond d’un carrosse où bien sûr il n’y avait pas ses armoiries, ses gardes déployés de façon très discrète autour du quartier en habits de gentilhomme, il se tenait au lieu du rendez-vous. La première qualité qu’il réclamait de ses agents, son temps à lui-même étant compté à la minute près parfois, c’était bien la ponctualité. Encore un très bon point à l’égard de la dame de Winter puisque lorsque les cloches sonnèrent, elle pénétra à l’intérieur du véhicule. Toujours aussi pétillante Milady, toujours autant démoniaque par sa beauté même. Avec Richelieu, elle n’avait pas besoin de dissimuler son fond, bien au contraire il aimait voir en elle son pendant féminin.

- Bonsoir ma chère ! L’heure doit vous sembler très tardive mais nous avons un problème très sérieux à éliminer, pour l’instant nous parlerons au sens figuré du terme.

Un sourire froid se dessina sur ses lèvres.

- Il s’agit du duc de Buckingham, cet exécrable anglais … Il me semble si mes souvenirs sont bons, que vous avez un contentieux à régler avec lui ?

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MessageSujet: Re: Cherchez un trou pour vous cacher, les démons sont lâchés ! {PV Milady} Mar 13 Nov - 5:18

La nuit venait juste de tomber quand Kitty entra dans la chambre de Charlotte, une missive à la main. Le sourire de la jeune fille fit lever un sourcil à sa toute jeune maîtresse qui avait pourtant l’habitude de lire en sa chambrière comme dans un livre ouvert. La jeune fille lui tendit le plit :

-On vient de vous apporter ceci, milady. Cela vient de chez le Cardinal.

L’espionne blonde saisit le pli et se leva d’un bond avant de s’approcher d’une chandelle afin de mieux lire le contenu de la missive. Pour un simple observateur extérieur qui aurait bien put suivre le messager du cardinal, la chose était simple : lui et Milady entretenaient une correspondance amoureuse, peut être même une liaison. Rien de bien méchant donc, quand on a l’habitude de frôler avec les cercles du pouvoir. Et rien d’étonnant pour un homme de cours au charme aussi magnétique que le Cardinal-Duc, en fin de compte. Milady aurait bien eut du mal à dire qu’elle ne le trouvait pas à son goût, avec son esprit froid et calculateur, et il avait l’avantage de la connaître pour elle-même… Enfin, presque. Charlotte doutait qu’il ait apprécié son passé de femme marquée par la fleur de lys royale. Anne l’avait été, pas elle. Le passé était le passé, il était définitivement enterré, elle s’en était assurée à plusieurs reprises. Une nouvelle vie, sous une nouvelle identité, et avec une nouvelle étiquette, doublée d’une nouvelle importance. Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Cassant le cachet de cire, la jeune femme déplia le message de ses longs doigts fins manucurés, avant de le lire avec curiosité et sans doute un rien d’avidité.

« Quand sonne l’heure de la fatalité, les rues se couvrent de noir, une bouteille à la mer et un appel à Dieu ne suffisent guère si la demande de grâce n’est pas sincère. Ô cœur qui ne soit pas de pierre, priez avec moi pour cette juste cause. »

Charlotte sourit. Le cardinal était décidément un homme plein de ressource, car ce code, personne n’aurait put le percer à jour. Cela aurait sans doute renforcé l’idée d’une correspondance presque amoureuse à quiconque aurait intercepté la brève missive entre l’espionne et son commanditaire. Pour Charlotte, ce fut pourtant un jeu d’enfant. Cette nuit, à quatre heure, dans l’île de la Cité, sous la statue du roi Saint Louis. Pourtant l’habileté était réellement divine. L’Etat et le roi ne se doutaient pas de l’homme qu’ils avaient à leur service. Espionne de haut vole, et ne voulant pas risquer qu’on puisse deviner la teneur du message, même si cela était hautement improbable, Charlotte enflamma un coin de la missive sur la chandelle, avant de la jeter dans la cheminer où elle finit de se consumer lentement dans les flammes. Deux précautions valaient mieux qu’une, on avait déjà vu des papiers survivre dans un brasier, du moins assez pour que n’importe qui puisse les relire. Et la belle anglaise était bien trop intelligente pour cela.

-Laisse-moi, je vais prendre quelques repos. Tu viendras me réveiller à une heure du matin, très précisément, je dinerai à ce moment-là, quelque chose de simple, froid, mais de consistant, je te laisse en débattre en cuisine. Prépare-moi ma robe noire, ma capeline doublée, mes gants de cuir et mes bottes de cavalière. Et n’oublie pas mon loup en velours !

