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Mes mémoires - By Constance Bonacieux.

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♕ Je suis Constance Bonacieux
    Il existe des roses sans épines.

♟ Complots : 26
♟ Arrivée à Paris : 14/09/2012
♟ Localisation : À Paris, rêvantd'être dans les bras de d'Artagnan plutôt que de sentir l'haleine fétide de son mari...
♟ Profession : Lingère de Sa Majesté.




Sous le sceaux du secret
Mon coeur balance:
Jeu d'espion: Pour la Reine, uniquement et seulement.
Côté RP: Disponible
MessageSujet: Mes mémoires - By Constance Bonacieux. Sam 6 Oct - 19:08

[Je suis désolée si je poste et que je ne suis pas encore validée, mais c'est juste que je n'ai pas d'autre endroit où garder mon chef-d'oeuvre pour l'instant.]

- Papa ! Papa !

Une petite fille de trois ans à peine, tout simplement adorable, aussi blonde que les blés, se précipite vers les bras grands ouverts qui se tendent vers elle. Derrière, une petite fille brune, un peu plus âgée qu’elle, aux traits plus malicieux et plus accentués que son angélique petite sœur, se tient en arrière, moins expansive que sa cadette, mais tout aussi joyeuse, quand on voit l’expression de son visage.

- Alors, papa, comment va Jean-Louis?

- Très bien, ma petite. Il va partir bientôt à la frontière, pour défendre notre pays.

Elle s’appelle Constance. Et parfois, elle a l’impression que le monde lui appartient. Que ce n’est qu’un endroit merveilleux, tout rose, où le mal, la douleur, la peine, la souffrance n’existent pas. Dans les bras de son père, souriante, elle est en plein dans l’innocence de l’enfance, cette innocence si aveugle, inconsciente… Si seulement elle savait ce qui l’attendait.
Mais cette enfant n’est encore qu’une enfant, surtout lorsque, dans une joie charmante, elle quitte les bras de son père pour se jeter dans ceux de M. de La Porte, son parrain.

- - -


- Maman, pourquoi est-ce que je ne peux pas en apprendre plus?

Penchée sur son livre, la fillette, maintenant âgée de huit ans, lève vers sa mère de grands yeux curieux. Depuis un an déjà, sa mère, avec patience, lui avait appris à compter les pommes qu’elle devait, désormais, aller acheter au marché, à lire couramment dans un livre, à écrire une lettre. Tout cela passionnait la fillette. Mais depuis un certain temps, ces leçons agréables avaient cessé.

- Je ne peux pas t’en apprendre plus, ma petite. Mais maintenant que tu en sais assez, tu apprendras plein d’autres choses. Comme tenir une maison. Et que ce soit bien fait. N’oublie jamais, Constance : tu ne dois jamais négliger la plus petite chose qui soit.

Cela, la fillette ne devait jamais l'oublier. Malgré les mille et une maladresses qu'elle allait commettre par la suite.

- Maman, pourquoi je n'ai pas appris plein de choses comme Victoire?

- C'est Mademoiselle de Castries, ma petite. Et elle est sait plus de choses parce qu'elle est supérieure à nous.

La fillette se rebiffa, une petite moue adorable formée par sa bouche. Ce n'était pas juste, à la fin. Pourquoi son amie pouvait-elle connaître ce qu'elle ne pouvait pas connaître?

- Mais toi... tu es jolie, contrairement à toutes ces filles nobles gâtées, grosses et bariolées de bijoux... et tu es heureuse, tu ne trouves pas?

Ce disant, la mère caressa doucement le visage de sa fille, qui la prit, la baisa et l'appuya sur sa petite joue rose. Oui. Elle était heureuse. C'était bien cela le plus important.

- - -


Les années ont passé. La fillette est devenue jeune fille de seize ans. Comme la chrysalide devient papillon. Si elle n'a plus sa petite bouille enfantine, ses traits se sont affinés, tout en gardant quelque chose de virginal et d'infiniment pur. Ses cheveux sont toujours aussi blonds, sinon plus, coulant comme de l'or. Et elle est belle, si belle...

Et la famille, entre-temps, s'est bien fait reconnaître dans Paris. Le père est lieutenant du Prévôt des marchands de Paris, une excellente situation pour un bourgeois de son rang. Son frère a réussi à atteindre un rang militaire que tout bourgeois, et même certains nobles pourraient lui envier. Et de plus, sa soeur aînée a fait un bon mariage. Avec un homme de petite noblesse, mais de noblesse quand même. Charmant, bon, à qui elle lui a même donné un fils.

Ce qui, il faut le dire, faisait rêver la jeune Constance. Elle se prenait à penser au Prince Charmant. Un songe innocent, puérile, qu'elle se doutait bien d'être utopique, mais qu'elle laissait passer tant il était bon.

- Constance! Constance!

Sortie brusquement de sa rêverie, la jeune fille leva les yeux pour voir son père, les joues roses d'être de bonne humeur.

- Alors, papa, quelles bonnes nouvelles?

- Bonnes, c'est le cas de le dire! Pour récompenser la famille, on s'occupe de ton avenir, mon enfant! Et bel avenir, je dois le dire! Lingère de Sa Majesté la Reine Anne d'Autriche! Vous ne pouvez espérer mieux. La Reine est jeune, et vous ne perdrez pas votre poste de sitôt. Et c’est votre parrain, M. de La Porte, qui vous a obtenu cette place. C’est donc votre devoir de lui être éternellement reconnaissante.