Les instructions étaient données. Kitty était bien trop intelligente pour ne pas les respecter. Sans un mot, elle fit une petite révérence et quitta la pièce. Charlotte avait beau être une espionne, elle n’en restait pas moins une femme et se devait d’avoir une mine irréprochable pour le Premier Ministre. Elle refusait de paraître négligée et fatiguée. Quitte à manquer le diner du soir auquel elle avait été conviée. Ces gens-là pouvaient bien attendre, pas le cardinal. Elle retira son déshabillé de dentelle et se glissa dans les draps, sombrant presque immédiatement dans un sommeil réparateur, sans aucun rêve, du moins qu’elle se souvienne. Une heure venait de sonner à la pendule quand Kitty vint éveiller sa maîtresse. Celle-ci passa immédiatement à table, avant de revenir à sa toilette. La robe était simple, sans corole, ni aucun effet. Charlotte l’avait voulut simple, pour ce genre de rendez-vous nocturnes, justement. Ses cheveux retenus en hauteur par un chignon plat des plus basiques, la jeune femme ajouta son masque en velours et passa sa capeline, dont elle rabattit la capuche sur sa tête autant pour se protéger du froid que pour préserver son identité. Avec ceci et son masque, elle ne risquait pas qu’on la reconnaisse. Ses gants en cuir la préserveraient du froid, ainsi que ses bottes de cavalière, bien plus pratique pour marcher dans la rue de nuit. Car si vous pensez que Milady aurait commit l’imprudence de se faire conduire en voiture jusqu’au lieu du rendez-vous, vous vous trompez lourdement. Eviter le guet était un jeu d’enfant, quand aux malandrins, elle n’avait jamais eus peur de cette canaille. La plupart ne savaient même pas tenir les rapières rouillées qui leurs servaient d’épée. Une dague effilée dissimulée dans sa capeline lui faisait office d’arme de protection, ce qui faisait toujours fuir ses assaillants les plus téméraires.

Une fois prête, et sans un mot, Charlotte quitta sa demeure, comme s’il était normal pour une femme de son rang de faire cela à une heure aussi indécente. Mais Charlotte n’était pas une femme comme les autres et c’était pour cela que le cardinal l’avait faite aussi importante. Les rues étaient totalement désertes, chose normal pour trois heure du matin. Cela fut d’autant plus facile de rejoindre le point de rendez-vous. Elle ne croisa pas un chat. Cela lui permit d’arriver parfaitement à l’heure au rendez-vous. Et juste avant que les cloches ne se mettent à sonner, la voiture du cardinal arrivant du coin de la rue et quand quatre heure retentit, Charlotte s’installait en face du véritable dirigeant de la France, rabattant son capuchon en arrière.

- Bonsoir ma chère ! L’heure doit vous sembler très tardive mais nous avons un problème très sérieux à éliminer, pour l’instant nous parlerons au sens figuré du terme.

-Monseigneur sait bien que pour son service, aucune heure n’est trop tardive, répondit-elle simplement avec un sourire tout à fait charmeur.

Non, elle ne pouvait pas s’en empêcher. Cela avait toujours été ainsi. De son père à son dernier amant en date, tous les hommes qu’elle rencontrait se devaient d’être subjugués par elle, et il n’y avait pas de raison qu’elle agisse différemment avec le cardinal, bien qu’il ne soit pas de ceux les plus faciles à séduire. Elle l’avait pourtant séduit, dans un sens, puisqu’elle était celle qui partageait son carrosse à quatre heure du matin, écoutant ses secrets. Bien plus proche qu’une maîtresse…

- Il s’agit du duc de Buckingham, cet exécrable anglais … Il me semble si mes souvenirs sont bons, que vous avez un contentieux à régler avec lui ?

Le sourire de Charlotte se figea un bref, très bref instant, avant qu’elle ne se laisse aller à un soupir au souvenir de l’affront que le duc lui avait fait subir. S’il n’avait pas été aussi stupide, elle ne chercherait pas à le détruire, bien au contraire, elle l’aurait couvert de tendresse, et serait devenu la femme la plus importante d’Angleterre, mais cet imbécile n’en avait fait qu’à sa tête, il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même.

-Votre éminence me voit désolée qu’il ne s’agisse que du côté figuré du problème. J’aurais été ravie de vous débarrasser de lui… au sens propre.

Le regard échangé était parfaitement clair. Milady était bien plus qu’une étoile qui s’amuse à briller à la cour.

-Que puis-je faire pour votre service, votre éminence ? ajouta Charlotte après un bref silence, curieuse.
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MessageSujet: Re: Cherchez un trou pour vous cacher, les démons sont lâchés ! {PV Milady} Lun 17 Déc - 18:18

Le côté profondément charmeur et diabolique de la jeune anglaise éveillait les sens de beaucoup d’hommes. S’il n’avait pas porté sa robe pourpre sans doute se serait-il brûlé les ailes au contact de cette diablesse blonde ! Milady, en effet, avait dans chaque geste qu’elle faisait cet art de la séduction que toutes les femmes ne possèdent pas ou du moins pas avec cette perfection. C’est ainsi que le sourire de la dame de Winter dont elle le gratifia en pénétrant dans le carrosse, ne le rendit pas indifférent. Néanmoins l’heure n’était pas aux minauderies dignes de hobereaux de province, le pays réclamait qu’on le débarrasse d’une plaie béante du nom de Buckingham. Richelieu détestait non seulement l’emprise que ce dernier avait sur le roi d’Angleterre mais qu’il se mêle des affaires intérieures françaises, c’était un véritable comble. Le culot de ce pompeux personnage égalait son orgueil, défaut qui lui coûterait tôt ou tard très cher. En effet, l’influence de Buckingham sur la ville de la Rochelle dernière place forte huguenote lui déplaisait fort. Cette démarche s’accompagnait d’une odeur de rébellion et de guerre qu’il mènerait c’était certain s’il fallait la faire. Il devait vraiment mettre l’étranger hors d’état de nuire.

D’ailleurs, lorsqu’il avait évoqué ce nom maudit entre tous en présence de sa précieuse auxiliaire, cette dernière s’était raidie et avait poussé un soupir très évocateur de sa pensée. Qu’elle en perde jusqu’à son sourire qui en devint crispé, il fallait que le misérable lui ait fait subir une humiliation cuisante. Le cardinal la devinait aisément mais il restait gentilhomme sous sa soutane rouge et bien entendu il ne la questionnerait pas à ce sujet.

Votre éminence me voit désolée qu’il ne s’agisse que du côté figuré du problème. J’aurais été ravie de vous débarrasser de lui… au sens propre.

Voilà qui était franc, clair et net. Une réplique qui plut terriblement à Richelieu, dont les yeux bleus se mirent à briller diaboliquement, il était très alléché par cette proposition masquée. Savoir que Milady pouvait en arriver à assassiner Buckingham était quelque chose qu’il n’allait pas oublier de sitôt. Si demain les circonstances l’exigeaient pour le bien de l’Etat, il lui donnerait sa bénédiction et bien entendu toutes les gratifications qu’elle mériterait pour son geste fort louable. Hélas pour l’heure l’anglais présomptueux devait vivre, sa place était bien trop importante auprès du monarque anglais. Si on décidait de le mettre à mort maintenant, tous les pourparlers avec le voisin d’outre-manche seraient coupés et le mariage d’Henriette de France annulé. Ce n’était pas dans leur intérêt, ni à Louis XIII ni à lui-même par conséquent. Une telle erreur de sa part et ça serait l’exil assuré à jamais ! Certes Louis XIII n’aimait guère Buckingham et pour cause puisque la reine Anne lui faisait des yeux doux indignes de son rang, mais il obéirait à son beau-frère furieux, c’était à redouter ! Non il fallait attendre que l’autre commette une faute en tout premier lieu, une faute si grande, un affront si terrible à la France que le roi le remercierait de l’avoir fait tuer.

- Rassurez-vous ma chère, avec cette ambition stupide de conquérir la reine et de soulever la Rochelle pour nous faire du tort, je gage que nous aurons très bientôt le feu vert de Sa Majesté pour nous débarrasser de lui. Je suis certain que ce n’est qu’une question de temps et le moment venu soyez sûre que je penserai à vous pour cette tâche …

Il la fixa intensément quelques instants puis lissa sa moustache fine, tout en regardant par la portière la ruelle déserte.

-Que puis-je faire pour votre service, votre éminence ?

Ses yeux se posèrent à nouveau sur Milady, il la regardait cependant du coin de l’œil avec un sourire bien étrange aux lèvres. Les conciliabules, aspect préféré de sa fonction pouvaient commencer.