La jeune fille se contenta de sourire. Pour elle, c'était une vie pleine de liberté qui s'ouvrait à elle. Non seulement elle resterait près de sa famille, mais elle sentait que des ailes lui poussaient. Désormais, elle allait connaître le monde, le vrai. De jeune fille, elle se sentait devenir adulte. C'était excitant. Si excitant.

- - -


Naïve, la jeune fille regardait d’un œil émerveillé les tapisseries autour d’elle. Elle n’avait jamais rien vu de tel. Tapotant nerveusement les plis de sa robe, elle tremblait à la fois de peur et d’excitation. Elle se rendit à peine compte qu’elle était arrivée à la porte des appartements de la Reine Anne d’Autriche.

- Allons, Constance, on dirait que vous allez vous faire dévorer par les lions! Se moqua gentiment M. de La Porte.

Constance rougit, tentant de se faire une bonne figure. Mais elle eut à nouveau le souffle coupé lorsque les deux battants s’ouvrirent devant elle.

Et surprise! Il y avait, devant elle, une jeune femme richement vêtue, certes, mais peut-être bien du même âge qu’elle, avec le plus joli sourire du monde, pas arrogante pour un sou. Constance plongea dans une profonde révérence, souriant à son tour à la Reine.

- Fermez la porte, je vous prie, dit-elle à M. de La Porte.

Celui-ci s’exécuta.

- J’espère, mademoiselle, continua la Reine, que vous vous montrerez digne de la confiance que vous porte votre parrain, durant votre service.

- Ayant reçu une bonne éducation, propre à celui des jeunes filles de mon rang, Votre Majesté, j’espère de tout cœur que je serai digne des principes enseignés par ma mère.

La Reine eut un sourire un peu triste, dont Constance se rendit compte. Soudain, dans les milliers de dorures de la chambre, la jeune fille se rendit compte à quel point Anne d’Autriche semblait seule. Constance se rappela lorsque, plus jeune, elle avait envié la bonne éducation, les belles robes de son amie, Victoire de Castries… comme tout cela semblait loin! Le chemin des deux fillettes s’était séparé, à présent, selon leurs rangs sociaux respectifs. Désormais, lorsqu’elles se rencontraient, il fallait se contenter d’une révérence pour l’une, d’un léger salut de la tête pour l’autre, et de ne parler que de banalités. Le temps était loin où Victoire, venant visiter une vieille tante ursuline, en profitait pour aller voir la blonde fillette voisine du couvent, qu’elle avait rencontré par hasard un jour. Il lui faudrait garder ses distances aussi avec la Reine, surtout qu’elle était première dame de France… Mais elle ne put s’empêcher de dire :

- Si je peux faire quoi que ce soit pour aider Sa Majesté… je serai prête à le faire.

Le regard de la Reine sembla s’éclairer. Regardant Constance, avec toujours cependant le même air mélancolique, elle répondit :

- Et c’est justement ce que j’attends de vous, mademoiselle. Vous savez… je suis seule, ici, sans soutien ou presque, à part celui de votre parrain, M. de La Porte, et Madame de Chevreuse… Puis-je vous demander, en plus de votre ouvrage de lingère, de vous occuper de donner de ma part à cette dame quelques messages? Avant, votre parrain, qui se trouve être aussi mon valet s’en chargeait, mais…

Elle sembla hésiter, toussota un peu, mais continua.

- Mais sa charge à présent l’en empêche.

Constance fit à nouveau une révérence.

- J’exécuterai fidèlement les ordres de Sa Majesté.

- Ce n’est pas une mince affaire, je vous préviens. Et cela comporte beaucoup de… comment dire? De risques.

Constance fronça légèrement les sourcils. Elle ne comprenait pas. Comment porter de banales lettres pouvait être dangereux? Elle se contenta de sourire à nouveau et de répondre :

- En tant que votre servante, Votre Majesté, je me dois de tout faire pour vous servir plutôt que de vous déplaire.

- Je vois que vous ne manquez pas de courage, mademoiselle. Mais… de grâce, soyez prudente.

Les jours suivants, Constance se posait encore et encore la même question.

« Soyez prudente. »

Que voulait dire la Reine par là?

Elle le comprit quelques jours plus tard seulement.

Elle se dirigeait tranquillement chez elle, un soir, allant visiter son père et sa mère. Joyeuse, elle volait presque, encore ivre de sa liberté tout récemment acquise. Le travail de messagère entre la Reine et Marie-Aimée de Chevreuse se déroulait à merveille, elle tentant encore de comprendre les craintes de ces dames et de Monsieur de La Porte. Mais elle remarqua seulement au bout de quelques minutes un homme, bien habillé, qui marchait derrière elle depuis un certain temps déjà. Elle n’y prêta pas trop attention, absorbée comme elle l’était dans sa joie. Mais, dans le calme de sa chambre, regardant par la fenêtre, elle vit que l’homme était encore là.

« Soyez prudente. »

Les mots de la Reine prenaient tous leur sens.

- - -


[U.C.]

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