- Je suis toujours satisfait de vous madame, comme vous le savez et je compte le rester. C’est pour que vous me prouviez à nouveau votre grande valeur que je vous demande de vous assurer à chaque minute des faits et gestes de cet homme. Cela doit vous paraître facile mais puisqu’il vous connait, ça l’est donc beaucoup moins. Je prends un risque par conséquent à vous le demander, puisqu’il peut vous reconnaître cependant je n’ai confiance qu’en vous. Je veux savoir par des rapports détaillés et fréquents, où il se trouve, qui il voit même s’il s’agit d’un aubergiste, s’il fait passer des messages ou même s’il fait tomber son mouchoir à terre. Tout peut être un code.

Il reprit sa respiration avant d’achever sa demande.

- J’aimerais également qu’il soit retenu toute la nuit de demain, car ça sera un jour spécial. S’il pouvait se permettre de ne pas assister à la signature du contrat, il ne peut manquer d’assister à la remise officielle de la sœur du roi à son nouveau mari, qu’importe que ce soit à son époux de procuration. Ça sera un outrage pour la France que l’envoyé du roi d’Angleterre, son homme de confiance ne s’y trouve pas. Qu’importe les moyens que vous emploierez, il me faudra des résultats.

Il la savait assez intelligente pour ne pas l’enlever ou du moins que le rapt ne retombe point sur ses épaules, si c’est ce qu’elle décidait. Milady possédait du tact et de la discrétion innés et elle saurait s’en servir, il en était persuadé.



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MessageSujet: Re: Cherchez un trou pour vous cacher, les démons sont lâchés ! {PV Milady} Lun 31 Déc - 21:45

Les rencontres nocturnes improvisées auraient sans doute aucun rebutées plus d'une dame de qualité du rang de Charlotte, mais quand on est descendue plus bas que terre plus rien ne fait peur, surtout quand on se décide à devenir ce qu'elle était devenue. Il aurait d'ailleurs été réellement ridicule pour la « profession » dans laquelle elle s'illustrait de rechigner à courir Paris de nuit. Dire qu'elle n'avait peur de rien aurait été mentir, elle savait tout aussi bien que n'importe qui ce qui pouvait arriver à une femme seule dans une ruelle sombre de Paris une fois la nuit venue. Mais elle était assez prudente pour éviter la plus grosse part du danger. Surtout quand c'était le cardinal qui la demandait, et pas le premier galant venu – pour qui elle ne se serait pas déplacée de toute façon. Richelieu était un homme intelligent, au sens politique très affirmé, mais il avait aussi beaucoup d'éducation, et contrairement à son « éminence grise » ne jouait pas les rebutés à l'approche des femmes malgré les vœux qu'il avait prononcé. Et de toute façon, au vue des antécédents de Charlotte, un homme d'Eglise, cela ne l'avait jamais empêchée d'arriver à ses fins. La fin en question ? Une petite vengeance personnelle contre le premier ministre anglais qui s'était permis de la rabrouer. Une vengeance féminine en somme, mais qui prenait des proportions plus importantes quand on s'appelait Charlotte de Winter. Son ultime but était l'indépendance, et elle l'avait acquis en France, au détriment de l'Angleterre.

Car il fallait bien l'avouer, le cardinal était un homme charmant. On oubliait facilement sa soutane quand il descendait de cheval couvert de poussière après une chasse du roi, et qu'il s'inclinait galamment devant une dame. Mais malgré le charisme de l'homme, Charlotte ne perdait pas le nord, elle savait exactement ce qu'elle avait à faire et connaissait sa place, bien qu'elle n'aurait certes pas refusé les avances d'un homme aussi haut placé et aussi charmant. Hélas, il n'était pour le moment nullement question d'une telle relation entre eux, quoi qu'en disent les ragots de cour auxquels Charlotte ne faisait pas réellement attention quand ils ne servaient pas ses intérêts. S'il avait fallut s'arrêter à tous les bruits de couloirs qui couraient sur sa personne, on ne s'en sortait plus, elle avait déjà trop à faire pour ceux qui étaient sur les gens qu'elle se devait de surveiller. Ce n'était pas comme si sa double activité lui permettait quoi que ce soit. Elle savait que beaucoup ne l'aimaient pas parce qu'elle s'intéressait parfois un peu trop à certaines histoires et qu'elle avait du succès auprès des hommes, mais surtout parce qu'elle était trop proche du cardinal au goût des royalistes, pourtant on ne pouvait se douter de ses réelles activités, elle était après tout sûrement trop frêle et trop délicate pour risquer de se casser un ongle. On ne pouvait pas imaginer jusqu'où elle était allée pour arriver là où elle était aujourd'hui. Et c'était bien le but de son petit jeu.

Bien que si on les avait suivis, on aurait pu trouver très étranges qu'ils se retrouvent dans un carrosse au milieu de la nuit. S'ils avaient su ce qui se passaient vraiment dans ce carrosse... Hélas, Charlotte n'avait pas réellement les ordres auxquels elle s'attendait.

-Rassurez-vous ma chère, avec cette ambition stupide de conquérir la reine et de soulever la Rochelle pour nous faire du tort, je gage que nous aurons très bientôt le feu vert de Sa Majesté pour nous débarrasser de lui. Je suis certain que ce n’est qu’une question de temps et le moment venu soyez sûre que je penserai à vous pour cette tâche …


Charlotte eut un soupir déçu, et détourna la tête un instant, avant de couler un regard en coin au cardinal. La rumeur voulait qu'il ait eut une passion violente pour la reine mais qu'elle l'ait repoussé, lui préférant le duc de Buckingham. Avait-il juré de se venger et la raison d'Etat l'y aidait-elle ? C'était une possibilité mais Charlotte ne se serait jamais permise de faire la moindre question indiscrète. Toujours était-il qu'elle se devait de faire ce qu'on lui disait et garder son opinion pour elle, ce qu'elle réussissait plutôt bien. Elle finit par lui demander le but réel de sa présence ici. Leurs regards se croisèrent et Charlotte put sentir cette complicité bien plus forte que celle des amants. Une complicité dans ces plans diaboliques qui concernaient les deux plus grandes nations d'Europe.

-Je suis toujours satisfait de vous madame, comme vous le savez et je compte le rester. C’est pour que vous me prouviez à nouveau votre grande valeur que je vous demande de vous assurer à chaque minute des faits et gestes de cet homme. Cela doit vous paraître facile mais puisqu’il vous connait, ça l’est donc beaucoup moins. Je prends un risque par conséquent à vous le demander, puisqu’il peut vous reconnaître cependant je n’ai confiance qu’en vous. Je veux savoir par des rapports détaillés et fréquents, où il se trouve, qui il voit même s’il s’agit d’un aubergiste, s’il fait passer des messages ou même s’il fait tomber son mouchoir à terre. Tout peut être un code.

Il fit une pause, et Charlotte attendit, suspendue à ses lèvres, se doutant que le meilleur – ou plutôt le pire – restait à venir.

-J’aimerais également qu’il soit retenu toute la nuit de demain, car ça sera un jour spécial. S’il pouvait se permettre de ne pas assister à la signature du contrat, il ne peut manquer d’assister à la remise officielle de la sœur du roi à son nouveau mari, qu’importe que ce soit à son époux de procuration. Ça sera un outrage pour la France que l’envoyé du roi d’Angleterre, son homme de confiance ne s’y trouve pas. Qu’importe les moyens que vous emploierez, il me faudra des résultats.

Charlotte accusa le coup. Bon... Elle avait désormais Buckingham en horreur, au moins autant qu'elle l'avait désiré jadis. Elle écarta un instant le rideau de la voiture, mais dans l'obscurité, elle fut incapable de se repérer, la voiture étant trop proche des maisons de la rue. Elle laissa tomber le rideau et fixa froidement le cardinal. Comprenait-il ce qu'il lui demandait ?

-Vous me demandez, votre éminence, de jouer les courtisanes de haut vol, et d'user de mes charmes envers cet homme que j'exècre et que je préférerai mort – ce que vous savez parfaitement.

Elle se laissa aller négligemment contre le dossier de la banquette, qui avait au moins le mérite d'être inconfortable – même incognito le cardinal se devait d'avoir un minimum de luxe lors de ses déplacements – et lui lança un regard troublant avant de reprendre :

-Qu'y gagnerais-je ? Ma.. « récompense » sera-t-elle à la hauteur de ce sacrifice ?

Intelligente, fidèle, dévouée, mais elle ne faisait jamais rien pour rien. C'était une règle que la vie lui avait apprise.
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MessageSujet: Re: Cherchez un trou pour vous cacher, les démons sont lâchés ! {PV Milady} Jeu 28 Fév - 0:16

Il était conscient de lui demander un énorme sacrifice. Si Richelieu pouvait travailler tous les jours, en compagnie d'un roi qui ne se gênait absolument pas pour lui montrer sa totale antipathie à son égard, tout le monde n'était pas prêt à cela. Pourtant, il savait que Milady n'était pas comme tout le monde et qu'elle en était capable, sinon il n'aurait pas fait appel à elle pour cette mission ... En matière de politique et d'espionnage, il faut savoir laisser ses états d'âme de côté, sinon on ne réussit en rien. L'espion autant que le diplomate sont de grands comédiens sur la grande scène de la vie. Le sacrifice faisait partie intégrante de leur rôle. Néanmoins, être en compagnie de l'exécrable duc de Buckingham en plus de la très grande prises de risques, n'était pas rien à demander, surtout de la part d'une femme qui avait en horreur le ministre anglais. Aussi, tandis que la jeune femme regardait au dehors un instant, sans doute en proie à la réflexion, Richelieu la fixa avec un brin de tristesse. Il ne savait pas vraiment pour quelle raison, mais lui demander pareille chose lui coûter également. Peut-être parce que le charme de la jeune femme avait plus d'effets sur lui, qu'il ne l'aurait cru ? Que pensait-elle de lui et de sa requête ? Prenait-elle cela pour la vengeance d'un jaloux ? La cour médisait sur son compte plus que jamais, on lui prêtait même une liaison avortée avec la reine dont il lui gardait soi disant une rancune tenace, et une relation incestueuse avec sa propre nièce, rien que cela ! Milady apportait-elle quelque crédit à ses rumeurs infectes ? S'il aimait certes sa parente, comme tout oncle l'aurait fait, cette hypothèse selon laquelle il aurait été charmé par l'espagnole était grotesque ! Même son époux n'avait pas voulu d'elle, au cours de leur nuit de noces. Comment aurait-il pu, lui qui exécrait généralement tout ce qui était espagnol et anglais, ressentir le moindre désir envers la reine ? Sa moustache tressaillit un instant, car il venait de sourire légèrement tant cela était ridicule. Mais enfin il n'était pas question de porter trop d'importance aux pensées de son interlocutrice, ni à cette heure, ni après. Ce n'était pas la priorité, même si parfois l'homme en lui se réveillait et était curieux de savoir quelle image on pouvait bien avoir de lui.

-Vous me demandez, votre éminence, de jouer les courtisanes de haut vol, et d'user de mes charmes envers cet homme que j'exècre et que je préférerai mort – ce que vous savez parfaitement.

Au regard froid qu'elle avait porté sur lui, il ne cilla pas le moins du monde. S'il avait dû baisser les yeux à chaque fois qu'on le perçait du regard, il n'aurait pas mérité sa place de ministre et de premier conseiller du royaume. Il s'attendait à cette réaction de la part de la jeune femme, car elle était tout à fait légitime. Il fallait apaiser Milady et il entreprit de faire appel à tout son charme dans ce qu'il lui répondit :

- J'ose vous le demander, en effet, car si aujourd'hui je vous demande d'user des dons précieux que la nature vous a donnés, avant peu de temps je vous offrirai également le pouvoir de le voir gisant à vos pieds. Notre but est commun ma chère, nous le voulons mort mais d'abord il nous le faut vivant pour lui faire subir quelques revers de fortune ...

Richelieu frappa soudain du poing d'une main contre la paume son autre main, dans un geste de duelliste qui furieux s'apprête à prendre sa revanche et se met au défi lui même, ainsi que ses fidèles témoins.

-Qu'y gagnerais-je ? Ma.. « récompense » sera-t-elle à la hauteur de ce sacrifice ?

La jeune femme s'était adossée plus confortablement contre le moelleux de sa banquette et le fixait étrangement. Il soutint une nouvelle fois son regard et sourit de nouveau. La dame de Winter n'offrait pas ses services pour rien et c'était mieux ainsi. Que l'on tienne un scélérat par la bourse, un ennemi par le chantage ou une femme par son ambition, le fait de tenir quelqu'un fait de ceux là des alliés. Il ne fallait pas qu'un jour, on s'émancipe trop et que l'on se détache de lui ... C'est là que la chose pourrait devenir dangereuse et c'est là qu'il serait d'autant plus vigilant envers ceux qui l'auraient servi. Prendre sa propre place au soleil et ne plus être dans son ombre, Milady en était capable et sans doute le ferait-elle un jour. Mais pour l'heure, il voulait être sûr et certain qu'elle était réellement de confiance, autant que Rochefort. A lui offrir une récompense digne de ce nom, il s'assurait de sa loyauté. Autrement dit, Richelieu avait mûrement pensé et pesé le contrepoids de la balance, dans laquelle se trouvait le sacrifice demandé.

- Vous obtiendrez de ma part outre mon éternelle reconnaissance et mon soutien inconditionnel dans tout ce que vous me demanderez, le privilège de tuer vous-même un jour Buckingham. Vous deviendrez également mon espionne attitrée. Celle que je placerai au dessus de tous les autres. Autrement dit, je mettrai à votre disposition, un hôtel particulier non loin du Palais Cardinal et bien entendu vos revenus seraient en adéquation avec votre nouvelle charge. Cependant ...

Il racla sa gorge quelques instants, avant de s'approcher d'elle et de lui prendre la main avec une galanterie mielleuse.

- Si tout ceci ne vous convenait pas, si ce que je vous offre ne vous parait pas assez, parlez et n'hésitez pas à me réclamer ce que vous désirez en paiement de ce très grand service, que je vous demande.

Il baisa lentement la main qu'il tenait dans la sienne et la relâcha avec douceur. Avait-t-elle une requête particulière à lui adresser ? Si oui, il était tout prêt à l'entendre donc.



« A ta mort ! »
« A la tienne ! »
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♕ Je suis Charlotte de Winter
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♟ Arrivée à Paris : 02/07/2012
♟ Localisation : Surtout là où on ne m'attend pas
♟ Profession : Espionne




Sous le sceaux du secret
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Jeu d'espion: Au service du cardinal
Côté RP: Disponible
MessageSujet: Re: Cherchez un trou pour vous cacher, les démons sont lâchés ! {PV Milady} Dim 7 Avr - 5:12

Charlotte obtenait toujours ce qu'elle voulait. Ce n'était en général qu'une question de temps et de persuasion, parfois, c'était plus une question de personnes à abattre, mais au final le résultat était le même. La fin justifiait les moyens après tout. Et les moyens ne l'avaient jamais répugnée alors pourquoi s'en faire ? Mais là, elle ne savait pas vraiment ce qu'elle voulait. Que pouvait-elle gagner à servir le cardinal ? Plus d'argent ? Elle était déjà si riche. Plus d'influence ou de pouvoir ? Etre celle à qui Richelieu demandait de faire une telle chose montrait bien qu'elle avait une place de choix, il n'aurait pas confié une telle mission au premier venu. Par contre, elle savait bien qu'elle perdrait tout cela si jamais elle ne faisait pas ce qu'on lui « demandait poliment ». Et elle avait trop sacrifié pour arriver où elle en était pour risquer de tout laisser tomber maintenant, le contraire aurait été mal la connaître. Mais l'idée de retourner en Angleterre ne lui plaisait que très moyennement. Surtout que si elle n'avait pas réussi à attirer Buckingham dans ses filets la première fois, qui pouvait dire qu'elle réussirait la seconde fois ? Oui, elle avait toujours ce qu'elle voulait, ou presque... Le duc restait un acte manqué dans sa course à la grandeur. Peut être l'occasion était-elle trouvée d'y remédier ? Peut être oui... Il faudrait donc surement en profiter. Mais elle hésitait. Charlotte ne se jetait que très rarement dans des actes qu'elle ne savait pas sûrs à au moins quatre vingt dix pour cent.

Et là, elle n'était même pas certaine d'avoir une chance sur cent. Certes, le challenge avait été l'un de ses trépieds à ses débuts, mais elle ne voulait pas risquer de tout perdre sur un coup de dé. Si elle échouait, le cardinal la punirait, elle en était certaine, en lui retirant sa confiance et donc ses privilèges et son influence. C'était risquer gros. Mais si elle réussissait, au contraire, elle méritait une belle récompense. Restait à trouver laquelle. Ce que Charlotte ne savait pas encore. Il fallait bien avouer que le carrosse n'était pas le meilleur endroit pour réfléchir. Ballottée dans tous les sens Charlotte ne pouvait réussir à penser en paix. Le goût du Cardinal pour les secrets et les conciliabules était pourtant connu. Mais la jeune femme ne comprenait pas pourquoi il refusait de la rencontrer chez elle. Il n'y avait pas beaucoup plus de risques que de prendre une ombre dans la rue. Surtout que Richelieu prenait toujours ses précautions. Mais cela en devenait presque ridicule. Si elle avait apprit une chose, c'était que lorsqu'on cherchait à cacher quelque chose, elle finissait toujours par être découverte, par contre, si on l'exposait, c'était comme un arbre cachant la forêt. Mais tous n'avaient pas les mêmes manières de fonctionner et celle de Richelieu différait de celle de Charlotte, et il était le maître, il fallait donc lui obéir. Ce que Charlotte allait faire de toute façon. Elle n'avait aucun problème avec l'autorité, du moment qu'on la laissait faire à sa manière, et cela, Armand du Plessis l'avait bien comprit.

-J'ose vous le demander, en effet, car si aujourd'hui je vous demande d'user des dons précieux que la nature vous a donnés, avant peu de temps je vous offrirai également le pouvoir de le voir gisant à vos pieds. Notre but est commun ma chère, nous le voulons mort mais d'abord il nous le faut vivant pour lui faire subir quelques revers de fortune ...

La flatterie ne fonctionnait pas sur la jeune femme. C'était pour ça qu'elle était là où elle était et qu'elle valait mieux que les idiotes de la cour qui passaient leur temps à glousser stupidement. Aussi ne perdait-elle pas de vue son objectif, et son avantage. Le contraire eut été complètement idiot, et ce, malgré l'accès de sang que le duc mit à expliquer son propos. Au final, ils voulaient la même chose. Charlotte le voulait juste plus rapidement. Beaucoup plus rapidement... Et elle commençait à entrevoir une idée de ce qu'elle pourrait réclamer au Cardinal comme « récompense ». Hélas, il ne semblait pas avoir la même idée ou du moins cela ne lui paraissait pas évident.

-Vous obtiendrez de ma part outre mon éternelle reconnaissance et mon soutien inconditionnel dans tout ce que vous me demanderez, le privilège de tuer vous-même un jour Buckingham. Vous deviendrez également mon espionne attitrée. Celle que je placerai au dessus de tous les autres. Autrement dit, je mettrai à votre disposition, un hôtel particulier non loin du Palais Cardinal et bien entendu vos revenus seraient en adéquation avec votre nouvelle charge. Cependant ... Si tout ceci ne vous convenait pas, si ce que je vous offre ne vous parait pas assez, parlez et n'hésitez pas à me réclamer ce que vous désirez en paiement de ce très grand service, que je vous demande.

Charlotte, toujours installée aussi confortablement que possible sur sa banquette face au Cardinal, éclairés uniquement par les rares lumières des rues parisiennes, et de certaines fenêtres, garda son sourire indéchiffrable, et de la même voix égale, toujours provocatrice mais pas assez pour l'être clairement, rétorqua, un rien provocatrice, et surtout ironique :

- « Votre espionne attitrée que vous placerez au dessus des autres » ? Monseigneur, vous me vexée, moi qui pensait que le fait que vous m'attribuiez cette mission signifiait que je l'étais déjà. Quand à l'hôtel particulier proche du Palais Cardinal, en tant qu'espionne, j'agis dans l'ombre, et me mettre ainsi en pleine lumière risquerait par trop d'attirer une attention qui serait... disons malvenue dans nos affaires. Non, je voudrais quelque chose de plus … Personnel...

La jeune femme savait ménager ses effets. Refuser un tel privilège aurait put la faire passer pour folle, mais bien au contraire, elle était tout sauf cela. Il ne valait effectivement mieux pas se demander pourquoi la comtesse de Winter changeait subitement d'habitat après avoir passé quelques temps en Angleterre. Certains curieux pouvaient s'y intéresser d'un peu trop près. La jeune femme laissa donc plané un silence bourré de sous entendus, avant de finalement désigner ce qui lui paraissait le plus logique.

-Un blanc sein. M'accordant, en votre nom, et à votre crédit, ce que je désirerai, le moment venu, quand j'en aurais besoin. Rien de bien méchant, bien évidemment. Je ne demande que quelque chose rendant un ordre indiscutable, ou bien me permettant d'acquérir selon mon caprice le bien qu'il me plaira, quel qu'il soit.

Des caprices ? Charlotte n'en faisait jamais, Richelieu devait bien le savoir. Avec elle, tout était murement réfléchit et calculé. Sa demande ne faisait pas exception à la règle. Quand à la tête de Buckingham, elle l'aurait, ce n'était qu'une question de temps.
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MessageSujet: Re: Cherchez un trou pour vous cacher, les démons sont lâchés ! {PV Milady}

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Cherchez un trou pour vous cacher, les démons sont lâchés ! {PV Milady}

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